La croyance est lâabsence de connaissance vĂ©ritable. Pourtant, elle se dissimule aussi derriĂšre les propos les plus rationnels. User de la raison, câest ĂȘtre lucide sur ce qui, en chacun de nous, est croyance. La croyance se dĂ©finit gĂ©nĂ©ralement comme une attitude consistant Ă adhĂ©rer Ă une idĂ©e, une pensĂ©e, une affirmation, une thĂ©orie ou un dogme. On peut croire que les fantĂŽmes existent, que lâĂȘtre humain est perfectible, que notre meilleur ami est digne de confiance, que la femme a des capacitĂ©s intellectuelles infĂ©rieures Ă celles de lâhomme ou que Dieu a créé le monde en sept jours. Comme le montrent ces diffĂ©rents exemples, la croyance recouvre un champ trĂšs large de domaines. Il existe pourtant un point commun Ă ces diffĂ©rentes affirmations, Ă savoir quâelles relĂšvent dâune adhĂ©sion plus ou moins hasardeuse. Le fait de croire est ainsi souvent associĂ© Ă la naĂŻvetĂ© rien ne me garantit que mon meilleur ami ne me trahira jamais, Ă lâerreur, ou encore au prĂ©jugĂ©, que les philosophes nomment volontiers opinion ». Mais alors que lâerreur est une affirmation fausse, non conforme Ă la logique ou aux donnĂ©es expĂ©rimentales, le prĂ©jugĂ© peut consister Ă tenir pour vrai ce qui est faux, mais peut aussi avoir une part de vĂ©ritĂ©. Si je crois que lâhumanitĂ© va vers un avenir meilleur, je peux avoir tort ou raison. Dans tous les cas, je nâai pas de preuve de ce que jâ ISABEL ESPANOL Ainsi se dĂ©finit donc la croyance elle est absence de connaissance vĂ©ritable, câest-Ă -dire rationnellement fondĂ©e. VoilĂ pourquoi il est commun dâopposer la croyance au savoir, et dâidentifier la croyance Ă une certitude facile, Ă une vĂ©ritĂ© » apaisante qui, le plus souvent, ne rĂ©siste pas Ă une enquĂȘte approfondie. La croyance est par consĂ©quent un Ă©tat critiquable en ce quâelle sâĂ©mancipe du travail de la raison elle est ce sommeil dogmatique par dĂ©finition Ă©tranger au travail de la rĂ©flexion. En croyant, lâhomme renoncerait ainsi Ă sa libertĂ© de questionner, dâinterroger, il prĂ©fĂ©rerait le confort des rĂ©ponses prĂ©fabriquĂ©es, le cĂŽtĂ© rassurant du prĂȘt-Ă -penser » qui laisse la raison en repos. Ce que je crois, câest ce que je tiens pour vrai, et la certitude dâavoir raison ne reposerait que sur une acceptation passive, ou des raisons qui ne rĂ©sisteraient peut-ĂȘtre pas Ă lâexamen. La croyance sâopposerait donc bien Ă la vĂ©ritable comprĂ©hension des phĂ©nomĂšnes. Elle serait due Ă un besoin de rĂ©ponse facile, Ă une certaine paresse intellectuelle qui la distinguerait de lâexigeante dĂ©marche scientifique. Cesser de croire serait une question de volontĂ© et de courage, celui dâaffronter la rĂ©alitĂ© telle quâelle est pour cesser de lâimaginer telle que nous la dĂ©sirons. Mais lâhomme en est-il capable ?ProgrĂšs de la science sans recul de la croyance Dans les faits, la croyance semble dĂ©finir lâhumain si nous examinons nos pensĂ©es, il est aisĂ© de constater quâelles sont majoritairement constituĂ©es de croyances ; rares sont en effet les idĂ©es que nous pourrions justifier rationnellement. On pourrait mĂȘme aller plus loin et sâinterroger sur un Ă©ventuel besoin de croire inhĂ©rent Ă la nature humaine, hypothĂšse lĂ©gitime lorsque lâon constate quâaucune sociĂ©tĂ© connue nâest dĂ©pourvue de croyances ou de rituels religieux, ou encore que le progrĂšs scientifique nâa pas abouti Ă la disparition des croyances religieuses ou plus largement des superstitions. Ce nâest pas parce que lâastronomie peut dĂ©montrer les incohĂ©rences de lâastrologie que les gens vont arrĂȘter de lire leur horoscope, ou, pire, dây accorder crĂ©dit. Il semble alors pertinent, afin de tenter de rĂ©pondre Ă la question, de se pencher sur les causes probables de la croyance et de sa permanence. Croire est-il une nĂ©cessitĂ© pour lâhomme, ou pourrait-on dĂ©celer dâautres causes quâun besoin intrinsĂšque, causes qui, une fois explicitĂ©es, pourraient permettre dâenvisager une approche plus rationnelle du monde ? "Douter de Dieu, c'est y croire." - Blaise Pascal. Si lâon considĂšre le cas particulier mais reprĂ©sentatif de la croyance religieuse, nombreuses sont les analyses des motifs qui peuvent pousser lâĂȘtre humain Ă abandonner la rationalitĂ© au profit dâune approche magique » de lâunivers. Ainsi, dans le De rerum natura, LucrĂšce pose les questions suivantes Quelle cause a rĂ©pandu chez tous les peuples de la Terre la croyance de lâexistence des dieux, a rempli les villes dâautels, a instituĂ© les cĂ©rĂ©monies religieuses [âŠ] qui prĂ©cĂšdent toutes les entreprises importantes ? Quelle est aussi lâorigine de ces sombres terreurs dont les mortels sont pĂ©nĂ©trĂ©s, qui tous les jours Ă©lĂšvent de nouveaux temples sur toute la face de la Terre et instituent des fĂȘtes en lâhonneur des immortels ? » La rĂ©ponse est Ă©vidente si les hommes ont inventĂ© les dieux, câest tout dâabord pour tenter dâexpliquer les phĂ©nomĂšnes naturels quâils ne comprenaient pas. La cause est donc ici lâ LucrĂšce, les hommes ont inventĂ© les dieux pour expliquer les phĂ©nomĂšnes naturels qu'ils ne comprenaient pas. Cependant, la mise en Ćuvre de ces rĂ©ponses faciles aux interrogations humaines face aux Ă©vĂ©nements a une consĂ©quence
Telleest la question soulevée dans le dernier numéro de la revue Médiane (Vol. 3, no 1, automne 2008). On y retrouve les réflexions de Sami Aoun, Daniel Baril, Luc Brisson, Marcel Conche, Thomas De Koninck, Hubert Doucet, Jean Grondin, Sam Haroun, Jacques Languirand, Michel Métayer, Jean Proulx, Normand Provencher et Normand Baillargeon. Le tout []
Dieu est mort, proclame Nietzsche. Mais le big crash causé par cette disparition n'a pas fini de faire sentir son effet de souffle. Et, faute d'avoir retrouvé le cadavre, certains peuvent crier à la disparition momentanée. Pourtant, le certificat de décÚs n'est guÚre nécessaire. Sauf à confondre les nouveaux relents identitaires avec un "retour du religieux", ou à donner une importance démesurée à de petites sphÚres fondamentalistes - plutÎt rares de ce cÎté-ci de l'Atlantique -, Dieu n'habite plus le monde des Européens depuis un moment. Renvoyé à l'état de poussiÚre céleste ou simplement rangé aux abonnés absents. La chose a été largement diagnostiquée désenchantement du monde, sortie de la religion, sécularisation... [...]La suite aprÚs la publicité Seulement, ce célÚbre disparu, qu'on le nomme "Dieu le PÚre" chez les chrétiens, "l'imprononçable" dans le judaïsme ou Allah dans l'islam qui connaßt 99 appellations mais pas de pluriel, n'en reste pas moins étonnamment présent dans nos esprits. Comme une ombre géante, une persistance rétinienne, un fantÎme insistant. Et il ne suffit pas de se proclamer athée pour avoir à jamais liquidé le récurrent problÚme. [...] >> Retrouver l'intégralité du dossier "Peut-on se passer de Dieu ? ", avec un entretien exclusif de l'écrivain Emmanuel CarrÚre qui raconte sa "crise de foi", dans "le Nouvel Observateur" en kiosque jeudi 21 août. Eric Aeshiman et Marie Lemonnier- "Le Nouvel Observateur"
Ilest possible de ne pas se passer de religion, en effet chaque homme est libre de croire Ă ce quâil veut et puisquâil existe des religions, chaque homme peut croire en une religion. Cependant aucune obligation nâest prĂ©sente du fait de cette libertĂ© et pourtant une majoritĂ© parmi les hommes pratique une religion.
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Sujet103056. Descartes : "LibertĂ© et passions excessives ne font pas bon mĂ©nage". Sujet 5118. Discuter cette opinion de J.-J. Rousseau qu'il suffit, pour apprendre les lois de la vertu, de rentrer en soi-mĂȘme et d'Ă©couter la voix de la conscience dans le silence des passions. Sujet 1353. Eloge de la passion. Sujet 1535.
[Introduction] [Accroche ] Les plus grandes religions survivent aux gĂ©nĂ©rations, elles permettent aux sociĂ©tĂ©s de se donner des fondements, une tradition, Ă travers le temps. Dans ces sociĂ©tĂ©s, et mĂȘme si les hommes nâen ont pas toujours conscience, les religions dirigent en partie leurs pratiques et reprĂ©sentations. A considĂ©rer la sociĂ©tĂ© actuelle, toutefois, il est difficile de ne pas constater un affaiblissement de la religion. En effet, un Etat laĂŻc permet une libertĂ© de croyance, quâon ne songe guĂšre Ă remettre en cause ; lâathĂ©isme, en tant nĂ©gation de lâexistence de Dieu, est aujourdâhui habituel. Sâagit-il dâun Ă©tat dâexception ou dâune tendance irrĂ©versible ? [Annonce et reformulation du sujet ] Peut-on se passer de religion ? Lâhomme, considĂ©rĂ© individuellement ou socialement, peut-il vraiment vivre sans rites et sans dogmes ? [problĂ©matique ] Est-il concevable de se dispenser des pratiques et croyances qui ont occupĂ© lâhumanitĂ© depuis son origine ? Est-ce mĂȘme souhaitable si lâon parvient Ă se dispenser de toute religion, peut-on vivre de maniĂšre tout Ă fait humaine ? Il est difficile de voir clair dans ces questions, tant quâon nâa pas suffisamment bien compris pourquoi la religion peut, dâune part, ĂȘtre rejetĂ©e par lâhomme, alors que, dâautre part, elle a toujours prĂ©tendu rĂ©pondre Ă ses aspirations les plus profondes. [Plan ] Pour rĂ©pondre, il faudra dâabord dĂ©gager ce qui permet Ă lâhomme de refuser les croyances propres Ă la religion. Par la suite, il sâagira de montrer dans quelle mesure la foi est nĂ©cessaire Ă lâhomme, mĂȘme si cette foi est illusoire, et mĂȘme si elle nâest pas tout Ă fait religieuse. Enfin, nous pourrons dĂ©terminer le rĂŽle moral et social que la religion est amenĂ©e Ă jouer et si cela peut ĂȘtre vĂ©ritablement indispensable Ă lâhomme. [Enjeu ] Ce sera lâoccasion de mieux saisir ce que lâon attend de la religion, ce quâelle attend de nous, et, par lĂ -mĂȘme, de pouvoir comprendre ce qui peut animer la vie de tant dâhommes, y compris de ceux dont les croyances et les pratiques sont tout Ă fait Ă©loignĂ©es des nĂŽtres. [I â lâhomme peut se passer des croyances religieuses, parce quâelles sont illusoires] [La religion est devenue une affaire privĂ©e] Quelle est la place des grandes religions dans un pays comme la France ? Depuis 1905, nous distinguons lâEglise et lâEtat. Il ne sâagit pas dâinterdire la religion mais de la restreindre au domaine privĂ© les citoyens peuvent adopter nâimporte quelle croyance sâils le veulent et ont la libertĂ© de culte. Il est aussi possible de ne choisir aucune religion. Câest le cas des personnes qui se considĂšrent athĂ©es ou agnostiques, et qui se passent visiblement de religion. Elles peuvent, Ă©tant athĂ©es, refuser nettement lâexistence dâun Dieu, quel quâil soit, ou tout simplement considĂ©rer, comme les agnostiques, que ce type de question est tout Ă fait indĂ©cidable et ne mĂ©rite pas vraiment quâon partage les dogmes dâune Eglise. Quoi quâil en soit, une personne athĂ©e ou agnostique se dispense des dogmes et des pratiques obligatoires que toute religion comprend. Leur conception de la religion, plus ou moins critique, plus ou moins indiffĂ©rente, est aujourdâhui complĂštement admise. On peut mĂȘme se demander si le refus de la religion nâest pas plus Ă©vident que sa justification. Encore faut-il comprendre en quoi consiste ce refus. [La science remet en cause les croyances religieuses] Comment est-il possible de se dispenser des pratiques et des croyances religieuses ? AprĂšs tout, la grande majoritĂ© des cultures comprennent une religion. Pourquoi, historiquement, lâhomme moderne a-t-il dĂ©laissĂ© la religion ? Parmi les nombreuses raisons que lâon peut allĂ©guer, les progrĂšs de la science jouent ici un rĂŽle important. Les croyances religieuses sâappuient en effet sur une croyance impĂ©rative en une rĂ©alitĂ© transcendante, que lâhomme ne peut atteindre mĂȘme sâil souhaite toujours sâĂ©lever vers elle. En tant que telles, des croyances de ce type ne peuvent ĂȘtre prouvĂ©es. Or, lâhomme moderne se fie de plus en plus en la science, qui sâappuie sur lâobservation, lâexpĂ©rimentation et la raison. La science a produit des dĂ©couvertes qui ont modifiĂ© de fond en comble la maniĂšre quâavaient les hommes de se reprĂ©senter le monde et lâunivers. Les connaissances auxquelles la science a abouti ne concordaient pas toujours avec les dogmes des religions en place. JusquâĂ Copernic et GalilĂ©e, lâidĂ©e selon laquelle la terre est centre de lâunivers Ă©tait commune et soutenue par lâEglise catholique, qui a refusĂ© lâidĂ©e inverse, hĂ©liocentrique, que prouvait pourtant la science. Aujourdâhui, on a tendance Ă interprĂ©ter les catastrophes naturelles, les tremblements de terre par exemple, beaucoup moins comme des Ă©vĂ©nements surnaturels que comme des consĂ©quences, en partie prĂ©visibles, de causes tout Ă fait naturelles. Câest pourquoi nous nous tournons plus spontanĂ©ment vers un scientifique que vers un prĂȘtre, quand il sâagit de comprendre le monde naturel et lâunivers. [Le rejet de la religion comme illusion] Il est une autre raison qui peut justifier le rejet de la religion. Celle-ci impose des rituels et dogmes Ă ses fidĂšles, autrement dit elle les contraint Ă agir et Ă penser dâune maniĂšre bien dĂ©terminĂ©e. Pour des individus qui appartiennent Ă une sociĂ©tĂ© qui met en avant la libertĂ© personnelle, ces contraintes apparaissent gĂ©nĂ©ralement insoutenables. Lâindividu prĂ©fĂšre dĂ©terminer lui-mĂȘme la maniĂšre dont il doit agir et penser. LâathĂ©isme peut alors tout Ă fait se concevoir non seulement comme le rejet de lâexistence de Dieu, mais aussi comme le refus de se conformer, sans rĂ©flexion prĂ©alable, Ă des pratiques et des reprĂ©sentations quâil nâa pas choisies. Ce que lâathĂ©e refuse alors, câest la domination dâune Eglise, et ce quâil met en avant, câest sa propre libertĂ© pratique et intellectuelle. Ainsi, quand Marx juge quâil faut se dĂ©faire de la religion, câest pour promouvoir la libertĂ© des peuples Ă se dĂ©terminer eux-mĂȘmes. Il estime en effet que la religion a toujours Ă©tĂ© un outil au service de la domination du peuple par les puissants. Les illusions quâelle fabrique, dans cet ordre dâidĂ©e, servent Ă contenir et Ă dominer la population. Si la religion rĂ©pond bien Ă un besoin, celui de lâamĂ©lioration des conditions de vie, elle le fait dâune maniĂšre inacceptable, puisquâelle reporte la rĂ©solution de la misĂšre des hommes en un autre temps et en autre lieu, dont lâexistence nâest pas garantie. Si lâon doit souffrir toute une vie pour sâacheter une place au paradis, et que celui-ci nâexiste pas, la souffrance a Ă©tĂ© vaine, et apparaĂźt plus odieuse que jamais. Câest pourquoi il apparaĂźt indispensable, pour Marx, de se passer de religion. Mais est-ce seulement possible ? Marx Ă©crit le fondement de la critique irrĂ©ligieuse est c'est l'homme qui fait la religion, ce n'est pas la religion qui fait l'homme. Critique de la philosophie du droit de Hegel La consĂ©quence est directe dans la mesure oĂč câest lâhomme qui fait la religion, il doit pouvoir sâen passer, en trouvant de meilleurs moyens pour rĂ©pondre Ă sa condition misĂ©rable. Il peut et il doit parvenir Ă se passer dâune illusion aliĂ©nante, quâil a lui-mĂȘme forgĂ©e mais par laquelle il sâĂŽte sa propre libertĂ©. [Transition] Le rejet de la religion est le rejet dâune illusion qui est irrationnelle et aliĂ©nante. Pourtant, si la religion est une illusion, câest une illusion particuliĂšrement solide, qui ne se dissipe pas aussi facilement quâon peut le penser. Comment comprendre que les hommes ne parviennent pas si facilement Ă se dĂ©tacher de sa dĂ©pendance ? [II â La foi, illusoire ou non, sâimpose nĂ©cessairement Ă lâhomme] [La religion rĂ©pond Ă un dĂ©sir nĂ©cessaire mĂȘme sâil est illusoire.] On peut interprĂ©ter la religion comme un phĂ©nomĂšne qui sâappuie sur des illusions, câest-Ă -dire des reprĂ©sentations trompeuses, qui plaisent ou qui font peur, mais qui ne correspondent Ă rien de rĂ©el. Le problĂšme, câest que ce type dâillusion, si câen est, dure depuis si longtemps quâon doit supposer quâil doit sâappuyer sur un besoin ou un dĂ©sir fondamental pour lâhomme. Câest ce quâexprime Freud en montrant, dans Lâavenir dâune illusion, que la religion ne sâappuie pas sur des erreurs, mais bien sur des illusions, au sens propre. Dâun cĂŽtĂ©, il y a lâerreur, que lâon rejette dĂšs quâon en reconnaĂźt la faussetĂ© si jâai mal traitĂ© un problĂšme de mathĂ©matiques et que je mâaperçois des erreurs que jâai faites, je sais quâil me faudra Ă©viter de les reproduire. De lâautre cĂŽtĂ©, il y a lâillusion, qui peut bien apparaĂźtre fausse, mais quâon ne parvient pas Ă rejeter pour autant. Lâillusion, en effet, rĂ©pond Ă des dĂ©sirs qui sont si puissants quâils ne nĂ©cessitent pas vraiment la confirmation de la rĂ©alitĂ©. Ainsi, la jeune femme qui a rĂȘvĂ©, autrefois, Ă©tant petite fille, quâelle rencontrerait le prince charmant sait bien que celui-ci nâexiste pas, mais son comportement, ses attentes et, au bout du compte, ses dĂ©sirs, seront dirigĂ©s par lâespoir de la rencontre avec un tel ĂȘtre. Pour Freud, il se passe un phĂ©nomĂšne similaire pour la croyance religieuse le croyant nâa pas besoin dâavoir la preuve que ses croyances sont vraies, parce quâelles ne reposent pas, avant tout, sur leur rapport Ă la rĂ©alitĂ©, mais sur des dĂ©sirs. Pour Freud, la croyance en un Dieu tout-puissant, par exemple, repose sur le dĂ©sir dâĂȘtre protĂ©gĂ© que le pĂšre ne peut plus satisfaire. Comme la figure paternelle sâavĂšre moins forte, moins apte Ă nous protĂ©ger, et comme on a toujours besoin dâune protection, nous projetons nos dĂ©sirs vers un ĂȘtre qui joue au fond le mĂȘme rĂŽle Dieu. [Lâauthentique foi en Dieu sâimpose Ă lâhomme] On peut certes se rassurer en croyant quâil existe un ĂȘtre qui veille Ă notre Ăąme, mais Dieu est plus que cela. Dieu protĂšge, rassure, mais il provoque aussi en nous la conscience de nos propres fautes, de nos bassesse, voire de notre misĂšre. Plus profondĂ©ment, il faut se demander si Dieu est un ĂȘtre qui rĂ©pond vĂ©ritablement Ă nos dĂ©sirs et Ă nos besoins. Plus gĂ©nĂ©ralement, la foi, en gĂ©nĂ©ral, est peut-ĂȘtre bien plus que la rĂ©ponse Ă un dĂ©sir personnel. Elle concerne certes la personne elle-mĂȘme, puisque toute foi implique un engagement de celui ou celle qui a la foi . Pour autant, elle ne vient pas de la personne, mais lui est plutĂŽt imposĂ©e. On peut considĂ©rer, Ă©tant croyant, quâelle ne dĂ©pend pas tant de lâhomme lui-mĂȘme, de ses besoins ou de ses dĂ©sirs, que dâune nĂ©cessitĂ© qui le transcende, qui dĂ©passe ses capacitĂ©s et qui conditionne sa vie. Câest cette idĂ©e que dĂ©fend Pascal quand il montre, dans les PensĂ©es, que le Dieu en lequel il croĂźt nâest pas dâabord un Dieu de la providence qui vient rĂ©pondre aux exigences humaines. Câest plutĂŽt un Dieu dâamour et de consolation qui fait sentir aux hommes leur misĂšre intĂ©rieure tout en remplissant leur Ăąme de joie , de confiance ou dâ amour . Dieu ne dĂ©pend pas des hommes, eux dĂ©pendent de Lui câest ainsi quâil faut comprendre Ă la fois leur misĂšre et le fait quâils aient Ă se tourner vers Lui. La foi, comprise ainsi, nâest pas tant une rĂ©ponse aux soucis de lâexistence quâun don, dont il faut, mĂȘme si câest difficile, se rendre capable. Difficile de savoir si la foi est une rĂ©ponse Ă un dĂ©sir inconscient de lâhomme, comme le prĂ©tend Freud, ou si elle est un don de Dieu, comme le montre Pascal. On peut considĂ©rer, en suivant Pascal, que la foi est plus quâune rĂ©ponse câest un engagement qui porte lâhomme Ă sâĂ©lever. [Lâhomme ne peut se passer de foi] Cette conception de la foi a le mĂ©rite de rendre compte de la puissance des engagements religieux, qui peuvent pousser jusquâau don de soi et au sacrifice. Par ailleurs, elle permet aussi de penser pourquoi il existe des hommes qui se passent trĂšs bien de religion. Si Pascal nâentreprend pas de convaincre des athĂ©es convaincus par la raison PensĂ©es, câest bien quâil sait que la foi est reçue et imposĂ©e et quâelle ne peut ĂȘtre lâobjet dâune dĂ©libĂ©ration collective ou personnelle. On peut donc, aussi bien, ne pas avoir reçu la foi et, du coup, se passer de religion. Mais il faut certainement dâautres types de foi. Si lâon se tourne vers Freud, pour celui qui ne croĂźt pas ou plus dans les prĂ©ceptes religieux et qui a lâangoisse de ne plus ĂȘtre protĂ©gĂ©, il y a dâautres solutions la psychanalyse en est une. Le militant marxiste a foi dans le prolĂ©tariat et la rĂ©volution, il se porte vers un avenir meilleur quâil ne connaĂźt pas encore. Le pĂšre ou la mĂšre ont foi en leur enfant, ils sâengagent envers lui de maniĂšre inconditionnelle ils lâaiment, mĂȘme sâil peut ne pas ĂȘtre et agir comme ils sây attendaient. Enfin, on peut dire que lâindividu rationnel a foi en ses propres capacitĂ©s pour distinguer le vrai du faux. La science elle-mĂȘme repose sur une conviction, suivant laquelle le monde est explicable, mĂȘme sâil ne lâest jamais tout Ă fait complĂštement. [Transition] Il est humain dâavoir la foi lâhomme, quâil soit croyant ou non, est portĂ© Ă engager son existence sans jouir dâune pleine certitude dans la rĂ©alisation de ses dĂ©sirs et de ses espoirs. Mais est-ce de religion dont il a besoin pour exercer cette foi ? [III â Lâhomme ne peut se passer de la fonction morale et sociale de la religion] [la foi est un engagement moral] La foi nâimplique pas seulement une croyance absolue mais une maniĂšre dâagir qui est rĂ©solue, dĂ©terminĂ©e, inconditionnelle. Celui qui a la foi dans les principes de sa religion est censĂ© toujours agir dans le mĂȘme sens, dans la mĂȘme direction. Certes, il se posera des questions sur la maniĂšre dont il doit agir concrĂštement, mais il nâaura aucun doute sur les principes fondamentaux qui guident son action. Autrement dit, sa foi nâest plus seulement une forte croyance, câest un engagement, et un engagement moral, dans la mesure oĂč il va agir en se rapportant Ă ses semblables. Ainsi le fidĂšle croit-il en un certain type de rĂ©alitĂ© quâil ne peut prouver mais, surtout, il est animĂ© par une morale, Ă savoir un ensemble dâobligations envers lui-mĂȘme et envers les autres, des obligations auxquelles sa religion le rappelle en permanence. Pour Spinoza, le but de la philosophie est la vĂ©ritĂ©, celui de la foi est lâobĂ©issance et la pitiĂ© TraitĂ© thĂ©ologico-politique. Il ne sâagit pas pour Spinoza de dĂ©valoriser la religion ou de montrer quâelle nie la libertĂ© des hommes il entend montrer que la foi est avant tout morale. En effet, elle permet de savoir Ă quoi et Ă quoi il faut obĂ©ir et de diriger lâaction des hommes vers la pitiĂ©, câest-Ă -dire lâaide du prochain. Et son but nâest pas la vĂ©ritĂ©, câest-Ă -dire la juste connaissance thĂ©orique. Du coup, la question de savoir si la religion est illusoire ou non est secondaire. Ce qui importe, câest que la religion conduise Ă une morale qui soit estimable. [La religion a la morale pour raison dâĂȘtre] Si lâon suit lâune de ses Ă©tymologies possibles, la religion est une mise en relation. Que met-elle en relation ? Dâabord elle relie les hommes Ă des rĂ©alitĂ©s qui les dĂ©passent. Ce que recherche un chrĂ©tien, quand il va Ă lâĂ©glise, en principe, ce nâest pas seulement de satisfaire aux contraintes sociales. Il sait que le lieu a Ă©tĂ© construit pour permettre ou, tout du moins, symboliser une certaine Ă©lĂ©vation de lui-mĂȘme, vers un au-delĂ . Ensuite, la religion relie les hommes entre eux. LâĂ©glise, cette fois-ci, est un lien oĂč les hommes se rassemblent et deviennent une communautĂ© de fidĂšles. Câest en ce sens que Durkheim dĂ©finit la religion, qui est pour lui un systĂšme solidaire de croyances et de pratiques relatives Ă des choses sacrĂ©es, câest-Ă -dire sĂ©parĂ©es, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une mĂȘme communautĂ© morale, appelĂ©e Eglise, tous ceux qui y adhĂšrent Les formes Ă©lĂ©mentaires de la vie religieuse. Si câest une communautĂ© morale , câest quâelle permet Ă ses membres dâagir ensemble, mais aussi, et surtout, dâagir Ă partir de principes de vie, de devoirs, dâune certaine idĂ©e du Bien, Ă partir desquels ils se rapportent les uns aux autres. Pour Durkheim, câest la fonction religieuse premiĂšre donner une assise, un fondement, Ă la moralitĂ© humaine. Tant que lâhomme a besoin de morale, il a besoin de religion. [Notre sociĂ©tĂ© est encore morale et religieuse] Reste Ă savoir si nous vivons dans des sociĂ©tĂ©s qui, de ce point de vue, sont encore religieuses. On entend souvent dire que nous vivons une Ă©poque oĂč les individus nâont plus de repĂšres , de valeurs , bref plus de morale. GĂ©nĂ©ralement, on estime justement quâune des causes de cet affaiblissement de la morale tient Ă la place trop rĂ©duite quâauraient les religions traditionnelles dans nos sociĂ©tĂ©s occidentales modernes. Ce jugement est certainement trop hĂątif, entre autres choses parce que nos sociĂ©tĂ©s, mĂȘme si elles sont individualistes et si elles se prĂ©tendent plus rationnelles que les autres, ne sont pas moins morales. Câest la thĂšse que dĂ©fend Durkheim en montrant que câest la personne individuelle qui, dans nos sociĂ©tĂ©s, est devenue sacrĂ©e elle est comme environnĂ©e dâune aurĂ©ole de saintetĂ© Sociologie et philosophie. Câest notamment Ă partir du respect de lâindividu que, dans nos sociĂ©tĂ©s, nous constituons alors une morale. On pourrait aussi montrer que des sociĂ©tĂ©s qui se prĂ©tendent sans religion, comme la sociĂ©tĂ© soviĂ©tique, ne pouvait exister sans un culte de lâEtat et sans une morale de lâeffort collectif. Ainsi, il est difficile de concevoir une sociĂ©tĂ© oĂč les individus ne sâengagent pas les uns les autres, et les uns envers les autres, Ă partir de principes inconditionnels, autrement dit dâune foi commune. Câest de cette religiositĂ©, prĂ©cisĂ©ment, dont les hommes ne peuvent se passer. [Conclusion] LâathĂ©isme est un fait il est possible de se passer de lâidĂ©e de Dieu pour vivre, parce quâil ne rĂ©pond Ă aucune raison et on peut nâen avoir aucune expĂ©rience ; on peut alors considĂ©rer la croyance en Dieu, et toute croyance religieuse, comme illusoire. Plus encore, si lâon se passe de religion, câest que lâon estime que, par ses illusions, elle aliĂšne la libertĂ© des individus et des peuples. Toutefois, il y a un Ă©lĂ©ment fondamental de la religion dont les hommes ne peuvent se dispenser câest la foi, câest-Ă -dire un engagement inconditionnel envers certains ĂȘtres ou principes. Or, cette foi nâa de sens que si elle sâinscrit dans une morale commune et, si lâon comprend la religion comme cette foi commune, il est clair que lâhomme ne peut sâen passer, tant quâil est un individu social. On peut bien sĂ»r objecter que le sentiment dâappartenir Ă une sociĂ©tĂ© sâest affaibli. Peut-ĂȘtre lâindividu contemporain est-il devenu indiffĂ©rent Ă toutes choses, Ă tel point quâil nâa plus foi en rien. Ce serait un constat amer, mais aussi passablement injuste. Tant quâil agit en relation avec dâautres hommes et tat quâil dirige sa vie Ă partir de principes quâil peut partager, et qui apparaissent sacrĂ©s, lâhomme est encore, dâune certaine maniĂšre, un ĂȘtre religieux. Et mĂȘme si ces principes ont changĂ©, sâils sont diffĂ©rents dâun individu Ă lâautre, dâune sociĂ©tĂ© Ă lâautre, il faut les comprendre comme un signe dâune commune humanitĂ©.
Lattentat contre Salman Rushdie trahit la peur des fanatiques, qui perçoivent lâĂ©crivain comme un rival jetant le trouble dans leurs croyances. Le «tueur» de Salman Rushdie est un AmĂ©ricain dâorigine libanaise. Il a 24 ans. Câest-Ă -dire quâil est plus jeune que la fatwa Ă©mise neuf ans avant sa naissance. Câest le rappel dâune Ă©vidence : lâappel au meurtre religieux ne
Nietzsche 1844-1900 pense que la religion sâoppose Ă la vie et dĂ©valorise tout ce qui relĂšve du corps et de lâinstinct. IntĂ©rioriser les instincts, dit en substance Nietzsche, ne peut que rendre lâhomme malade, ou dĂ©cadent. La religion est Ă©tablie sur les notions de pĂ©chĂ©, de salut, de grĂące ou de rĂ©demption. Elle encourage en lâhomme la faiblesse et la rĂ©signation. La morale judĂ©o-chrĂ©tienne, dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale, sâoppose Ă lâĂ©panouissement du corps, Ă la puissance vitale prĂ©sente en chaque homme, et Ă lâacceptation de soi. La religion est un monde de fictions pures » AntĂ©christ, qui a sa racine dans la haine contre le naturel ». Et Nietzsche de conclure La prĂ©pondĂ©rance du sentiment de peine sur le sentiment de plaisir est la cause de cette religion, de cette morale fictive un tel excĂšs donne la formule pour la dĂ©cadence ». Selon Marx 1818-1883 la religion aliĂšne les individus et valorise ce qui est abstrait, irrĂ©el. Elle masque, Ă ce titre, la rĂ©alitĂ© sociale et politique dans laquelle se trouvent les individus. Elle consent aux injustices que crĂ©ent les inĂ©galitĂ©s de condition entre les hommes. La religion est le soupir de la crĂ©ature opprimĂ©e, l'Ăąme d'un monde sans cĆur, comme elle est l'esprit de conditions sociales d'oĂč l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple. L'abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple est l'exigence que formule son bonheur rĂ©el. » Contributions Ă la critique de la philosophie du droit de Hegel, introduction Selon Marx, pour que le bonheur rĂ©el » du peuple puisse se substituer au bonheur illusoire », il faut par consĂ©quent supprimer la religion. Complice de la classe dominante, favorable aux idĂ©es de la bourgeoisie, elle empĂȘche que triomphent les idĂ©es rĂ©volutionnaires. Pour Freud 1856-1939, dans Lâavenir dâune illusion, la religion est cette illusion » qui aide lâhomme Ă supporter les souffrances de lâexistence et lâangoisse de la mort. Lâhomme est pareil Ă lâenfant qui dĂ©sire ĂȘtre aimĂ© et protĂ©gĂ© ; Dieu joue le rĂŽle de ce pĂšre aimant et protecteur. En tant que crĂ©ation de lâhomme, le stade du religieux, qui est celui de lâinfantilisme, doit donc ĂȘtre dĂ©passĂ© Le stade de lâinfantilisme nâest-il pas destinĂ© Ă ĂȘtre dĂ©passĂ© ? Lâhomme ne peut Ă©ternellement demeurer un enfant, il lui faut enfin sâaventurer dans lâunivers hostile ». La nĂ©vrose et la religion semblent liĂ©es ; on pourrait mĂȘme, Ă©crit-il encore, qualifier la nĂ©vrose de religiositĂ© individuelle, et la religion de nĂ©vrose obsessionnelle de lâhumanitĂ©. La religion est une maladie dont lâhomme doit guĂ©rir.
Lecomportement de lâhomme en face de Dieu Les religions se placent dans lâhypothĂšse oĂč Dieu attend de lâhomme un comportement conforme Ă ses plans. Mais il est clair que Dieu nâemploie pas la maniĂšre forte : nous avons manifestement la libertĂ© dâignorer les lois divines ou de ne pas les suivre. Nous ne sommes dâailleurs pas
Quand je regarde la façon dont nos contemporains parlent de leur religion, je m'aperçois qu'un grand nombre se dit croyant mais non pratiquant. En fait, ils veulent dire ainsi qu'on peut trĂšs bien croire sans aller Ă l'Ă©glise, et qu'il n'y a pas besoin d'une religion pour croire. Mais je pense que ce n'est pas tout Ă fait cela que vous voulez dire...DĂ©finissons d'abord les termesLa religion, c'est cet ensemble de textes, de rites, de rĂšgles et de coutumes par lesquels un groupe d'hommes exprime sa relation Ă Dieu et la vit. Par exemple, si je suis chrĂ©tien, je vais Ă la messe le dimanche, j'essaye de me conformer Ă l'Ăvangile et aux rĂšgles qui en dĂ©coulent, et je me dĂ©clare membre de l' Foi, c'est cette relation de l'homme avec Dieu, cette reconnaissance de son existence et de sa prĂ©sence, cette confiance qu'il lui exprime Ă travers sa pensĂ©e, sa priĂšre ou ses que je ressens, dans ce que vous dites, c'est que vous aimeriez bien avoir l'une sans l'autre parce que l'adhĂ©sion Ă une religion altĂšre votre Foi. Si j'inverse les termes que vous employez, la religion teinte votre Foi d'hypocrisie, d'impuretĂ© et de tel est le cas, alors oui, je comprends votre dĂ©sir de vous libĂ©rer de ce comment atteindre Dieu sans lâĂglise ? Mais en mĂȘme temps, il y a un prix Ă payer. N'allez-vous pas ĂȘtre contraint de vous inventer votre Dieu ou de le rĂ©duire Ă une entitĂ© » transcendante, ineffable, mais dont on ne peut rien dire ? C'est d'ailleurs ce que j'ai ressenti avant d'adhĂ©rer moi-mĂȘme au Christ et Ă son Ăglise Dieu, je ne pouvais rien en dire. Car comment l'atteindre ? Il ne pouvait ĂȘtre que le fruit de mon imagination ! Sous prĂ©texte d'avoir une Foi pure, ne devenait-elle pas vide, rĂ©duite Ă un sentiment face Ă un "tout" inconnu ?Et il n'y a que le jour oĂč le visage de JĂ©sus m'a sĂ©duit, oĂč j'ai dĂ©couvert en Lui le Fils de Dieu, que j'ai trouvĂ© un chemin pour approcher Dieu, un Dieu qui parle, qui agit, qui pense Car Dieu en JĂ©sus a un visage, il parle un langage d'homme, il pose des gestes d'homme Il devient donc accessible. Il ouvre Ă une plĂ©nitude de sens et peut avoir prise sur ma c'est Ă travers un groupe d'hommes que je le dĂ©couvre. Ce sont des hommes qui se reconnaissent comme ses disciples et qui croient que JĂ©sus dit des paroles qui expriment la pensĂ©e de Dieu, pose des gestes qui disent la façon d'agir de Dieu. Faire partie de ce groupe d'hommes, c'est accepter ma petitesse, accepter que je ne peux approcher Dieu qu'Ă travers des moyens humains qui sont forcĂ©ment aussi accepter une solidaritĂ©. De la mĂȘme maniĂšre que nous ne naissons pas Ă la vie tout seul, que nous ne vivons pas chaque jour sans avoir besoin des autres, de la mĂȘme maniĂšre nous n'approchons pas Dieu individuellement. L'humanitĂ© est une vaste toile d'araignĂ©e dans laquelle chacun est dĂ©pendant des autres, et c'est mĂȘme le chemin par lequel il peut se dĂ©couvrir lui-mĂȘme. Ainsi en va-t-il de notre naissance Ă Dieu !L'une et l'autre sont indissociablesIl y aura toujours une tension entre Foi et Religion, entre sincĂ©ritĂ© et vĂ©ritĂ© Vous ne pourrez jamais choisir l'une sans l'autre sans risquer de tuer cela mĂȘme que vous voudriez habiter avec toute la puretĂ© de votre dĂ©sir. JĂ©sus en avait bien conscience, Lui qui s'est incarnĂ©, qui s'est affaibli en prenant visage d'homme pour se rĂ©vĂ©ler. Nous ne sommes pas plus grands que Lui !
LHomme peut-il se passer de la religion? 2) les biens incorporels Dans ces sociĂ©tĂ©s, et parfois sans en ĂȘtre conscients, la religion influe sur les pratiques et les reprĂ©sentations des hommes, elle crĂ©e donc une identitĂ© culturelle. La religion est un phĂ©nomĂšne universel et intemporel. montre plus Dans ce contexte, les individus ont tendance Ă dĂ©laisser la religion, comme enSans religion, il nây a plus de morale. Câest en tout cas lâavis du religieux, qui ne sĂ©pare pas son comportement moral de sa religion. Ne croyant pas en un dieu rĂ©dempteur et punisseur de ses fautes, lâathĂ©e se croirait tout permis et nâagirait dĂšs lors que pour son bien particulier. IntĂ©ressĂ©, donc Ă©goĂŻste, il ne concevrait pas de Bien absolu pour lequel il serait prĂȘt Ă sacrifier ses propres Philo du 16 dĂ©cembre 2011 Catherine, Charlie Hebdo 9 novembre 2011 On parle de LA morale, au singulier, quand il y a plusieurs religions. Elle devrait donc nâĂȘtre propre Ă aucune religion particuliĂšre. Le croyant lui-mĂȘme, quand il obĂ©it Ă ses principes religieux, ne fait que privilĂ©gier sa chapelle, ce qui le rĂ©vĂšle Ă©goĂŻste, immoral comme lâathĂ©e qui ne penserait quâĂ lui. Il ne doit pas y avoir de morale particuliĂšre sâil existe un Bien rĂ©el, il vaut pour tous les hommes, et tous doivent sây conformer. Puisquâune religion nâest jamais que particuliĂšre Ă un ensemble particulier dâhommes, il faut supposer que LA morale soit sans religion, pour quâenfin elle soit universelle. Les faits contredisent cette supposition. MĂȘme les athĂ©es nâappellent âmoraleâ quâune morale toute relative un crime suscitera une indignation sâil a Ă©tĂ© commis en France et si les victimes sont des femmes ou des enfants sans dĂ©fense, quand un massacre organisĂ© au Darfour nâintĂ©resse pas grand monde. Câest loin, le Darfour... Une âmorale au kilomĂštreâ nous fait privilĂ©gier non pas nos prochains, mais ceux qui sont Ă proximitĂ© et encore, ceux qui semblent âmĂ©riterâ la pitiĂ© le viol dâune adolescente provoque plus dâindignation que lâassassinat dâun SDF. Nây aurait il donc aucune morale digne de ce nom, qui considĂšrerait tout ĂȘtre humain en tout lieu comme pareillement respectable ? Historiquement, câest dâabord la religion qui a donnĂ© aux hommes des principes moraux lâinterdiction de tuer, lâobligation de respecter son prochain, voire de lâaimer, nâont eu force de loi quâau nom de principes religieux. Un dieu les avait Ă©noncĂ©s, ils Ă©taient donc indĂ©niablement bons. Les religions en ont fait des principes sacrĂ©s, ce qui les a rendu efficaces. Mais inadĂ©quats le caractĂšre rituel de toute religion oblige Ă supposer que les lois morales, ayant Ă©tĂ© Ă©crites une fois pour toutes par un dieu bon et parfait, doivent ĂȘtre toujours respectĂ©es, et jamais modifiĂ©es. Or la morale religieuse n'est plus dâactualitĂ© cf la morale aujourd'hui lâessence de la religion est dâordre traditionnel, ses principes se veulent immuables alors quâon constate une Ă©volution du âmalâ par exemple ĂȘtre homosexuel ou divorcer nest plus considĂ©rĂ© comme une faute dans notre âmorale moderneâ. La morale religieuse devient caduque, quand la morale laĂŻque est relative, dĂ©pendante de la situation psycho-socio-politico-culturelle. Devons-nous pour autant nous rĂ©soudre Ă vivre sans morale ? AprĂšs tout, Ă©tant limitĂ©s, nous devrions nous contenter dâĂ©thiques particuliĂšres Ă nos milieux, Ă notre temps, Ă notre sociĂ©tĂ©... On voit le danger de ce renoncement il faudrait privilĂ©gier les siens, les prĂ©fĂ©rer aux inconnus, nâĂȘtre humain quâavec ses proches, refuser lâhospitalitĂ©, le respect, de ceux qui nous sont Ă©trangers... qui deviendraient des ennemis ou des boucs Ă©missaires. Pour rester humain, civil, non pas seulement avec certains, mais avec tous les hommes, il nous faut une morale universelle, quand bien mĂȘme cela paraĂźt impossible Ă de simples hommes, singuliers, limitĂ©s. âLes desseins de Dieu sont impĂ©nĂ©trablesâ, or lâhomme ne paraĂźt pas apprĂ©cier ce qui le dĂ©passe il se rĂ©approprie donc la religion, en reformulant ses principes pour les actualiser. DâoĂč lâidĂ©e de concevoir une morale qui transcende, rĂ©unit et fĂ©dĂšre les autres âmoralesâ. Par exemple la DĂ©claration dite universelle des Droits de lâHomme fait ressortir les points de convergence des religions. Mais ces nouvelles morales restent relatives la Chine, lâAfrique, le Moyen Orient, reconnaissent dâautres droits âuniverselsâ de lâhomme, et lâEurope elle-mĂȘme ne les respecte pas. Du culte de Dieu, des tentatives ont bien Ă©tĂ© faites pour passer au culte de lâhumanitĂ©, mais on ne sait pas encore de quelle humanitĂ© il peut sâagir, le culte de lâargent-roi restant le plus prisĂ©. La vertu nâest pas lâapanage des religions on le constate par le fait quâelles recourent souvent Ă des chantages -le Paradis, lâEnfer, le Dieu punisseur et rĂ©dempteur elles forcent la vertu quand il faudrait quâelle aille de soi. Il faudrait rendre Ă©vident pour tout homme que lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral dĂ©passe de loin lâintĂ©rĂȘt particulier, quâen toute occasion lâintĂ©rĂȘt particulier doit lui ĂȘtre sacrifiĂ©. Une vĂ©ritable morale doit pouvoir aller contre lâintĂ©rĂȘt mĂȘme de celui qui la respecte, avantage que lâon retrouve en religion, oĂč des martyrs deviennent des modĂšles. Lâhomme Ă©tant trop faible encore pour ĂȘtre spontanĂ©ment humain, il lui faut des rĂšgles auxquelles il ne puisse Ă©chapper quâĂ son dĂ©savantage trop irresponsable pour ĂȘtre moral, il doit subir des injections de moraline Ă forte dose. Les bons principes, quâils soient laĂŻques ou religieux, ne peuvent encore valoir que tant que les hommes se trouvent forcĂ©s dây obĂ©ir. De fait, la religion, comme tout systĂšme liant les hommes en leur donnant des rĂšgles, reste une bĂ©quille indispensable pour notre pauvre humanitĂ© constituĂ©e dâhommes handicapĂ©s d'humanisme. Citations âQuâest-ce que la religion ? - Une croyance commune qui lie les hommes et les pousse par un effort commun vers un but commun. JusquâĂ prĂ©sent a-t-il vĂ©ritablement existĂ© une religion sur la terre ? - Non. La terre a Ă©tĂ© tyrannisĂ©e, divisĂ©e, ensanglantĂ©e par cent cultes diffĂ©rents; aucun lien commun nâa rassemblĂ© les hommes il nâa donc pas existĂ© de religion.â Richard LAHAUTIĂRE Petit catĂ©chisme de la rĂ©forme sociale, 1839, âLa cohĂ©sion sociale est due en grande partie Ă la nĂ©cessitĂ© pour une sociĂ©tĂ© de se dĂ©fendre contre dâautres. Câest dâabord contre tous les autres hommes quâon aime les hommes avec lesquels on vit.â Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion. "Quand un homme me vient dire qu'il ne croit rien et que la religion est une chimĂšre, il me fait lĂ une fort mauvaise confidence, car je dois avoir sans doute beaucoup de jalousie d'un avantage terrible qu'il a sur moi. Comment ! il peut corrompre ma femme et ma fille sans remords, pendant que j'en serais dĂ©tournĂ© par la crainte de l'enfer ! La partie n'est pas Ă©gale. Qu'il ne croie rien, j'y consens, mais qu'il s'en aille vivre dans un autre pays, avec ceux qui lui ressemblent, ou, tout au moins, qu'il se cache et qu'il ne vienne point insulter Ă ma crĂ©dulitĂ©." Charles de Secondat, baron de la BrĂšde et de Montesquieu/ SpicilĂšge L'esprit libre et curieux de l'homme est ce qui a le plus de prix au monde. Et voici pour quoi je me battrai la libertĂ© pour l'esprit de prendre quelque direction qui lui plaise. Et voici contre quoi je me battrai toute idĂ©e, religion ou gouvernement qui limite ou dĂ©truit la notion d'individualitĂ©. J. STEINBECK, A l'Est d'Eden, ch. X111 âTant que la religion reste une affaire entre soi et soi, aprĂšs tout, il sâagit seulement de nĂ©vroses, psychoses et autres affaires privĂ©es. On a les perversions quâon peut, tant quâelles ne mettent pas en danger ou en pĂ©ril la vie dâautrui... Mon athĂ©isme sâactive quand la croyance privĂ©e devient une affaire publique et quâau nom dâune pathologie mentale personnelle on organise aussi pour autrui le monde en consĂ©quence. Car de lâangoisse existentielle personnelle Ă la gestion du corps et de lâĂąme dâautrui, il existe un monde dans lequel sâactivent, embusquĂ©s, les profiteurs de cette misĂšre spirituelle et mentale. DĂ©tourner la pulsion de mort qui les travaille sur la totalitĂ© du monde ne sauve pas le tourmentĂ© et ne change rien Ă sa misĂšre, mais contamine lâunivers.â Michel Onfray, TraitĂ© dâathĂ©ologie. Grasset 2005, p. 29 âIl faut nâaimer que Dieu et ne haĂŻr que soi.â Pascal âPenser câest dire non. Remarquez comme le signe du oui est dâun homme qui sâendort. Au contraire le rĂ©veil secoue la tĂȘte et dit non. RĂ©flĂ©chir câest nier ce que lâon croit.â Alain, Propos sur la religion. Nous seulement l'individualisme n'est pas l'anarchie, mais c'est dĂ©sormais le seul systĂšme de croyances qui puisse assurer l'unitĂ© morale du pays. On entend souvent dire aujourd'hui que, seule, une religion peut produire cette harmonie. Cette proposition, que de modernes prophĂštes croient devoir dĂ©velopper d'un ton mystique, est, au fond, un simple truisme sur lequel tout le monde peut s'accorder. Car on sait aujourd'hui qu'une religion n'implique pas nĂ©cessairement des symboles et des rites proprement dits, des temples et des prĂȘtres; tout cet appareil extĂ©rieur n'en est que la partie superficielle. Essentiellement, elle n'est a autre chose qu'un ensemble de croyances et de pratiques collectives d'une particuliĂšre autoritĂ©. DĂšs qu'une fin est poursuivie par tout un peuple, elle acquiert, par suite de cette adhĂ©sion unanime, une sorte de suprĂ©matie morale qui l'Ă©lĂšve bien au-dessus des fins privĂ©es et lui donne ainsi un caractĂšre religieux. D'un autre cĂŽtĂ©, il est Ă©vident qu'une sociĂ©tĂ© ne peut ĂȘtre cohĂ©rente s'il n'existe entre ses membres une certaine communautĂ© intellectuelle et morale. Seulement, quand on a rappelĂ© une fois de plus cette Ă©vidence sociologique, on n'est pas beaucoup plus avancĂ©; car s'il est vrai qu'une religion est, en un sens, indispensable, il est non moins certain que les religions se transforment, que celle d'hier ne saurait ĂȘtre celle de demain. L'important serait donc de nous dire ce que doit ĂȘtre la religion d'aujourd'hui. DURKHEIM, âLâindividualisme et les intellectuelsâ, in La Science sociale et lâaction, PUF 1987, p. 268-272 De mĂȘmĂ© que la Religion, le Gouvernement est une manifestation de la spontanĂ©itĂ© sociale, une prĂ©paration de l'HumanitĂ© Ă un Ă©tat supĂ©rieur. Ce que l'HumanitĂ© cherche dans la Religion et qu'elle appelle DIEU, c'est elle-mĂȘme. Ce que le citoyen cherche dans le Gouvernement et qu'il nomme Roi, Empereur ou PrĂ©sident, c'est lui-mĂȘme aussi, c'est la LIBERTĂ. Hors de l'HumanitĂ©, point de Dieu ; le concept thĂ©ologique n'a pas de sens âHors de la LibertĂ©, point de Gouvernement; le concept politique est sans valeur. PROUDHON, Les confessions d'un rĂ©volutionnaire, pour servir Ă l'histoire "Enfer chrĂ©tien, du feu. Enfer paĂŻen, du feu. Enfer mahomĂ©tan, du feu. Enfer hindou, des flammes. A en croire les religions, Dieu est nĂ© rĂŽtisseur."Victor Hugo / Choses vues / 1887 âIl sâagit de dĂ©cider lequel a tort, ou de Dieu ou de la morale.â Fourier, Le nouveau monde industriel. âRien nâest contraire Ă ce quâon nomme la religion comme ce quâon nomme la morale; la morale enduit lâhomme contre la grĂące.âPĂ©guy. âLa cohĂ©sion sociale est due en grande partie Ă la nĂ©cessitĂ© pour une sociĂ©tĂ© de se dĂ©fendre contre dâautres. Câest dâabord contre tous les autres hommes quâon aime les hommes avec lesquels on vit.â Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion. âIl nây avait que moi jâai dĂ©cidĂ© seul du Mal, seul jâai inventĂ© le bien.â Sartre, Le Diable et le bon Dieu. âLâhomme est pour lâhomme lâĂȘtre suprĂȘme.â Marx, Contribution Ă la critique de la philosophie du droit de Hegel. âSi Dieu nâexiste pas, tout est permis.â Dostoiewski, Les FrĂšres Karamazov Câest Ă lâenvers quâil faut prendre la formule de DostoĂŻevski ; si lâhomme existe, tout nâest plus permis Ă Dieu.â Michel Verret, Les marxistes et la religion. âLa vieille idĂ©e persiste de lâathĂ©e immoral, amoral, sans foi ni loi Ă©thique. Le lieu commun pour classes terminales en vertu de quoi âsi Dieu nâexiste pas, alors tout est permisâ - rengaine prĂ©levĂ©e dans les FrĂšres Karamazov de DostoĂŻevski - continue Ă produire des effets et lâon associe effectivement la mort, la haine et la misĂšre Ă des individus qui se rĂ©clameraient de lâabsence de Dieu pour commettre leurs forfaits. Cette thĂšse fautive mĂ©rite un dĂ©montage en bonne et due forme. Car lâinverse me semble bien plutĂŽt vrai âParce que Dieu existe, alors tout est permis...â Je mâexplique. Trois millĂ©naires tĂ©moignent, des premiers textes de lâAncien Testament Ă aujourdâhui lâaffirmation dâun Dieu unique, violent, jaloux, querelleur, intolĂ©rant, belliqueux a gĂ©nĂ©rĂ© plus de haine, de sang, de morts, de brutalitĂ© que de paix... Le fantasme juif du peuple Ă©lu qui lĂ©gitime le colonialisme, lâexpropriation, la haine, lâanimositĂ© entre les peuples, puis la thĂ©ocratie autoritaire et armĂ©e ; la rĂ©fĂ©rence chrĂ©tienne des marchands du Temple ou dâun JĂ©sus paulinien prĂ©tendant venir pour apporter le glaive, qui justifie les Croisades, lâInquisition, les guerres de Religion, la Saint-BarthĂ©lemy, les bĂ»chers, lâIndex, mais aussi le colonialisme planĂ©taire, les ethnocides nord-amĂ©ricains, le soutien aux fascismes du XXĂš siĂšcle, et la toute-puissance temporelle du Vatican depuis des siĂšcles dans le moindre dĂ©tail de la vie quotidienne ; la revendication claire Ă presque toutes les pages du Coran dâun appel Ă dĂ©truire les infidĂšles, leur religion, leur culture, leur civilisation, mais aussi les juifs et les chrĂ©tiens - au nom dâun Dieu misĂ©ricordieux ! VoilĂ autant de pistes pour creuser cette idĂ©e que, justement, Ă cause de lâexistence de Dieu tout est permis - en lui, par lui, en son nom, sans que ni les fidĂšles ni le clergĂ©, ni le petit peuple, ni les hautes sphĂšres nây trouvent Ă redire...â Michel Onfray, TraitĂ© dâathĂ©ologie. Grasset 2005, p. 68 âUn Dieu peut pardonner, effacer, compenser; mais si Dieu nâexiste pas, les fautes de lâhomme sont inexpiables.â Simone De Beauvoir, Une morale de lâambiguĂŻtĂ©. âLes peuples se font des autres peuples lâimage que le leur ont donnĂ© les journaux ; les membres dâune Ăglise se font dâune autre Ăglise celle quâon leur inculque dans la leur.â Tournier, Technique et foi. Liens internes Science sans conscience Lâhomme est un mouton pour lâhomme La foi La morale aujourd'hui Vers quelle humanitĂ© ? Tu aimeras ton prochain comme toi-mĂȘme Doit-on tolĂ©rer l'intolĂ©rance ? A quoi sert la culpabilitĂ© ? La responsabilitĂ© Dieu contre Darwin Dieu a-t-il créé l'homme, ou l'homme a-t-il créé Dieu ? LHomme peut-il se passer de la religion? à„§à„Șà„Ż à€à€šà€Ÿà€Čà„ à€źà€š à€Șà€°à€Ÿà€à€šà„à€à€Żà„. à€žà€źà„à€Šà€Ÿà€Ż . à€źà€Ÿ à€à€Ÿà€šà„à€čà„à€žà„. à€Żà€ž à€Șà„à€·à„à€ à€à€Ÿ à€à€Łà„à€Ąà€čà€°à„. à€Șà€čà„à€à€ à€žà€čà€Ÿà€Żà€€à€Ÿ. à€Żà„ à€źà„à€šà„ à€à„à€Čà„à€š alt + / à€„à€żà€à„à€šà„à€čà„à€ž. Facebook. à€à€źà„à€Č à€”à€Ÿ à€«à„à€š: à€Șà€Ÿà€žà€”à€°à„à€Ą: à€à€Ÿà€€à€Ÿ
Larelation de lâhomme Ă lâanimal est malheureusement souvent ambiguĂ« : soit lâanimal est exploitĂ©, soit il est mis Ă distance. Lâanimal peut donc ĂȘtre successivement rejetĂ©, divinisĂ© ou haĂŻ. Lâhomme reconnaĂźt en lui, soit des valeurs positives, soit des valeurs nĂ©gatives. Lâexemple du chien est trĂšs significatif Ă ce
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Le problĂšme de la psychologie de lâhomme moderne est une de ces questions qui, prĂ©cisĂ©ment parce quâelles sont modernes, sont difficiles Ă dĂ©limiter. Lâhomme moderne est celui qui vient dâĂȘtre façonnĂ© et un problĂšme moderne est celui qui vient de se poser et dont la solution est encore Ă venir. Aussi la question de la psychologie de lâhomme moderne est-elle une interrogation qui serait peut-ĂȘtre toute diffĂ©rente si nous pouvions le moins du monde supposer quelle en sera la solution. De plus, ce problĂšme concerne quelque chose de tellement gĂ©nĂ©ral, pour ne pas dire de vague, et qui dĂ©passe tellement les forces de lâintelligence dâun seul homme quâil nous faut lâaborder en toute humilitĂ© et tiens pour absolument essentiel le fait de reconnaĂźtre dĂšs lâabord combien, en cette matiĂšre, nos moyens sont limitĂ©s, car il nâest tel que ce problĂšme pour induire Ă lâemploi de grands mots et qui sont creux Ă proportion. Nous serons Ă la vĂ©ritĂ© obligĂ©s de dire des choses qui pourront paraĂźtre pleines dâorgueil et de hardiesse et susceptibles de nous Ă©blouir nous-mĂȘmes. Il nây a eu que trop de gens jusquâĂ ce jour qui se sont laissĂ©s prendre au piĂšge de leurs propres le dĂ©but de la thĂšse, je ferai une affirmation audacieuse, en disant que lâhomme que nous appelons moderne, qui vit par consĂ©quent dans lâactualitĂ© la plus immĂ©diate, se trouve Ă lâextrĂ©mitĂ© mĂȘme du monde. Il est seul sous le ciel et a Ă ses pieds lâhumanitĂ© entiĂšre, avec son histoire qui se perd dans les tĂ©nĂšbres primitives, et devant lui le gouffre oĂč sâagite tout le futur⊠Le texte et le contexte. Saisir le mal de lâĂąme europĂ©enne », Florent Serina â ParisJung 1928. Entre cour et jardin, la perspective, Christian Gaillard â Paris Il vous reste Ă lire 97 % de cet article. S'abonner Ă Cairn Pro Ă partir de 15⏠par mois AccĂ©dez en toute libertĂ© Ă 152 revues de rĂ©fĂ©rence En savoir plus