TevoilĂ une liste dâopinions sur comment relever une personne Ă terre. Toi aussi, tu as la possibilitĂ© dâexprimer ton opinion sur ce thĂšme. Tu peux Ă©galement retrouver des opinions sur comment relever une personne Ă terre et dĂ©couvrir ce que les autres pensent de comment relever une personne Ă terre.RĂ©sumĂ© sur les hĂ©matomes LâhĂ©matome est une affection de la peau esthĂ©tiquement indĂ©sirable qui apparaĂźt en gĂ©nĂ©ral de façon soudaine. Normalement un hĂ©matome est la consĂ©quence dâun choc ou dâun accident et se soigne bien mais dans de rares cas il peut ĂȘtre le signe de maladies graves comme une leucĂ©mie. Les hĂ©matomes se caractĂ©risent par une couleur bleutĂ©e-rouge-noir qui varie en fonction de lâavancĂ©e dans le temps de lâhĂ©matome au dĂ©but de lâhĂ©matome la couleur est diffĂ©rente quâĂ la fin de lâhĂ©matome. Les hĂ©matomes sont la plupart du temps la consĂ©quence dâun traumatisme, mais parfois ils peuvent aussi apparaĂźtre Ă cause de problĂšmes hĂ©matologiques comme des troubles de la coagulation ou de lâanĂ©mie dâun surdosage de mĂ©dicaments anticoagulants ou Ă la suite dâune opĂ©ration chirurgie. On distingue diffĂ©rents types dâhĂ©matomes en plus de lâhĂ©matome âclassiqueâ au niveau de la peau comme lâhĂ©matome de lâoeil oeil âau beurre noirâ, lâhĂ©matome de lâoreille ou encore lâhĂ©matome de lâongle. En gĂ©nĂ©ral les hĂ©matomes se caractĂ©risent par une douleur, un gonflement et une couleur caractĂ©ristique des hĂ©matomes. Les enfants et les personnes ĂągĂ©es sont plus touchĂ©s par les hĂ©matomes. Traitement Le premier traitement en cas dâhĂ©matomes est dâappliquer de la glace Ă emballer pour Ă©viter une brĂ»lure directement aprĂšs le choc. Dans la majoritĂ© des cas les hĂ©matomes guĂ©rissent de façon spontanĂ©e. Certaines crĂšmes Ă base dâarnica, dâhĂ©parine ou de polysulfate de mucopolysaccharide peuvent aider Ă soigner les hĂ©matomes. RĂ©sumĂ© sous forme dâinfographie DĂ©finition Les hĂ©matomes sont des lĂ©sions cutanĂ©es provoquĂ©es la plupart du temps suite Ă un choc traumatisme, il sâagit dâune collection de sang. Lorsque les vaisseaux sanguins qui se trouvent sous la peau sont victimes dâun choc, le sang commence Ă se diffuser dans les tissus hĂ©morragie. Les hĂ©matomes se caractĂ©risent par une couleur bleutĂ©e-rouge-noir voir sous SymptĂŽmes pour mieux comprendre sous la peau. On distingue les hĂ©matomes des ecchymoses, ces derniĂšres sont plus superficielles et la poche de sang est plus petite. En cas dâhĂ©matomes, les lĂ©sions cutanĂ©es sont les plus frĂ©quentes suivies par les lĂ©sions sous cutanĂ©es et musculaires. Dâautres organes et tissus peuvent ĂȘtre touchĂ©s par les hĂ©matomes comme le cerveau. Causes â La plupart des hĂ©matomes surviennent suite Ă un traumatisme comme un choc violent ou brutal comme un coup suite Ă une bagarre, le sport football par ex. ou encore un accident chute dâobjet, choc en voiture. Il faut savoir que le choc provoque une rupture au niveau des capillaires petits vaisseaux sanguins de la peau ce qui aboutit Ă une accumulation de sang au niveau des tissus et mĂšne Ă lâhĂ©matome. â Dans certains cas les hĂ©matomes peuvent ĂȘtre causĂ©s par un surdosage de mĂ©dicaments anticoagulants antivitamine K par ex. ou ĂȘtre la consĂ©quence de maladie de la coagulation sanguine. â Les hĂ©matomes peuvent ĂȘtre causĂ©s par une chirurgie esthĂ©tique comme une liposuccion. â Parfois les hĂ©matomes peuvent apparaĂźtre sans choc ou traumatisme pour des raisons psychologiques comme un grand stress, une dĂ©pression ou un Ă©tat anxieux. Ces hĂ©matomes sont en gĂ©nĂ©ral de couleur pourpre et disparaissent aprĂšs avoir soignĂ© la cause anxiĂ©tĂ©, dĂ©pression, etcâŠ. â Dans de rares cas des hĂ©matomes peuvent ĂȘtre le signe dâune leucĂ©mie. Personnes Ă risque Les personnes Ă risque pour les hĂ©matomes sont surtout les enfants qui jouent beaucoup par exemple et les personnes ĂągĂ©es elles ont la peau plus fragile et elles peuvent tomber plus facilement. Mauvais traitement Il est important de relever que des hĂ©matomes chez les enfants ou les personnes ĂągĂ©es peuvent ĂȘtre le signe dâun mauvais traitement violence, agression physique, etc. Le personnel mĂ©dical ou enseignant devra toujours signaler les cas de mauvais traitements aux autoritĂ©s compĂ©tentes de votre pays police, justice, services sociaux, etc.. De plus, chez les personnes ĂągĂ©es des hĂ©matomes peuvent aussi ĂȘtre le signe de chutes qui peuvent ĂȘtre la consĂ©quence dâune ostĂ©oporose, de lâusage de certains mĂ©dicaments ex. tranquillisants, dâune perte de sensibilitĂ© Ă cause dâun diabĂšte, de troubles de la vision, etc. â Les athlĂštes qui pratiquent des sports de contact comme le football, le rugby, les arts martiaux, etc sont aussi plus souvent concernĂ©s et touchĂ©s par les hĂ©matomes. SymptĂŽmes En gĂ©nĂ©ral, on observe une douleur Ă lâendroit du choc et un gonflement, on note une couleur particuliĂšre de cette blessure lire ci-dessous typique des hĂ©matomes. La douleur de lâhĂ©matome est davantage liĂ©e aux contusions associĂ©es au choc accident ou Ă des causes secondaires maladie, infection. Couleur des hĂ©matomes Les hĂ©matomes prĂ©sentent des lĂ©sions bleutĂ©es-noir et gonflĂ©es au dĂ©but aprĂšs le choc, puis par la suite aprĂšs quelques jours lâhĂ©matome prend en gĂ©nĂ©ral une couleur plus verte, brune ou jaune. Finalement, en gĂ©nĂ©ral aprĂšs une semaine, lâhĂ©matome disparaĂźt et reprend une couleur normale chair. DurĂ©e des hĂ©matomes Les hĂ©matomes peuvent mettre plusieurs jours ou mĂȘme jusquâĂ un mois avant de disparaĂźtre, cela va dĂ©pendre de la gravitĂ© et de la surface des hĂ©matomes ainsi que de la capacitĂ© de chaque organisme Ă reformer le tissu abĂźmĂ©. On peut distinguer lâhĂ©matome ânormalâ sur un bras par exemple des hĂ©matomes localisĂ©s dans certains parties du corps et qui peuvent nĂ©cessiter une surveillance accrue comme â Au niveau de lâoeil, on parle dâoeil âau beurre noirâ. Pour ces hĂ©matomes il faut toujours consulter un mĂ©decin. â Au niveau de lâoreille hĂ©matome de lâoreille. â Au niveau de lâongle hĂ©matome de lâongle. Photo dâhĂ©matomes sur les jambes aprĂšs une chirurgie esthĂ©tique une liposuccion Diagnostic Les hĂ©matomes superficiels peuvent ĂȘtre diagnostiquĂ©s par le mĂ©decin surtout par rapport au contexte choc, accident et Ă la palpation. Lors dâhĂ©matomes profonds le mĂ©decin peut effectuer une Ă©chographie. Ces hĂ©matomes profonds ou qui concernent le cerveau doivent ĂȘtre traitĂ©s par un mĂ©decin avec le plus grand soin. Complications Les complications des hĂ©matomes dĂ©pendent de plusieurs facteurs comme sa localisation. â Pour lâhĂ©matome de lâoeil oeil âau beurre noirâ il peut y avoir un dĂ©collement de la rĂ©tine ou une hĂ©morragie interne Ă lâoeil. Il est donc important de consulter dans tous les cas un mĂ©decin lors dâhĂ©matome Ă lâoeil. â Pour lâhĂ©matome de lâongle, ce dernier peut tomber. On note aussi que les hĂ©matomes en gĂ©nĂ©ral peuvent sâinfecter surinfection ou compresser un organe voisin. Toujours consulter un mĂ©decin lors de complications. Traitements â Appliquer de la glace Ă emballer pour Ă©viter une brĂ»lure ou des compresses froides au plus vite, directement aprĂšs le choc. Il est fortement conseillĂ© dâappliquer directement aprĂšs le choc des compresses froides pendant 5 minutes en faisant une lĂ©gĂšre pression sur lâhĂ©matome. Cela diminuera la diffusion de sang dans les tissus profonds. Dans la majoritĂ© des cas lâhĂ©matome se soigne de façon spontanĂ©e, cependant en cas dâhĂ©matomes avec une grande surface ou localisĂ©s dans certaines rĂ©gions par exemple le cerveau, le mĂ©decin peut Ă©ventuellement ponctionner lâhĂ©matome pour faire sortir le sang. â Effectuer un traitement avec un pansement compressif en gĂ©nĂ©ral fait chez le mĂ©decin. â Utiliser des crĂšmes Ă base dâarnica une plante. Des crĂšmes ou gels Ă base dâhĂ©parine ainsi quâĂ base de polysulfate de mucopolysaccharide ou MPS ex. en Suisse dans Hirudoid Forte. â Des anti-inflammatoires AINS comme lâibuprofĂšne pour limiter lâinflammation et la douleur. Traitement particulier Lors dâhĂ©matome Ă lâongle Au niveau dâun hĂ©matome sous un ongle, le mĂ©decin peut faire un petit trou dans lâongle pour faire sortir le sang. RemĂšdes naturels Il existe plusieurs plantes Ă utiliser lors dâhĂ©matomes â Lâimmortelle, sous forme de crĂšme â Lâarnica, sous forme de teinture teinture dâarnica â Le calendula, sous forme de crĂšme RemĂšdes naturels â Teinture dâarnica â Compresse de calendula souci des jardins â Teinture de calendula â Huile essentielle dâimmortelle â Infusion dâarnica â Pommade de consoude Bons conseils â Il est important dâappliquer au plus vite du froid, par exemple des compresses froides en effectuant une lĂ©gĂšre pression sur lâendroit oĂč a eu lieu le choc pendant 5 minutes. Cela va diminuer le volume de lâhĂ©matome. â Afin de renforcer vos veines pour prĂ©venir les hĂ©matomes ou surtout lâintensitĂ© de lâhĂ©matome, vous pouvez entre autres > Faire davantage dâexercice > Manger Ă©quilibrĂ© et beaucoup boire > Prendre des douches froides pour activer la circulation sanguine Lire aussi jambes lourdes, varices, contusions, crampes musculaires Sources & RĂ©fĂ©rences LittĂ©rature mĂ©dicale Personne responsable et impliquĂ©e dans lâĂ©criture de ce dossier Xavier Gruffat Pharmacien et RĂ©dacteur en chef de Creapharma CrĂ©dits photos & Infographie Date de derniĂšre mise Ă jour Articlesrelatifs:Comment aider une personne ĂągĂ©e Ă monter les escaliersQuelles sont les marques de monte-escaliersQuels sont les diffĂ©rents types de monte-escaliersQuels sont les diffĂ©rents types de monte-escaliersService Ă la personne : Profitez immĂ©diatement du crĂ©ditService Ă la personne : Profitez immĂ©diatement du crĂ©ditService Ă la personne : La prise en charge des personnes ĂągĂ©es est loin de faire suffisamment de progrĂšs. Cependant elle en fait le dĂ©veloppement des services Ă la personne, le financement de la dĂ©pendance, mais aussi le progrĂšs technologique, offrent des possibilitĂ©s de plus en plus intĂ©ressantes pour amĂ©liorer la sĂ©curitĂ© et le maintien Ă domicile des plus vieux. Le problĂšme est que les personnes ĂągĂ©es, souvent, ne sont pas favorables Ă cette mise en sĂ©curitĂ© ; le problĂšme est aussi que cette sĂ©curitĂ© a un coĂ»t cĂŽut financier, certes, mais plus encore coĂ»t en termes dâautonomie ; on peut dire que la sĂ©curitĂ© est dangereuse, et que le moins risquĂ© est de prendre des risques. Peut-on pour autant parler dâun droit au risque, et si oui comment le penser ? Avant de commencer ce travail, jâavais quelques certitudes. Elles ont disparu Ă mesure que jâĂ©crivais. Ne me restent que deux ou trois repĂšres, que je peux essayer de partager, quelques outils quâon peut essayer de forger. LE PRINCIPE DE PRECAUTION Câest peu dire que rappeler combien le principe de prĂ©caution est Ă la mode. Une de ces modes agaçantes dans lesquelles on flaire sans peine que ceux qui lâinvoquent nâont pas compris de quoi il sâagit. Prenons donc la peine de reprendre la question Ă son dĂ©but. Le principe de prĂ©caution est explicitement issu de la pensĂ©e de Hans Jonas, philosophe allemand contemporain, qui pose ce principe dans son livre majeur Le Principe ResponsabilitĂ© ». Pour aller vite disons que Jonas est animĂ© par un jugement trĂšs pessimiste sur lâĂ©volution de la civilisation Contrairement au rĂȘve des LumiĂšres, elle nâa pas permis dâamĂ©liorer lâhomme la derniĂšre guerre mondiale en est la preuve. Le progrĂšs technologique est devenu capable de produire des effets tellement dĂ©vastateurs quâon ne peut plus croire quâil va se rĂ©guler de lui-mĂȘme. La position de Jonas est donc particuliĂšrement noire lâhomme a fait tant de mal que la question Ă©thique nâest plus de savoir comment on va faire au mieux, mais simplement comment on va faire au moins mal. Il ne sâagit plus de faire progresser le monde mais dâĂ©viter son effondrement. Le principe responsabilitĂ© » Ă©nonce que toutes nos actions doivent permettre de LĂ©guer aux gĂ©nĂ©rations futures une terre humainement habitable et ne pas altĂ©rer les conditions biologiques de lâhumanitĂ©. Le principe de prĂ©caution » Ă©nonce donc que Face Ă des risques graves et irrĂ©versibles, mais potentiels, lâabsence de certitudes scientifiques ne doit pas retarder lâadoption de mesures qui auraient Ă©tĂ© jugĂ©es lĂ©gitimes si de telles certitudes avaient Ă©tĂ© acquises. Autrement dit quand une innovation technologiques comporte des risques, on doit prendre des mesures maximales contre tous les dangers identifiables, y compris ceux qui seraient simplement imaginables. Et si on ne peut atteindre alors un niveau de sĂ©curitĂ© suffisant, il convient de renoncer Ă lâinnovation tant quâon nâen sait pas plus sur les risques en question. On voit que le principe de prĂ©caution a une dĂ©finition trĂšs restrictive quand on ne sait pas quantifier un risque on le considĂšre comme maximal ; on voit aussi quâil nâa rien Ă voir avec le principe de prĂ©vention » quand les risques sont connus et identifiĂ©s, on a le devoir dâen tenir compte, ou le principe de prudence quand une situation comporte des risques, on ne les assume quâĂ bon escient. Un bon exemple dâapplication du principe de prĂ©caution serait la gestion du retour sur Terre des vaisseaux spatiaux on peut se demander si ces vaisseaux ne pourraient pas se trouver contaminĂ©s par des toxiques ou des organismes inconnus, dont la virulence pourrait se rĂ©veiller sur Terre. Il faudra donc probablement se comporter Ă lâĂ©gard de ces vaisseaux comme sâils Ă©taient effectivement contaminĂ©s. Mais quand on dit cela on met en Ă©vidence du mĂȘme coup les limites, et mĂȘme la faiblesse de la position de Jonas. Dâabord il nâest pas difficile de constater que la conception quâon se fait du danger est largement dĂ©pendante de lâĂ©poque Le retour des missions Apollo nâa pas Ă©tĂ© entourĂ© dâun luxe de prĂ©cautions bactĂ©riologiques, simplement parce quâon ne se posait pas les problĂšmes en ces termes le livre de Jonas date de 1979. De la mĂȘme façon les normes de sĂ©curitĂ© dans les Ă©coles nâont rien Ă voir Ă notre Ă©poque avec ce quâelles Ă©taient au temps de notre enfance ; ce nâest pas la technologie qui est en cause, câest notre vision de ce quâest un risque acceptable ». Ou encore les risques de lâamiante sont connus de longue date ; ce qui a changĂ© câest notre conception de ce que sont les risques professionnels. Ensuite, et surtout sans doute, on nâest pas prĂšs de sâentendre sur ce quâest un risque potentiel » ou un risque imaginable ». Car on peut toujours imaginer un risque, et si le projet Ă©tait de nâagir que quand on est certain de ne courir aucun risque, alors on se condamnerait Ă ne plus agir du tout il nâest pas possible de prouver que les relais tĂ©lĂ©phoniques ne prĂ©sentent aucun danger, car il nâexiste aucun moyen de prouver un fait nĂ©gatif. Sâagissant par exemple des organismes gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©s, la question prĂ©sente un triple aspect En premier lieu il y a la question des enjeux Ă©conomiques par le biais de la propriĂ©tĂ© privĂ©e de ces organismes. Ce nâest pas un risque, câest un problĂšme politique. Le principe de prĂ©caution nâa rien Ă voir lĂ -dedans. En second lieu, il y a le fait que si on modifie du blĂ© pour le rendre rĂ©sistant aux pesticides, câest pour pouvoir utiliser davantage de pesticides et donc ĂȘtre plus efficace. Le problĂšme est que le taux de pesticides dans le blĂ© va se trouver augmentĂ©, et que câest nous qui mangeons le blĂ©. Câest un risque, mais parfaitement mesurable. Le principe de prĂ©caution nâa rien Ă voir lĂ -dedans. En troisiĂšme lieu il y a la question de la nocivitĂ© de la modification gĂ©nĂ©tique en elle-mĂȘme. Pour autant quâon sache il nây en a aucune, et on se demande comment il y en aurait une ; dans lâĂ©tat actuel de la science, penser le contraire est une marque dâobscurantisme, et le principe de prĂ©caution nâa rien Ă voir lĂ -dedans. A moins quâon ne dise que ce nâest pas sĂ»r, Ă moins quâon ne dise quâon ne sait jamais. La limite du principe de prĂ©caution est exactement lĂ on ne sait jamais. Mais si on ne sait jamais, alors aucune activitĂ© humaine nâa fait la preuve dĂ©finitive de son absence de nocivitĂ©, et toute activitĂ© doit ĂȘtre arrĂȘtĂ©e ; dâailleurs qui, en 1970, aurait seulement imaginĂ© que lâautomobile allait rĂ©chauffer le climat ? Retenons donc les trois consĂ©quences du principe de prĂ©caution elles sâappliquent parfaitement Ă notre propos sur la sĂ©curitĂ© des personnes ĂągĂ©es Il est illusoire de prĂ©tendre Ă©valuer tous les risques, et mĂȘme de prĂ©tendre les imaginer. Ce que nous appelons un risque est fortement dĂ©pendant de notre conception actuelle. Les responsables actuels tendent Ă confondre principe de prĂ©caution et principe du parapluie ainsi dans le cas de la vaccination contre lâhĂ©patite B, les effets secondaires Ă©taient connus, rĂ©pertoriĂ©s, quantifiĂ©s, et pas si mal ; et le rapport bĂ©nĂ©fice/risque ne souffrait, et mĂȘme aujourdâhui encore ne souffre, guĂšre de discussion ; ce qui est Ă voir, câest la maniĂšre dont on prend en charge lâalĂ©a thĂ©rapeutique. LE PRINCIPE DâAUTONOMIE Parmi les discussions les plus violentes qui agitent le monde de la vieille Europe et le monde anglo-saxon, il y a deux conceptions diffĂ©rentes du bien. La vision europĂ©enne On sait que pour les europĂ©ens que nous sommes, profondĂ©ment marquĂ©s par la pensĂ©e grecque, et encore plus par sa relecture chrĂ©tienne, il existe le beau, le vrai et le bien, et que ces trois mots correspondent Ă des notions qui existent et peuvent faire lâobjet dâun savoir. Il y a un beau en soi, une vĂ©ritĂ© absolue, et le bien est une donnĂ©e universalisable tous les hommes aspirent au mĂȘme bien, et ils en ont la mĂȘme conception que moi. Il sâensuit par exemple une conception particuliĂšre du bien du malade. Câest ainsi, pour sortir du domaine mĂ©dical, que la Convention EuropĂ©enne sur lâexercice des droits de lâenfant prescrit quâon doit consulter lâenfant personnellement, ... Ă moins que ce ne soit manifestement contraire aux intĂ©rĂȘts supĂ©rieurs de lâenfant. Il existe donc un bien absolu, indiscutable, sur lequel tout le monde est censĂ© sâaccorder. Dans ce modĂšle la notion de bien nâest pas immanente Ă lâhomme, elle lui vient dâailleurs, que cet ailleurs soit le dieu ou la nature, et câest parce quâelle ne dĂ©pend pas de lâhomme quâon peut sâaccorder dessus. Et câest aussi pourquoi il ne saurait y avoir de dĂ©saccord Ă©thique entre le malade et son mĂ©decin, puisque lâobjectif de lâun et de lâautre est la guĂ©rison du malade. Câest pourquoi Louis Portes, premier prĂ©sident du Conseil de lâOrdre des MĂ©decins, qui nâavait de leçons Ă recevoir de personne en matiĂšre dâhumanisme et de courage, pouvait Ă©crire en 1950 Tout patient est et doit ĂȘtre pour lui le mĂ©decin comme un enfant Ă apprivoiser, non certes Ă tromper, un enfant Ă consoler, non pas Ă abuser, un enfant Ă sauver, ou simplement Ă guĂ©rir. Cette vision paternaliste de la mĂ©decine se retrouve encore dans bien des textes de loi ; il ne faut pas la mĂ©priser au nom dâune lecture caricaturale, et il nâest pas besoin dâune longue rĂ©flexion pour voir les catastrophes quâon dĂ©clenche Ă la jeter inconsidĂ©rĂ©ment aux orties. La vision anglo-saxonne Ă lâopposĂ© de cette conception, il y a la conception autonomiste. Dans ce modĂšle le bien en soi nâexiste pas, il nây a que le bon est bien ce qui est bon, et le bon est ce que lâhomme dit lui ĂȘtre profitable. Câest ainsi que la notion de plaisir est centrale dans la pensĂ©e des philosophes anglais des XVIIe et XVIIIe siĂšcles, notamment Hobbes, Locke et Hume, qui sont Ă lâorigine du siĂšcle des LumiĂšres, et plus encore de la pensĂ©e amĂ©ricaine. Comme il nây a pas de bien absolu il suit quâon ne peut juger une action Ă ses consĂ©quences, et que le seul critĂšre utilisable est le respect de principes dâaction ; je nâagis pas pour faire un bien que je connais mais parce que mon devoir est dâagir ainsi. Ce qui compte ce nâest pas le contenu du contrat, câest le respect du contrat. Il sâensuit que la rĂ©fĂ©rence absolue est lâautonomie de la personne, câest Ă dire la libertĂ© qui lui est reconnue de dĂ©cider pour elle en toute connaissance de cause. Tout doit ĂȘtre fait pour respecter sa libertĂ© de choix, câest Ă dire aussi sa libertĂ© de dire quelles sont ses valeurs, quelles sont les choses importantes pour elle et quelles sont les choses accessoires. Dans cette vision des choses le mĂ©decin nâest pas un pĂšre aimant mais un simple conseiller technique dont le rĂŽle se rĂ©duit Ă informer. On voit bien le principe qui est Ă lâoeuvre ici, et qui Ă©voque irrĂ©sistiblement ce mot de Protagoras Lâhomme est la mesure de toute chose. Ce nâest pas un hasard, sans doute, si on retrouve ainsi quelque chose de lâopposition entre les sophistes et les platoniciens, mais cela nous mĂšnerait trop loin. Il nâempĂȘche on voit bien ici les limites de la construction anglo-saxonne, qui est dâailleurs la mĂȘme que celle, pour autant quâon la connaisse, des sophistes pour les anglo-sxons, il y a un principe absolu, câest quâil nây a pas de principe absolu ; la construction tient Ă condition de poser en principe que tout le monde considĂšre son autonomie comme la valeur essentielle, et cela ne va pas de soi. Ce prĂ©supposĂ© est parfaitement visible dans la procĂ©dure mĂȘme utilisĂ©e par les amĂ©ricains en 1991 le Parlement Ă©dicte le Patient Self-DĂ©termination Act, qui dĂ©cide quâĂ tout patient hospitalisĂ© on doit remettre un document indiquant ses droits ; ce document comprend un dictionnaire explicatif, une charte des droits, une proposition de directives anticipĂ©es, un document sur lâordre de rĂ©animer ou non, un formulaire de dĂ©signation dâune personne de confiance, une liste des recours possibles. Mais faisant cela on reconnaĂźt bel et bien que les humains ont suffisamment de choses en commun pour que cela puisse faire lâobjet dâun Ă©crit lisible et partageable par tous. Les limites de ces modĂšles Passons. Le problĂšme qui nous intĂ©resse au fond nâest pas de savoir quel modĂšle lâemporte sur lâautre, car chacun a des inconvĂ©nients Ă©vidents ; il est plutĂŽt de savoir, prĂ©cisĂ©ment, quels sont ces inconvĂ©nients, câest-Ă -dire quelles sont les impasses qui sont faites, sachant que de part et dâautre on est conscient de ces impasses mais quâon les considĂšre comme un prix Ă payer. Le modĂšle paternaliste conduit Ă des dĂ©cisions comme lâarrĂȘt dit HĂ©dreul. Il sâagissait dâun homme atteint dâune forme familiale de maladie intestinale, avec un risque de cancer proche de 100%. Il lui avait donc Ă©tĂ© proposĂ© une coloscopie. Malheureusement, et bien quâaucune faute nâait Ă©tĂ© commise, il a accumulĂ© tous les ennuis imaginables, et il attaquĂ© le mĂ©decin au motif quâil nâavait pas Ă©tĂ© suffisamment informĂ© des risques de la coloscopie. La justice a fini par trancher quâil y avait bien eu dĂ©faut dâinformation mais que si le malade avait eu toute lâinformation il nâaurait pas pour autant refusĂ© lâexamen parce quâaucun agent rationnel ne lâaurait fait. En dâautres termes la libertĂ© nâest pas la libertĂ© dâagir contre le bon sens, contre le vrai et le bien considĂ©rĂ©s comme des absolus. DĂ©cision pertinente dans le cas dâespĂšce ; on imagine sans peine les abus dâun tel systĂšme. Quant au modĂšle autonomiste, il aboutit Ă des dĂ©cisions comme lâarrĂȘt Doe une femme est enceinte ; lâenfant est menacĂ© de graves sĂ©quelles neurologiques si lâaccouchement est fait par voie normale ; la mĂšre refuse la cĂ©sarienne et le mĂ©decin est tenu de sâincliner. Cet arrĂȘt pose Ă©videmment le problĂšme de la responsabilitĂ© de la mĂšre vis-Ă -vis de son enfant, et renvoie Ă cette question la femme est libre de disposer de son corps mais il est des situations oĂč elle hĂ©berge dans son corps le corps dâun autre, et de cet autre il ne va pas de soi quâelle puisse disposer. Mais quand nous tenons ce raisonnement, ou quand nous disons que la mĂšre nâĂ©tait pas Ă mĂȘme dâĂ©valuer son risque, nous dĂ©cidons de substituer notre systĂšme de valeurs Ă celui de la mĂšre, et cela le modĂšle autonomiste nous lâinterdit. Nous sommes donc en difficultĂ© des deux cĂŽtĂ©s, car chacune des deux visions prĂ©sente des inconvĂ©nients Ă©vidents. Câest cette difficultĂ© que nous retrouverons dans la prise en charge des personnes ĂągĂ©es. UN MODELE DE RAISONEMENT LES BARRIERES DE LIT La question des barriĂšres de lit est probablement un vĂ©ritable emblĂšme relativement Ă notre sujet. En effet câest un domaine dans lequel lâirrationalitĂ© occupe une place prĂ©pondĂ©rante. Il convient de sây attarder un peu. Les soignants français sont de grands amateurs de barriĂšres de lit. On en compte jusquâĂ 90% dans certains services hospitaliers, et ce sont loin dâĂȘtre les plus mauvais. La formation des soignants accorde une grande place aux questions de sĂ©curitĂ©, de sorte que la mise des barriĂšres de lit est un rĂ©flexe contre lequel il est trĂšs difficile de lutter ce qui est redoutĂ© câest que le malade tombe de son lit ; mais quand on fait remarquer au soignant que si ce malade paraplĂ©gique tombait un jour de son lit ce serait probablement une bonne nouvelle, le soignant rĂ©plique que, tout de mĂȘme, les barriĂšres sont aussi trĂšs pratiques pour accrocher la sonnette ou le cordon de la lumiĂšre ; bref pour une raison ou pour une autre il y a des barriĂšres. Câest un modĂšle de position paternaliste. Et cette obstination est dâautant plus irrationnelle quâen rĂšgle gĂ©nĂ©rale le soignant qui relĂšve les barriĂšres de lit omet, ce qui serait pourtant dâĂ©lĂ©mentaire prudence, de remettre le lit en position basse. Personnellement je dĂ©teste les barriĂšres de lit. Jây ai des raisons prĂ©cises dâabord bien souvent elles empĂȘchent de se lever des gens qui pourraient parfaitement le faire, et en cela elles constituent une vĂ©ritable contention, ce qui est un abus de pouvoir ; ensuite le seuls accidents mortels que jâai observĂ©s en matiĂšre de chute dâun lit ont Ă©tĂ© le fait de patients qui ont enjambĂ© la barriĂšre de lit. Mais je dois bien admettre que si je dĂ©teste les barriĂšres de lit, câest aussi parce que je les dĂ©teste je dĂ©teste cette image du vieillard parquĂ© dans son lit comme un mouton dans son enclos. Ce que je nâaime pas câest lâimage, et ma position est tout aussi paternaliste que celle des soignants je dĂ©teste les barriĂšres, mais câest moi qui les dĂ©teste, et je sens bien que quand le malade demande quâon les lui mette je dois faire un effort pour ne pas le critiquer. Alors comment peut-on considĂ©rer le problĂšme des barriĂšres de lit ? En 2000 lâex-ANAES publiait un guide de recommandations intitulĂ© limiter les risques de la contention chez les personnes ĂągĂ©es ». Il y Ă©tait notamment question des barriĂšres de lit, et on y lisait que le rapport bĂ©nĂ©fice/risque des barriĂšres de lit est dĂ©favorable non seulement elles nâĂ©vitent pas les chutes, mais encore elles provoquent des traumatismes, voire des dĂ©cĂšs, au point quâaux Etats-Unis les procĂ©dures pour excĂšs de barriĂšres sont aussi nombreuses que les procĂ©dures pour dĂ©faut. Câest lâopinion qui maintenant a le vent en poupe, du moins chez les gĂ©riatres, et voici qui vient conforter ma thĂšse. Pas tout Ă fait cependant. Car tout de mĂȘme il y a une anomalie. Voyons. Comment se prĂ©sente le risque de chute dâun lit ? Il y a le malade qui bouge pendant son sommeil, comme font nombre de bien-portants. Celui-lĂ , quand il rencontre une barriĂšre de lit, est protĂ©gĂ© des chutes. Il y a le malade qui est atteint dâune dĂ©ficience motrice, neurologique ou rhumatologique, et qui ne va pas cotrĂŽler tout Ă fait ses gestes, sâexposant Ă tomber lorsquâil voudra se retourner dans son lit. Les barriĂšres vont le protĂ©ger. Il y a le malade qui veut se lever de son lit parce quâil est agitĂ© ou confus, ou qui fait tout simplement un cauchemar. Ce malade-lĂ ne sera pas arrĂȘtĂ© par une barriĂšre de lit, et il lâenjambera, sâexposant Ă un traumatisme encore plus grave. Et puis il y a le malade, certes limitĂ© sur le plan locomoteur, mais lucide, qui voudrait se lever mais qui sera en danger sâil le fait. Les barriĂšres vont le protĂ©ger, mais au prix dâune restriction de libertĂ© quâil faudra justifier, et dâune aggravation de son impotence. Câest lĂ un des problĂšmes majeurs de toutes les contentions on veut protĂ©ger le malade contre les traumatismes, mais le principal danger des traumatismes est la grabatisation quâils risquent dâengendrer ; il est donc absurde de choisir, pour Ă©viter la grabatisation du malade, une stratĂ©gie aboutissant Ă le grabatiser. On voit donc que dans le troisiĂšme type de situation les barriĂšres sont inefficaces et dangereuses ; dans le quatriĂšme elles sont efficaces mais dangereuses ; reste deux autres situations oĂč elles sont efficaces. Le bon sens arrivait au mĂȘme rĂ©sultat la surprise serait de constater que les barriĂšres nâĂ©vitent aucune chute. Et quand lâex-ANAES affirme que les barriĂšres nâĂ©vitent pas les chutes, elle prend le risque de se voir demander par quel mirache un tel paradoxe pourrait bien ĂȘtre expliquĂ©. La vĂ©ritĂ© est probablement tout autre Les barriĂšres aggravent les dangers des chutes. Elles ont leurs risques propres de blessure. De la sorte leur balance bĂ©nĂ©fice/risque est dĂ©favorable. Un usage inconsidĂ©rĂ© des barriĂšres de lit aboutit Ă limiter abusivement lâautonomie de certains malades, qui voient leur impotence sâaggraver et donc leur risque de chute. De la sorte, et toutes choses Ă©gales par ailleurs, il y a moins de chutes dans les services qui nâutilisent pas de barriĂšres que dans ceux qui les utilisent. Mais il y a certainement une place pour une utilisation raisonnĂ©e des barriĂšres de lit, une utilisation qui permette de diminuer rĂ©ellement le risque de chute. Si cette possiblitĂ© nâexistait pas cela constituerait un tel paradoxe quâil faudrait lâexpliquer. Le problĂšme est que pour faire cela il nous faudrait prĂ©ciser les indications des barriĂšres de lit, ce qui ne se peut quâĂ la condition de disposer de critĂšres diagnostiques. Nous ne les avons par, ce qui ne veut nullement dire quâils nâexistent pas. La conclusion de tout cela saute aux yeux tout le monde dans cette affaire se comporte en fonction de sa subjectivitĂ©. Les soignants ne supportent pas lâidĂ©e dâun patient qui prendrait un risque, je ne supporte pas lâidĂ©e dâun patient enfermĂ©, et lâex-ANAES publie un document qui, Ă cause peut-ĂȘtre dâune idĂ©e prĂ©conçue, ne prend pas la prĂ©caution de faire le tri dans ses statistiques. Ces trois positions, au-delĂ de leurs apparences, sont paternalistes ; dâailleurs aucune mention nây est faite du malade. Comment peut-on alors avancer ? Lâavis du malade Une premiĂšre solution est bien entendu de demander au malade ce quâil en pense. Il est mĂȘme significatif que ce ne soit pas la premiĂšre idĂ©e, tant la pose de barriĂšres est de toute Ă©vidence une mesure de contrainte envers la personne. Mais pour des europĂ©ens cette solution suppose quâon ait rĂ©solu la question du consentement libre et Ă©clairĂ© ». Car de deux choses lâune ou bien on considĂšre que, tout compte fait, il vaut mieux laisser les gens libres de dĂ©cider pour eux-mĂȘmes parce que câest ainsi quâon limite au mieux les abus du paternalisme ; ou bien on considĂšre que, tout compte fait, il vaut mieux ne pas trop accorder de crĂ©dit Ă lâopinion du malade car il se trompe trop souvent dans ses choix. Donc ou bien la parole du malade sâimpose ou bien elle ne sâimpose pas. Mais la loi du 4 mars 2002 introduit la notion de consentement libre et Ă©clairĂ© ». Dire cela câest poser un nouveau problĂšme. Car il est facile de dire ce quâest le consentement ; par contre si on veut quâil soit libre et Ă©clairĂ© » on sâoblige Ă dire qui juge de ce qui est libre et de ce qui est Ă©clairĂ©. Certes on peut se contenter de le faire par dĂ©faut un consentement est libre quand on nâa pas dâargument pour dire que le malade a subi des pressions, et il est Ă©clairĂ© quand on peut Ă©tablir que les informations lui ont Ă©tĂ© donnĂ©es. Mais on voit bien que cela ne suffit pas. Et ce nâest pas seulement parce que les fonctions intellectuelles du malade Ă qui on va poser des barriĂšres de lit sont frĂ©quemment dĂ©tĂ©riorĂ©es câest surtout parce que le savoir qui sâĂ©change dans la communication entre le soignant et le malade nâa pas rĂ©ellement de point commun. Il y a dâun cĂŽtĂ© un humain qui nâest pas en crise, qui possĂšde sur la situation un savoir en quelque sorte extĂ©rieur, et il y a de lâautre un malade en crise, qui ne dispose dâaucune libertĂ© vis-Ă -vis du message qui lui est adressĂ©, car ce message lui parle non dâun savoir mais dâune expĂ©rience quâil vit ici et maintenant. Le savoir du soignant est constituĂ© par compilation dâun grand nombre de cas, celui du malade nâa rien Ă voir avec une compilation, câest immĂ©diatement lâapplication Ă une situation unique. Comment dĂšs lors peut-on penser la libertĂ© de celui qui est en crise ? La loi du 22 avril 2005 pose la question mais ne donne pas de rĂ©ponse, et elle ne donne pas de rĂ©ponse parce quâil nây en a pas, du moins pas dans une loi. Câest ainsi, par exemple, quâelle dĂ©crit la procĂ©dure Ă appliquer lorsque le malade est hors dâĂ©tat dâexprimer sa volontĂ© » ; mais elle ne dit pas qui juge que le malade est en Ă©tat dâexprimer sa volontĂ© ; et si nous savons que dans bien des cas la rĂ©ponse est Ă©vidente, il en est dâautres oĂč câest infiniment plus difficile, et malheureusement ces cas sont les seuls oĂč nous aurions rĂ©ellement besoin des secours de la loi. On voit ici Ă lâoeuvre lâĂ©vidence dont nous parlions ci-dessus le concept mĂȘme de consentement libre et Ă©clairĂ© » est paternaliste, puisquâil sâagit de se donner les moyens de protĂ©ger le malade contre ses propres erreurs en introduisant, sous le prĂ©texte de respecter lâautonomie du malade, le filtre dâun jugement prononcĂ© par le soignant. Mais dâun autre cĂŽtĂ©, si on veut renoncer Ă ce filtre, il faut dire que par dĂ©finition lâexpression de la volontĂ© du malade est toujours la plus libre et la plus Ă©clairĂ©e possible, ce qui nâa tout simplement aucun rapport avec la rĂ©alitĂ©, et constitue une pure hypocrisie, une simple opĂ©ration de dĂ©fausse par laquelle on laisserait le malade se dĂ©brouiller avec lui-mĂȘme. Il nây a donc pas de point dâĂ©quilibre, et on demeure avec deux notions, dâailleurs essentielles Il faut ĂȘtre prudent avant de prĂ©tendre savoir mieux que le malade ce qui est bon pour lui. Mais dĂšs quâon sâĂ©carte du strict respect inconditionnel de cette volontĂ©, par exemple en introduisant lâidĂ©e quâil faudrait persuader le malade, ou que, tout de mĂȘme, on a du bon sens, alors on retombe dans le paternalisme, avouant par lĂ quâil nây a aucun moyen dây Ă©chapper, et que la question est simplement de savoir comment on le tient en lisiĂšre. Une attitude professionnelle Heureusement il existe une autre voie, qui est dâessayer de raisonner. On peut dâabord se demander quels sont les facteurs de risque. Il y a un certain nombre de malades dont la probabilitĂ© de tomber est nulle. Il y en a dâautres pour lesquels la pose de barriĂšres de lit fait courir un risque majeur dâenjambement. Inversement il y a des malades qui veulent quâon lĂšve les barriĂšres, et il nây a aucune raison de le leur refuser. On peut ensuite essayer dâĂ©valuer la situation de maniĂšre totalement pragmatique par exemple on dĂ©cidera que le malade considĂ©rĂ© comme Ă risque de chute sera installĂ© dans son lit, en position basse, avec un matelas au sol au pied de son lit. Si on ne le retrouve pas sur le matelas, câest quâil ne chute pas les barriĂšres sont inutiles ; sâil chute, alors la question des barriĂšres de lit est posĂ©e, et on les relĂšve, tout en laissant le matelas au sol. Si on ne le retrouve pas sur le matelas, câest que les barriĂšres ont rempli leur office ; sâil chute, alors câest que le malade enjambe les barriĂšres. Quelques conclusions Cet exemple nous permet de comprendre plusieurs choses. Dâabord, tous nos modĂšles de raisonnement en ce qui concerne les barriĂšres de lit sont essentiellement paternalistes. Ensuite, ce paternalisme consiste non seulement dans le fait que nous ne jugeons la situation quâĂ travers notre propre systĂšme de valeurs auquel nous confĂ©rons ainsi un statut dâabsolu, mais encore dans le fait quâĂ ce systĂšme de valeurs vient se surimprimer celui de nos irrationnalitĂ©s. Le paternalisme sâapparente alors Ă une tyrannie. Il existe une maniĂšre pragmatique, scientifique dâaborder le problĂšme des barriĂšres de lit cependant cela ne suffit pas tout Ă fait, car rien nâoblige absolument le malade Ă accepter la contrainte de la rationalitĂ©. On retrouve ici la question qui Ă©tait posĂ©e tant par lâarrĂȘt HĂ©dreul, qui prĂ©tendait imposer comme rĂ©fĂ©rence le comportement dâun agent rationnel » que par le Patient Self-DĂ©termination Act, qui prĂ©suppose que les protagonistes partagent suffisamment de valeurs pour sâaccorder sur des documents Ă©crits. Mais lâapproche scientifique est soumise aux difficultĂ©s relevĂ©es lors de notre Ă©tude sur le principe de prĂ©caution Il est illusoire de prĂ©tendre Ă©valuer tous les risques, et mĂȘme de prĂ©tendre les imaginer. Ainsi la mĂ©thode du matelas au sol ne permet dâĂ©valuer que certains risques, et sur une pĂ©riode donnĂ©e. Ce que nous appelons un risque est fortement dĂ©pendant de notre conception actuelle une fois quâon a dĂ©tectĂ© un risque il faut encore sâentendre sur ce quâest un niveau de risque acceptable » et il est rare que le malade soit en Ă©tat de nous aider sur ce point. Les responsables actuels tendent Ă confondre principe de prĂ©caution et principe du parapluie, poussĂ©s en cela notamment par des comportements aberrants des compagnies dâassurance. Il nous faut donc aborder ces questions en gardant Ă lâesprit que nous sommes sous lâinfluence de nos propres fantasmes. Ensuite il nous faut recueillir impĂ©rativement le point de vue du patient on ne parlera pas ici du point de vue, pourtant indispensable, des proches ; lâentretien avec les proches a une autre vertu, encore plus importante lâacte par lequel on rend compte aux proches de lâĂ©tat de la rĂ©flexion est un rĂ©vĂ©lateur impitoyable de ce quâon sait expliquer, de ce dont on nâest pas sĂ»r, de ce quâon nâose pas dire, parfois de ce dont on ne souhaite pas se vanter.... Enfin il ne faut pas oublier de pratiquer le mĂ©tier pour lequel nous sommes payĂ©s raisonner en scientifiques. En dernier lieu on Ă©vitera dâaccorder Ă ce raisonnement scientifique une autoritĂ© dĂ©finitive. Ă ce prix on peut espĂ©rer prendre les bonnes dĂ©cisions. LE DROIT AU RISQUE Mais alors comment peut-on envisager un droit au risque » pour la personne ĂągĂ©e ? Et comment peut-on envisager le respect de ce droit ? LâidĂ©e de protĂ©ger la personne est Ă©videmment un projet paternaliste. Câest un projet qui pose en principe que la sĂ©curitĂ© est la valeur la plus importante, et que la situation rĂ©sultant dâune mise en sĂ©curitĂ© vaut intrinsĂšquement mieux que la situation obtenue moyennant une prise de risque, et mieux, en toute hypothĂšse, que la situation rĂ©sultant dâune prise de risque qui a Ă©chouĂ© mais avec le sentiment dâavoir au moins essayĂ©. Mais que peut bien signifier la notion de risque appliquĂ©e Ă une personne ĂągĂ©e ? De quoi peut-il bien sâagir ? Et dâabord, que signifie lâidĂ©e mĂȘme de risque ? On risque quand on se trouve dans une situation dont on ne contrĂŽle pas les paramĂštres essentiels. Le risque est ainsi la caractĂ©ristique des situations nouvelles, de la dĂ©couverte, de la rencontre. Certes, sâagissant de la personne ĂągĂ©e la problĂ©matique sâinverse quelque peu ce nâest pas la situation qui est nouvelle, câest la capacitĂ© de la personne Ă y rĂ©pondre ; mais il nâen reste pas moins que le risque est le corrĂ©lat essentiel de lâadaptation on ne sâadapte quâen prenant un risque. On ne peut Ă©liminer le risque quâen dĂ©cidant dâadapter la rĂ©alitĂ© au sujet au lieu de faire lâinverse, et cela conduit nĂ©cessairement Ă une sortie du rĂ©el au moyen de la crĂ©ation dâune rĂ©alitĂ© irrĂ©elle. On a dĂ©jĂ notĂ© plus haut ce paradoxe alors que notre civilisation nous donne des moyens toujours plus performants, ce qui devrait nous rassurer sur notre capacitĂ© Ă faire face Ă lâadversitĂ©, on constate que le risque est devenu pratiquement obscĂšne. Cela conduit Ă cette Ă©trangetĂ© du discours politique dans lequel on passe une partie de son temps Ă reprocher aux citoyens de prendre des risques, par exemple en fumant, ou en mangeant, ou en skiant hors pistes, et une autre partie Ă leur reprocher de ne pas prendre de risques, par exemple en refusant la remise en cause du droit du travail. Bref le risque est devenu une notion totalement instrumentalisĂ©e, ce qui est dâautant plus facile que son Ă©valuation ne peut ĂȘtre faite Ă lâaune dâaucune rĂ©fĂ©rence stable, comme on lâa observĂ© Ă plusieurs reprises. Du coup on ne prend plus la peine de rechercher la rĂ©alitĂ© du risque. Un enjeu essentiel de la prise en charge de la dĂ©mence est la sĂ©curisation des locaux comment faire en sorte que ces malades, qui ne savent plus oĂč ils sont et qui sont pris dâirrĂ©sistibles compulsions Ă marcher, ne sâĂ©chappent pas de lâunitĂ© oĂč ils sont hĂ©bergĂ©s ? De nombreuses srtratĂ©gies ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©es Ă ce sujet, nous y reviendrons sans doute. Mais sâest-on prĂ©occupĂ© de quantifier le niveau du risque ? Sans prĂ©tendre que lâargument suffise, je dois faire Ă©tat dâune expĂ©rience de six ans dâun Ă©tablissement dans lequel les dĂ©ments ne faisaient lâobjet dâaucune autre mesure de confinement quâune surveillance aussi Ă©troite que possible de la part des soignants. Il sâest produit, mais au fond pas trĂšs souvent, que des malades sâĂ©chappent ; tous ont toujours Ă©tĂ© retrouvĂ©s sains et saufs. Cela ne signifie nullement que jâavais raison, mais cela pourrait inciter Ă se demander si le risque nâa pas Ă©tĂ© surestimĂ©, et surtout ce qui se disait dans cette surestimation. Le risque, comme partout, câest lâincontrĂŽlĂ©, lâalĂ©atoire, ce qui Ă©chappe Ă notre surveillance. La libertĂ© mĂȘme est une situation Ă risque, car la libertĂ© câest dâabord la libertĂ© de faire des erreurs on sait que la RĂ©publique idĂ©ale de Platon, gouvernĂ©e par la seule raison, est un modĂšle dâEtat totalitaire. Du coup nous sommes pris dans un discours contradictoire la personne ĂągĂ©e est Ă la fois celle qui, aprĂšs sâĂȘtre privĂ©e toute sa vie, a gagnĂ© le droit dâĂȘtre enfin libre de faire ce quâelle veut, et celle qui, aprĂšs avoir souffert toute sa vie, a gagnĂ© le droit dâĂȘtre enfin Ă lâabri des angoisses ; on ne voit pas que la libertĂ© et la sĂ©curitĂ© sont deux notions incompatibles ce nâest pas un hasard si la loi Peyrefitte du 2 fĂ©vrier 1981, lâun des textes les plus rĂ©pressifs de la Ve RĂ©publique, sâappelait sĂ©curitĂ© et libertĂ© ». Sâagissant de la personne ĂągĂ©e, la seule question qui vaille est de savoir ce quâelle est encore capable de faire. Or pour en juger nous ne disposons que dâune sĂ©rie dâĂ©lĂ©ments dâapprĂ©ciation qui sont, disons pour faire court de lâordre du scientifique, et qui doivent ĂȘtre confrontĂ©s Ă ce que la personne se sent en mesure de faire. Câest lĂ la difficultĂ© de toute dĂ©cision de soins elle se prend en confrontant deux savoirs qui sont Ă©trangers lâun Ă lâautre. Le scientifique en rĂ©sumant, bien sĂ»r a bĂąti son savoir sur la connaissance de nombreux cas, et le seul cas sur lequel il nâa pas de savoir est celui du malade ; le malade, lui, toujours en rĂ©sumant, nâa de savoir que sur son propre cas, mais celui-lĂ il est le seul Ă le connaĂźtre. Il nây a donc que deux solutions Ou bien nous dĂ©cidons que la sĂ©curitĂ© prime, et nous mettons la personne Ă lâabri de toutes les situations dont nous ne sommes pas certains quâelle va les maĂźtriser. Le prix Ă payer est nĂ©cessairement une perte dâautonomie. Ou bien nous dĂ©cidons que lâautonomie prime, et nous dĂ©cidons que la personne doit aller aux limites de ce dont elle est capable. Le prix Ă payer est nĂ©cessairement celui de lâaccident. Le droit au risque se situe ici. Dâune part il y a la question, capitale, de la libertĂ© non seulement, comme on lâa vu, la libertĂ© est dâabord la libertĂ© de faire des erreurs, mais câest aussi la libertĂ© de dĂ©cider de son propre systĂšme de valeurs, câest la libertĂ© de juger ce qui est une vĂ©ritĂ© et ce qui est une erreur on passe ici sur le fait quâen rĂ©alitĂ© il est absolument nĂ©cessaire que les humains partagent un miminum de choses dans ce domaine, faute de quoi ils ne pourront mĂȘme plus penser la libertĂ© et lâautonomie. Limiter le droit au risque, câest limiter la libertĂ©. Mais dâautre part il y a le fait que la mise en sĂ©curitĂ© de la personne suppose quâon lui Ă©vite les situations considĂ©rĂ©es comme Ă risque, ce qui revient Ă le faire travailler au-dessous de ses possibilitĂ©s rĂ©elles. Le risque de la sĂ©curitĂ© est la perte dâautonomie, comme on le voit en considĂ©rant certaines dĂ©cisions aussi frĂ©quentes quâabsurdes, comme celle qui consiste Ă attacher au fauteuil les malades qui risquent de tomber. Car quel est le risque de la chute ? Câest le traumatisme, la fracture, les complications, la grabatisation. Mais en attachant le malade on lâempĂȘche de marcher, on entraĂźne une dĂ©sadaptation, une atrophie musculaire, une perte des repĂšres sensitifs et sensoriels, une grabatisation les moyens quâon se donne pour Ă©viter le risque conduisent Ă le rĂ©aliser. Mais naturellement il y a en ce qui concerne la personne ĂągĂ©e un risque dans le risque nây a-t-il pas un risque Ă la laisser calculer son risque, alors que lâenvironnement Ă©volue si vite quâelle nâa pas les moyens de lâĂ©valuer ? On nâest pas en peine pour trouver des exemples de personne ĂągĂ©e qui sâexpose Ă des risques manifestement inconsidĂ©rĂ©s, soit pour se prouver quâelle en est encore capable soit parce quâelle nâa pas pensĂ© aux consĂ©quences de ce quâelle entreprenait. Peut-on alors dire quâelle exerce sa libertĂ©, quand elle souffre Ă lâĂ©vidence dâun trouble du jugement ? De quelle hypocrisie ne ferait-on pas preuve Ă prĂ©tendre quâune personne est libre quand, sans quâil sâagisse dâune dĂ©mence, elle ne dispose plus de tous les moyens de prendre une dĂ©cision rationnelle ? Mais dâun autre cĂŽtĂ©, cette famille qui choisit de laisser son parent dĂ©ment seul Ă domicile, et qui nous dit que le temps quâil passe dans cette situation est du temps de gagnĂ©, et quâelle assume le risque de la situation, et quâil vaut mieux le trouver mort sur son carrelage que grabataire en maison de retraite, qui dira que cette famille est dans lâerreur ? Et sâil y avait pire que la mort ? Il est Ă peine nĂ©cessaire dâajouter que la personne ĂągĂ©e qui prend des risques a toute chance de nous crĂ©er des complications le risque est aussi pour nous. Ou que, limitant les risques pour la personne ĂągĂ©e, nous procĂ©dons Ă une infantilisation qui peut recĂ©ler plus dâun rĂšglement de comptes, comme on le voit en observant ces vieux couples oĂč la femme prend sa revanche sur le mari qui lâa bafouĂ©e toute sa vie et qui, devenu impotent, tombe enfin en son pouvoir. Bref que la question de la sĂ©curitĂ© se ramĂšne bien souvent Ă celle de notre sĂ©curitĂ©. Ce nâest pas totalement illĂ©gitime. UN CAS CONCRET Appliquons ces quelques observations Ă une situation particuliĂšrement banale. Je connais une vieille dame. Elle a 93 ans, elle vit seule dans un pavillon de banlieue. Elle est en assez bonne santĂ©, pour lâessentiel elle prĂ©sente un risque de chute important du fait de son Ă©tat rhumatologique ; ce risque est majorĂ© par une prise dâanticoagulants motivĂ©e par une embolie pulmonaire ; elle nâa pas de dĂ©ficit intellectuel majeur ; elle a des appareils auditifs mais elle ne veut pas user les piles ; elle a une tĂ©lĂ©alarme mais elle ne veut pas la garder sur elle. La maison est inamĂ©nageable, et si le plus souvent elle se confine au rez-de-chaussĂ©e il lui arrive malgrĂ© tout de descendre Ă la cave, par un escalier Ă©troit et raide Ă lâĂ©clairage dĂ©fectueux, et dans lequel elle est dĂ©jĂ tombĂ©e. Que convient-il de faire ? En ma qualitĂ© de technicien de ces situations, jâai eu lâoccasion dâen discuter au cours dâune rĂ©union de la famille. Bien entendu cette discussion a eu lieu en prĂ©alable Ă toute dĂ©marche vis-Ă -vis de lâintĂ©ressĂ©e ; la question Ă©tait donc de savoir si on allait lui en parler, et de quoi. Jâai dit quâil convenait de commencer Ă rĂ©flĂ©chir Ă ce qui risquait de se passer. Jâai rappelĂ© quâen effet les pires situations Ă©taient celles qui nâavaient pas Ă©tĂ© anticipĂ©es, et que sans pour autant se prĂ©cipiter sur des dĂ©cisions alors quâaucune nâĂ©tait actuellement Ă lâordre du jour, le moment Ă©tait venu de prĂ©voir une organisation Prendre des informations sur les maisons de retraite. RĂ©flĂ©chir Ă la maniĂšre dont elles pourraient ĂȘtre financĂ©es. DĂ©cider qui ferait quoi dans lâhypothĂšse dâune hospitalisation, ou dâune aggravation de la dĂ©pendance. RĂ©flĂ©chir Ă un systĂšme de tĂ©lĂ©surveillance, en installant deux ou trois webcams et une connexion Internet. Les rĂ©actions ont Ă©tĂ© trĂšs violentes La vieille dame ne va pas si mal que cela. Il nâest pas question de violer son intimitĂ©. Si elle veut prendre des risques, câest son droit et il faut le respecter. Et de toute maniĂšre on assumera le moment venu. Comment analyser cette sĂ©quence, dont la banalitĂ© est le trait essentiel ? Car la rĂ©action de cette famille est conforme au stĂ©rĂ©otype. On y trouve dâabord le dĂ©ni de la situation, qui peut sâexpliquer de multiples maniĂšres, lĂ nâest pas notre propos. Toujours est-il que le risque de chute, pourtant majeur et majorĂ© par le traitement anticoagulant, est totalement dĂ©niĂ©, que la dĂ©tĂ©rioration intellectuelle, qui est aussi Ă©vidente que modĂ©rĂ©e, est passĂ©e par profits est pertes. On y trouve ensuite une difficultĂ© Ă examiner la lourdeur de lâengagement quâelle prend quand elle se dit prĂȘte Ă assumer les consĂ©quences de ses choix. Et si je lui accorde un crĂ©dit complet quand elle affirme quâelle assumera le moment venu, je suis bien contraint dâadmettre que les quatre phrases par lesquelles elle exprime sa position sont celles que le gĂ©riatre entend le plus rĂ©guliĂšrement quand il se risque Ă proposer un plan dâaide, et que le rejet de ce plan est tout aussi rĂ©guliĂšrement, au bout de quatre mois, suivi dâune rĂ©hospitalisation en urgence dans des conditions apocalyptiques et dâun envoi en catastrophe dans nâimporte quel mouroir. Et ce nâest pas parce que mon inquiĂ©tude est jusquâici dĂ©mentie par les faits que le raisonnement perd sa lĂ©gitimitĂ©. La rĂ©affirmation dâun droit au risque est certainement bienvenue. Mais lĂ encore il faut ĂȘtre prudent. Car de quoi sâagit-il en rĂ©alitĂ© ? Il est probable que mes interlocuteurs ont simplement en vue le refus prĂ©visible de la vieille dame, qui Ă nos propositions aurait toute chance dâopposer un Laissez-moi tranquille, je nâai besoin de rien ». On pourrait alors se rassurer en invoquant, en bon zĂ©lateurs du principe dâautonomie, sa dĂ©cision souveraine et opposable dĂšs lors quâelle a Ă©tĂ© informĂ©e. On mĂ©connaĂźtrait ainsi une difficultĂ© de taille la vieille dame nâa aucune idĂ©e de ce quâest une webcam, et elle ne peut se faire aucune reprĂ©sentation de ce que pourrait ĂȘtre une tĂ©lĂ©surveillance ; dâailleurs lâhostilitĂ© si frĂ©quente des personnes ĂągĂ©es Ă la tĂ©lĂ©alarme provient avant toute chose du fait quâelles sont incapables de concevoir le fonctionnement du systĂšme. Dans ces conditions, prĂ©tendre quâon a respectĂ© lâautonomie de la personne alors quâon a tout simplement utilisĂ© le fait quâelle nâa pas compris de quoi on lui parle ne semble pas, au regard de lâĂ©thique, dâune grande soliditĂ©. Mais le plus intĂ©ressant est sans doute sa position par rapport Ă la tĂ©lĂ©surveillance car on voit bien que cette position est sous-tendue par le fantasme orwellien dâune vieille dame espionnĂ©e, traquĂ©e dans ses toilettes ou sous sa douche. Or ce fantasme ne tient aucun compte de la rĂ©alitĂ© dâabord le projet nâest pas de truffer de camĂ©ras la maison dâune vieille dame mais de se donner les moyens de vĂ©rifier deux ou trois fois par jour, en installant une ou deux webcams aux endroits quâelle frĂ©quente le plus souvent quâelle nâest pas en danger ; ensuite il nây a guĂšre lieu de prendre en compte un risque dâabus, sachant que les utilisateurs Ă©ventuels du dispositif seraient exclusivement des membres de la trĂšs proche famille ; quant Ă la place dâun Ă©ventuel voyeurisme, elle semble restreinte pour plus dâune raison. On voit bien que la fonction du fantasme est de transformer la question posĂ©e en une question de principe, ce qui Ă©vite, prĂ©cisĂ©ment, dâexaminer la question posĂ©e. Lâattachement au principe est lâalibi dâune pusillanimitĂ© intellectuelle. On voit tout aussi facilement de quoi le fantasme est nourri ce qui prĂ©domine, comme dans lâexemple des barriĂšres de lit, câest la projection câest lâidĂ©e que les enfants se font de lâidĂ©e que la vieille dame pourrait avoir ; ce faisant on oublie rĂ©guliĂšrement que les situations sont diffĂ©rentes aucun adulte jeune ne sâimagine incontinent, ou dĂ©ment, et il peut encore moins imaginer les renoncements auxquels il devrait alors consentir. Ce refus a priori dâexaminer le principe de la tĂ©lĂ©surveillance apparaĂźt donc pour ce quâil est une position absurde. Il me reste Ă ajouter que cette position a Ă©tĂ© la mienne pendant plusieurs annĂ©es. Cela pourtant ne clĂŽture pas le dĂ©bat. Car les positions de principe ne sont pas pour autant nĂ©gligeables, et lâon peut parfaitement concevoir quâon refuse la notion mĂȘme de tĂ©lĂ©surveillance au nom dâun nĂ©cessaire respect absolu de lâintimitĂ© des personnes. Ce nâest pas le lieu ici dâexaminer si une telle position de principe est lĂ©gitime sâagissant de la tĂ©lĂ©surveillance. Par contre on ne peut manquer de relever une contradiction car si on dĂ©cide que la tĂ©lĂ©surveillance est interdite a priori, alors on dit du mĂȘme coup quâil sâagit dâune mauvaise chose en soi ; et si on dit quâil sâagit dâune mauvaise chose en soi, on admet du mĂȘme coup quâil existe des choses qui sont mal en soi ; il y a donc un mal absolu, le bien et le mal sont dĂ©finis par une norme extĂ©rieure Ă lâindividu qui utlise les choses ; mais si câest le cas, alors il nây a plus aucun moyen de fonder une dĂ©marche autonomiste le bien de la personne existe en soi, il y a de gens dont le mĂ©tier est de dire en quoi ce bien consiste, et la seule attitude raisonnable est le paternalisme. Une remarque supplĂ©mentaire sâimpose, qui concerne le rapport que nous entretenons avec la technologie ; câest une banalitĂ© que dâobserver combien, dans le monde soignant, le recours Ă la technique dispense dâagir, et plus encore de rĂ©flĂ©chir on ne compte plus les appareils achetĂ©s Ă la lĂ©gĂšre alors quâun peu de rĂ©flexion, ou une rĂ©organisation, aurait aisĂ©ment prouvĂ© que ces achats nâĂ©taient pas nĂ©cessaires. Câest le cas ici lâidĂ©e dâune tĂ©lĂ©surveillance est probablement bonne ; mais cette certitude sâeffrite quelque peu quand on essaie de rĂ©flĂ©chir au problĂšme posĂ©. Nous Ă©tudions le cas dâune vieille dame qui vit seule chez elle. Il y a des risques inhĂ©rents Ă la situation, et certains de ces risques, par exemple celui dâun trouble du rythme brutal, ne peuvent ĂȘtre Ă©liminĂ©s par aucun moyen adaptĂ© personne ne songe Ă Ă©quiper la dame dâun monitorage cardiaque miniaturisĂ©. Ce que nous cherchons Ă Ă©liminer, câest le risque dâun sĂ©jour prolongĂ© au sol aprĂšs une chute, ou dâune pathologie brutale nĂ©cessitant une intervention en semi-urgence. LâidĂ©e est donc de pouvoir vĂ©rifier rapidement lâĂ©tat global de la personne, par un simple coup dâoeil Ă lâĂ©cran. Et parvenus Ă ce point on sâaperçoit quâon parviendrait au mĂȘme rĂ©sultat avec un instrument moins sophistiquĂ© nommĂ© tĂ©lĂ©phone. Certes cela implique que si la vieille dame ne rĂ©pond pas au tĂ©lĂ©phone il faudrait aller sur place, mais les intervenants potentiels habitent tous Ă moins de dix kilomĂštres. Rappelons que lâidĂ©e dâune surveillance par webcams Ă©tait mon idĂ©e, que je nâai pas pensĂ© une seconde Ă organiser une veille tĂ©lĂ©phonique et mes interlocuteurs non plus. Dâailleurs cette veille nâa pas Ă©tĂ© mise en place. Il peut arriver que le recours Ă la technologie serve surtout Ă Ă©luder la nĂ©cessitĂ© dâune relation. Mais Ă ce jour la vieille dame va trĂšs bien.
Lapersonne ĂągĂ©e nâen a plus assez pour envisager et trop dans son quotidien. Lâentrain sâĂ©moussant, elle vit Ă prĂ©sent ce temps Ă un rythme ralenti : elle en est devenue la mĂ©moire [21] [21] « Le passĂ© nâest rien sans lâacte prĂ©sent du souvenir » ; dans qui est Ă scruter dans la proximitĂ© de la rencontre.Que faire lorsque lâaccident tant redoutĂ© se produit ? Appliquer scrupuleusement un modus operandi formalisĂ© et prĂ©cis sans omettre de remplir les documents correspondants. Explications. Cela paraĂźt Ă©vident mais en cas de chute, il est impĂ©ratif de respecter une procĂ©dure Ă©crite que tous les soignants doivent connaĂźtre », rappelle, en prĂ©ambule, le Dr Priscilla Clot-Faybesse Malfuson, mĂ©decin coordonnateur au sein du groupe Korian. De mĂȘme, tous les intervenants potentiels service des urgences, pompiers, mĂ©decin dâastreinte doivent-ils ĂȘtre identifiĂ©s et leurs coordonnĂ©es immĂ©diatement â Les protocolesa Le bilan normalisĂ©Dans le cadre de la prise en charge dâune personne qui vient de chuter, on doit procĂ©der Ă un bilan normalisĂ©. Ce protocole consiste Ă effectuer plusieurs actes par lâinfirmiĂšre â Mesurer les constantes frĂ©quence cardiaque, pression artĂ©rielle etc..â Relever le patient en cas dâabsence de dĂ©ficit neurologique, de traumatisme crĂąnien avec perte de connaissance et de trauma cervical.â Lui faire faire quelques pas pour rechercher une Ă©ventuelle impotence fonctionnelle ou des douleurs. Si celles-ci sont avĂ©rĂ©es, le rĂ©sident passera une radio afin de rĂ©aliser un bilan lĂ©sionnel.â En cas de temps passĂ© au sol supĂ©rieur Ă deux heures, ils convient de prĂ©voir un bilan biologique.â Faire faire un Ă©lectrocardiogramme pour vĂ©rifier que le rĂ©sident nâest pas sujet Ă de lâarythmie cardiaque, en particulier Ă une fibrillation auriculaire paroxystique.â VĂ©rifier le contenu des prescriptions auxquelles est soumis le rĂ©sident rechercher dâAVK, dâantidĂ©presseurs etc. + introduction rĂ©cente de nouveaux mĂ©dicaments pour identifier dâĂ©ventuels effets la gravitĂ© du premier diagnostic, lâinfirmiĂšre prend contact avec le mĂ©decin coordonnateur ou le mĂ©decin traitant, voire, au pire, avec les pompiers pour transfĂ©rer le rĂ©sident Ă lâhĂŽpital. Les aides-soignantes de nuit, qui ont vocation Ă remplacer lâinfirmiĂšre en cas dâabsence de cette derniĂšre, doivent ĂȘtre spĂ©cifiquement formĂ©es Ă cette procĂ©dure et donc ĂȘtre en mesure dâĂ©valuer lâĂ©tat clinique du rĂ©sident et de procĂ©der aux soins dâurgence. Et ce, mĂȘme si elles sont rĂ©guliĂšrement sensibilisĂ©es Ă la question. Câest en gĂ©nĂ©ral Ă lâinfirmiĂšre coordinatrice de sâassurer que les aides-soignantes concernĂ©es possĂšdent les compĂ©tences requises et, Ă dĂ©faut, de faire en sorte quâelles suivent les formations, en interne ou en externe, sur la conduite Ă tenir en cas de Rechercher les signes de gravitĂ© et lesfacteurs de risqueOutre ces premiers gestes, il importe de pousser plus loin les investigations et, conformĂ©ment Ă la directive de la Haute autoritĂ© de santĂ© HAS publiĂ©e en 2009 et intitulĂ©e Ăvaluation et prise en charge des personnes ĂągĂ©es faisant des chutes rĂ©pĂ©tĂ©es », de rechercher les signes de gravitĂ© ». En lâoccurrence, ceux ayant trait â Aux consĂ©quences de la chute traumatismes physiques modĂ©rĂ©s Ă sĂ©vĂšres ; impossibilitĂ© de se relever du sol et ses consĂ©quences ; syndrome post-chute.â Aux pathologies responsables de la chute signes de maladie aigĂŒe responsable de la chute.â Au caractĂšre rĂ©pĂ©titif de la chute signe de gravitĂ© particuliĂšrement en cas dâaugmentation rĂ©cente de la frĂ©quence des chutes, dâassociation de plus de trois facteurs de risque de chute, de trouble de lâĂ©quilibre ou de la marche.Par ailleurs, il convient de â ReconnaĂźtre les trois principales situations Ă risque de chute grave ostĂ©oporose avĂ©rĂ©e, prise de mĂ©dicaments anticoagulants, isolement social et familial.â Réévaluer la personne dans un dĂ©lai dâune semaine afin de rechercher les signes de gravitĂ© apparus Ă distance peur de chuter, restriction des activitĂ©s de la vie quotidienne, syndrome post-chute.Plus largement, la survenance de chutes, a fortiori si elles sont rĂ©pĂ©tĂ©es, requiert de procĂ©der Ă une recherche des facteurs de risque polymĂ©dication, arthrose des membres infĂ©rieurs, baisse de lâacuitĂ© visuelle, dĂ©clin cognitif etc. identique Ă celle qui avait lieu lors de lâadmission du rĂ©sident. Et ce, afin de diagnostiquer si certains se sont amplifiĂ©s et/ou si dâautres sont apparus. Avec, Ă la clef, la mise en place dâinterventions et dâactions destinĂ©es Ă prĂ©venir la rĂ©cidive des chutes et leurs complications cf. Ehpad Mag n°26. 2 â La chute appelle la chuteUne fois les sĂ©quelles immĂ©diates de la chute diagnostiquĂ©es et, dans la majoritĂ© des cas, rĂ©sorbĂ©es, une autre menace, souvent au moins aussi grave pĂšse sur le quotidien des rĂ©sidents le syndrome post-chute, câest-Ă -dire la crainte de rechuter de nouveau qui gĂ©nĂšre, chez la personne ĂągĂ©e, de lâapprĂ©hension, un repli sur soi et un renoncement Ă effectuer certains actes de la vie courante, en particulier se dĂ©placer, de peur de retomber. Une spirale infernale dans la mesure oĂč cette apathie fragilise davantage lâorganisme et amplifie lâaltĂ©ration de la masse musculaire et donc les distingue deux modalitĂ©s du syndrome post-chute, toutes deux engendrĂ©es par la crainte et lâinhibition du sujet â la boucle courte marquĂ©e par une dĂ©sadaptation aigĂŒe, câest-Ă -dire une sidĂ©ration des automatismes gĂ©nĂ©rant des troubles de lâĂ©quilibre et de la poste et donc des chutes ;â la boucle dite longue caractĂ©risĂ©e par une dĂ©sadaptation chronique, la restriction des activitĂ©s entraĂźnant une dĂ©sadaptation progressive, un oubli des automatismes et donc, lĂ encore, de nouvelles â Les protocolesOutre lâobligation dâinformer systĂ©matiquement la famille, chaque chute doit ĂȘtre lâobjet dâune dĂ©claration sous forme de fiche. Ce document est inclus dans le dossier du rĂ©sident et destinĂ© Ă faciliter sa prise en charge et son suivi. Il comporte plusieurs items dont certains Ă choix multiples qui en rĂ©sument les circonstances et les suites â IdentitĂ© de la personne ayant chutĂ©.â Chute date, heure, lieu chambre, couloir, escalier⊠; action rĂ©alisĂ©e au moment de la chute bousculade, habillage-dĂ©shabillage, transfert aux toilettes⊠; description de la chute ; temps passĂ© au sol ; identitĂ© de la personne qui a prĂ©venu de la chute ; personne choquĂ©e ou pas par la chute ; contexte de la chute Ă jeun, absence de contention, lunettes non portĂ©es⊠;â ConsĂ©quences douleurs, hĂ©matomes, plaies, fracturesâŠ.â Traitement prise en charge post-chute, stimulation psychomotriceâŠ.Par ailleurs, tout transfert dâun rĂ©sident Ă lâhĂŽpital sâaccompagne dâun dossier de liaison dâurgence qui comporte aussi bien des donnĂ©es administratives que les antĂ©cĂ©dents mĂ©dicaux du rĂ©sident ainsi que le premier diagnostic effectuĂ© aprĂšs la chute. En revanche, ce dossier ne contient pas la dĂ©claration de chute, laquelle est plus exhaustive et donc remplie ultĂ©rieurement. Alexandre TerriniFaire au plus viteEntre la prĂ©vention des chutes et leur gestion il y a⊠leur dĂ©tection. Laquelle doit, dans lâidĂ©al, avoir lieu en temps rĂ©el afin de pouvoir intervenir dans les plus brefs dĂ©lais et juguler les consĂ©quences parfois graves dâune chute. En la matiĂšre, la technologie sâavĂšre prĂ©cieuse Ă lâimage du biocapteur VigiâFall dĂ©veloppĂ© par la sociĂ©tĂ© Vigilio. Ce type de dispositif se dĂ©clenche automatiquement en cas dâincident sans que son dĂ©tenteur ait besoin de lâactiver. Il ne se contente pas dâavertir de la chute et possĂšde offre dâautres fonctions accĂ©lĂ©romĂštre, mesure de la frĂ©quence cardiaque etc. LâĂ©volution technologique aidant, ce genre de procĂ©dĂ© arrive de mieux en mieux Ă distinguer les vĂ©ritables chutes des faux mouvements et Ă©vite ainsi le dĂ©clenchement dâalertes indicateurs rĂ©vĂ©lateursTrois chiffres permettent de situer lâĂ©tablissement en matiĂšre de chutes. Il sâagit du â nombre de suivis individuels des chutes mis en place ou pas au sein de lâEhpad ;â taux de chutes par rĂ©sident, câest-Ă -dire le rapport entre le nombre de rĂ©sidents ayant chutĂ© au moins une fois au cours des douze mois prĂ©cĂ©dents et le nombre total de rĂ©sidents ;â taux de chutes ayant entraĂźnĂ© une hospitalisation, câest-Ă -dire le rapport entre le nombre de chutes ayant entraĂźnĂ© une hospitalisation complĂšte de plus de vingt-quatre heures et le nombre de chutes.
commentse relever encore Anonymous1748294, le 14/08/2013. Bonjour, j ai maintenant 41 ans j ai vecu un divorce qui m'a completement mis à terre en 2007, apres cela j ai eu beaucoup deboires financiers et professionnels ( qui m'avait obligé a retourner chez mes parents en 2010) et toujours une constante je n'arrivais plus a tomber amoureux malgré de tres
Une nuit de janvier 2015, deux Ă©tudiants en master Ă lĂąâŹâąuniversitĂ© de Stanford traversaient le campus en vĂ©lo quand ils ont vu un premiĂšre annĂ©e en train de s'en prendre Ă une femme inconsciente et Ă demi-nue derriĂšre une benne Ă mars 2016, un jury californien a jugĂ© lĂąâŹâąancien Ă©lĂšve de 20 ans, Brock Allen Turner, coupable dĂąâŹâąagression sexuelle. Brock Allen Turner encourait jusquĂąâŹâąĂ 14 ans dans une prison dĂąâŹâąĂâ°tat. Jeudi, il a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă six mois avec sursis dans la prison du comtĂ©. Le juge a dit quĂąâŹâąil craignait quĂąâŹâąune plus longue condamnation ait Ăun impact sĂ©vĂšreĂ» sur Turner, une star de l'Ă©quipe de natation qui aspirait Ă faire les Jeux olympiques, ce qui a Ă©tĂ© rĂ©pĂ©tĂ© Ă plusieurs reprises pendant le procĂš la victime de Turner sĂąâŹâąest adressĂ©e Ă lui directement, dĂ©taillant lĂąâŹâąimpact sĂ©vĂšre que ses actions ont eu sur elle ĂąâŹâdepuis la nuit oĂÂč elle a appris quĂąâŹâąelle avait Ă©tĂ© agressĂ©e par un inconnu alors quĂąâŹâąelle Ă©tait inconsciente, jusquĂąâŹâąau procĂšs extĂ©nuant pendant lequel les avocats de Turner ont arguĂ© quĂąâŹâąelle avait Ă©tĂ© tout Ă fait jeune femme, qui a aujourdĂąâŹâąhui 23 ans, a dit Ă BuzzFeed News quĂąâŹâąelle Ă©tait déçue par la condamnation ĂlĂ©gĂšreĂ» et Ă©nervĂ©e que Turner continue de nier lĂąâŹâąavoir agressĂ©e si la condamnation est lĂ©gĂšre, jĂąâŹâąespĂšre que ça va rĂ©veiller les gensĂ», a-t-elle dit. ĂJe veux que le juge sache quĂąâŹâąil a allumĂ© un petit feu. QuĂąâŹâąil nous a donnĂ© une raison pour que nous parlions toutes encore plus a fourni sa dĂ©claration lue au tribunal Ă BuzzFeed News, nous la reproduisons dans son intĂ©gralitĂ©. Votre honneur, si je peux me permettre, pour la plus grande partie de cette dĂ©claration jĂąâŹâąaimerais mĂąâŹâąadresser directement Ă lĂąâŹâąaccusĂ©.Tu ne me connais pas, mais tu as Ă©tĂ© Ă lĂąâŹâąintĂ©rieur de moi, et cĂąâŹâąest pour ça que nous sommes ici aujourdĂąâŹâą 17 janvier 2015, je passais un samedi soir tranquille Ă la maison. Mon pĂšre a fait Ă manger et je me suis attablĂ©e avec ma petite sĂ âur qui Ă©tait de passage pour le week-end. JĂąâŹâąavais un boulot Ă temps plein et on sĂąâŹâąapprochait de mon heure de coucher. Je comptais rester chez moi, regarder la tĂ©lĂ© et lire, pendant quĂąâŹâąelle allait Ă une fĂÂȘte avec ses potes. Et puis jĂąâŹâąai dĂ©cidĂ© que cĂąâŹâąĂ©tait ma seule soirĂ©e avec elle, je nĂąâŹâąavais rien de mieux Ă faire, alors pourquoi pas se bouger et aller Ă une fĂÂȘte Ă dix minutes de chez moi? JĂąâŹâąirais, je danserais comme une idiote et je foutrais la honte Ă ma petite sĂ âur. En chemin, jĂąâŹâąai blaguĂ© en disant que les mecs en licence auraient des bagues, ma sĂ âur mĂąâŹâąa dit que jĂąâŹâąavais mis un cardigan beige de bibliothĂ©caire pour aller Ă une fĂÂȘte. JĂąâŹâąai dit que je serais Ăla mamanĂ» parce que je savais que jĂąâŹâąallais ĂÂȘtre la plus ĂÂągĂ©e Ă cette fĂÂȘte. JĂąâŹâąai fait des grimaces, je me suis dĂ©tendue, et jĂąâŹâąai bu trop vite sans prendre en compte que ma tolĂ©rance Ă lĂąâŹâąalcool sĂąâŹâąĂ©tait rĂ©duite de maniĂšre significative depuis la premiĂšre chose dont je me souviens ensuite, cĂąâŹâąest dĂąâŹâąĂÂȘtre sur un brancard dans un couloir. JĂąâŹâąavais du sang sĂ©chĂ© et des pansements sur le dos de mes mains et mon Ă©paule. JĂąâŹâąai pensĂ© que jĂąâŹâąĂ©tais peut-ĂÂȘtre tombĂ©e, que jĂąâŹâąĂ©tais dans un bureau sur le campus. JĂąâŹâąĂ©tais trĂšs calme, et je me demandais oĂÂč Ă©tait ma sĂ âur. Un policier mĂąâŹâąa expliquĂ© que jĂąâŹâąavais Ă©tĂ© agressĂ©e. Je suis restĂ©e calme, pensant quĂąâŹâąil parlait Ă quelquĂąâŹâąun dĂąâŹâąautre. Je ne connaissais personne Ă cette fĂÂȘte. Quand on mĂąâŹâąa enfin autorisĂ©e Ă utiliser les toilettes, jĂąâŹâąai baissĂ© mon pantalon dĂąâŹâąhĂÂŽpital, voulu baisser ma culotte, et nĂąâŹâąai rien trouvĂ©. Je me rappelle encore la sensation de mes mains touchant ma peau et nĂąâŹâąattrapant rien. JĂąâŹâąai regardĂ©, et il nĂąâŹâąy avait rien. Le fin morceau de tissu, la seule chose entre mon vagin et le reste du monde avait disparu, et tout en moi sĂąâŹâąest tu. Je nĂąâŹâąai toujours pas de mots pour dĂ©crire cette sensation. Pour continuer Ă respirer, jĂąâŹâąai pensĂ© que les policiers avaient peut-ĂÂȘtre coupĂ© mes sous-vĂÂȘtements pour sĂąâŹâąen servir comme preuves. ĂTu ne me connais pas, mais tu as Ă©tĂ© Ă lĂąâŹâąintĂ©rieur de moi, et cĂąâŹâąest pour ça que nous sommes ici aujourdĂąâŹâą Ensuite, jĂąâŹâąai senti des aiguilles de pin qui me grattaient la nuque et jĂąâŹâąai commencĂ© Ă les retirer de mes cheveux. JĂąâŹâąai pensĂ© que les aiguilles Ă©taient peut-ĂÂȘtre tombĂ©es dĂąâŹâąun arbre sur ma tĂÂȘte. Mon cerveau essayait de convaincre mon corps de ne pas sĂąâŹâąĂ©crouler. Parce que mon corps disait, aidez-moi, trainĂ© mes pieds dĂąâŹâąune piĂšce Ă lĂąâŹâąautre avec une couverture autour de moi, laissant un sillon dĂąâŹâąaiguilles de pin sur mon passage, jĂąâŹâąen laissais un petit tas dans chaque piĂšce. On mĂąâŹâąa demandĂ© de signer des papiers qui disaient Ăvictime de violĂ», et je me suis dit quĂąâŹâąil sĂąâŹâąĂ©tait vraiment passĂ© quelque chose. On mĂąâŹâąa confisquĂ© mes vĂÂȘtements et je suis restĂ©e debout nue pendant que les infirmiĂšres mesuraient avec une rĂšgle toutes sortes dĂąâŹâąĂ©corchures sur mon corps et les photographiaient. Toutes les trois, nous avons tachĂ© dĂąâŹâąenlever les aiguilles de pin de mes cheveux, six mains pour remplir un sac en papier. Pour me calmer, elles disaient cĂąâŹâąest juste la flore et la faune, la flore et la faune. On mĂąâŹâąa insĂ©rĂ© plusieurs coton-tiges dans le vagin et lĂąâŹâąanus, des aiguilles pour des vaccins, des mĂ©dicaments, on mĂąâŹâąa pointĂ© un Nikon en plein entre mes jambes Ă©cartĂ©es. On a mis de longs becs pointus Ă lĂąâŹâąintĂ©rieur de moi et Ă©talĂ© de la peinture bleue et froide dans mon vagin pour voir sĂąâŹâąil y avait des Ă© quelques heures, on mĂąâŹâąa laissĂ©e me doucher. Je suis restĂ©e lĂ , Ă examiner mon corps sous le flot dĂąâŹâąeau et jĂąâŹâąai dĂ©cidĂ© que je ne voulais plus de mon corps. JĂąâŹâąen Ă©tais terrifiĂ©e, je ne savais pas ce quĂąâŹâąil y avait eu dans mon corps, sĂąâŹâąil avait Ă©tĂ© contaminĂ©, qui lĂąâŹâąavait touchĂ©. Je voulais enlever mon corps comme on enlĂšve une veste et le laisser Ă lĂąâŹâąhĂÂŽpital avec tout le matin-lĂ , tout ce quĂąâŹâąon mĂąâŹâąa dit cĂąâŹâąest que jĂąâŹâąavais Ă©tĂ© trouvĂ©e derriĂšre une benne, potentiellement pĂ©nĂ©trĂ©e par un inconnu, et que je devrais me faire dĂ©pister Ă nouveau pour le VIH parce que les rĂ©sultats mettent parfois un peu de temps Ă se voir. Mais que pour lĂąâŹâąinstant, je devrais rentrer chez moi et revenir Ă ma vie normale. Imagine ce que ça fait de revenir dans le monde avec cette seule information. On mĂąâŹâąa fait des cĂÂąlins, et je suis sortie de lĂąâŹâąhĂÂŽpital, je suis allĂ©e dans le parking avec le nouveau sweat et le jogging quĂąâŹâąils mĂąâŹâąavaient donnĂ©s, parce quĂąâŹâąils mĂąâŹâąavaient seulement autorisĂ©e Ă garder mon collier et mes sĂ âur est venue me chercher, le visage mouillĂ© de larmes et dĂ©formĂ© par lĂąâŹâąangoisse. Instinctivement et immĂ©diatement, je voulais lui enlever sa douleur. Je lui ai souri, je lui ai dit ĂRegarde-moi, je suis lĂ , ça va, tout va bien, je suis lĂ .Ă» Mes cheveux sont lavĂ©s et tout propres, ils mĂąâŹâąont donnĂ© un shampoing trop bizarre, calme-toi et regarde-moi. Regarde ce jogging et ce sweat marrants, je ressemble Ă une prof dĂąâŹâąEPS, rentrons, allons manger quelque chose. Elle ne savait pas que sous mon jogging, jĂąâŹâąavais des Ă©raflures et des pansements sur ma peau, que mon vagin Ă©tait douloureux et qu'il Ă©tait dĂąâŹâąune couleur sombre et Ă©trange aprĂšs tous ces examens, que mes sous-vĂÂȘtements avaient disparu et que je me sentais trop vide pour continuer Ă parler. Que jĂąâŹâąavais aussi peur, que moi aussi jĂąâŹâąĂ©tais dĂ©vastĂ©e. Ce jour-lĂ , on est rentrĂ©es et pendant des heures, en silence, ma petite sĂ âur mĂąâŹâąa prise dans ses petit ami ne savait pas ce qui sĂąâŹâąĂ©tait passĂ©, mais il mĂąâŹâąa appelĂ©e ce jour-lĂ et mĂąâŹâąa dit ĂJe me suis vraiment inquiĂ©tĂ© pour toi cette nuit, tu mĂąâŹâąas fait peur, tu es bien rentrĂ©e?Ă» JĂąâŹâąĂ©tais horrifiĂ©e. CĂąâŹâąest Ă ce moment-lĂ que jĂąâŹâąai appris que je lĂąâŹâąavais appelĂ© cette nuit pendant mon black-out, que je lui avais laissĂ© un message vocal incomprĂ©hensible, quĂąâŹâąon sĂąâŹâąĂ©tait parlĂ© au tĂ©lĂ©phone mais que je parlais dĂąâŹâąune façon si incomprĂ©hensible quĂąâŹâąil avait eu peur pour moi, quĂąâŹâąil mĂąâŹâąavait dit plusieurs fois dĂąâŹâąaller retrouver [ma sĂ âur]. Ă⏠nouveau, il mĂąâŹâąa demandĂ© ĂQuĂąâŹâąest-ce qui sĂąâŹâąest passĂ© hier soir? Est-ce que tu es bien rentrĂ©e?Ă», jĂąâŹâąai dit oui, et jĂąâŹâąai raccrochĂ© pour nĂąâŹâąĂ©tais pas prĂÂȘte Ă dire Ă mon petit ami ou Ă mes parents quĂąâŹâąen fait, jĂąâŹâąavais peut-ĂÂȘtre Ă©tĂ© violĂ©e derriĂšre une benne, mais je ne sais pas par qui ou quand ou comment. Si je leur disais, je verrais la peur sur leur visage, et ma propre peur se multiplierait par dix, donc Ă la place jĂąâŹâąai fait comme si tout ça nĂąâŹâąĂ©tait pas essayĂ© de faire sortir tout ça de mon esprit mais cĂąâŹâąĂ©tait si lourd que je ne parlais pas, je ne mangeais pas, je ne dormais pas, je nĂąâŹâąinteragissais avec personne. AprĂšs le travail, jĂąâŹâąallais en voiture dans un endroit isolĂ© pour hurler. Je ne parlais pas, je ne mangeais pas, je ne dormais pas, je nĂąâŹâąinteragissais avec personne, et je mĂąâŹâąisolais des personnes que jĂąâŹâąaimais le plus. Pendant plus dĂąâŹâąune semaine aprĂšs lĂąâŹâąincident, je nĂąâŹâąai pas eu dĂąâŹâąappels ou de nouvelles informations sur ce qui mĂąâŹâąĂ©tait arrivĂ©. Le seul symbole prouvant que ce nĂąâŹâąĂ©tait pas juste un cauchemar Ă©tait le sweat-shirt de lĂąâŹâąhĂÂŽpital, dĂ©sormais dans mes tiroirs. ĂJĂąâŹâąai appris ce qui mĂąâŹâąĂ©tait arrivĂ© au mĂÂȘme moment que le reste du monde a appris ce qui mĂąâŹâąĂ©tait arrivĂ©.Ă» Un jour, au travail, je parcourais lĂąâŹâąactu sur mon tĂ©lĂ©phone, et je suis tombĂ©e sur un article. Je lĂąâŹâąai lu et jĂąâŹâąai appris pour la premiĂšre fois que jĂąâŹâąavais Ă©tĂ© trouvĂ©e Ă©vanouie, les cheveux emmĂÂȘlĂ©s, long collier enroulĂ© autour du cou, soutien-gorge sorti de ma robe, robe poussĂ©e au-dessus de mes Ă©paules et de ma taille, que jĂąâŹâąĂ©tais nue jusquĂąâŹâąĂ mes bottes, les jambes Ă©cartĂ©es, et que jĂąâŹâąavais Ă©tĂ© pĂ©nĂ©trĂ©e par un objet Ă©tranger, par quelquĂąâŹâąun que je nĂąâŹâąavais pas reconnu. CĂąâŹâąest comme ça que jĂąâŹâąai appris ce qui mĂąâŹâąĂ©tait arrivĂ©, assise Ă mon bureau devant un article. JĂąâŹâąai appris ce qui mĂąâŹâąĂ©tait arrivĂ© au mĂÂȘme moment que le reste du monde a appris ce qui mĂąâŹâąĂ©tait arrivĂ©. CĂąâŹâąest lĂ que jĂąâŹâąai compris pourquoi jĂąâŹâąavais eu des aiguilles de pin dans les cheveux, elles nĂąâŹâąĂ©taient pas tombĂ©es dĂąâŹâąun arbre. Il avait enlevĂ© mes sous-vĂÂȘtements, ses doigts avaient Ă©tĂ© Ă lĂąâŹâąintĂ©rieur de moi. Je ne connais mĂÂȘme pas cette personne. Je ne connais toujours pas cette jĂąâŹâąai lu tout ça pour moi, jĂąâŹâąai dit, ça ne peut pas ĂÂȘtre moi, ça ne peut pas ĂÂȘtre moi. Je ne pouvais rien digĂ©rer ou accepter de cette information. Je ne pouvais pas imaginer ma famille devant lire ça en ligne. Je continuais Ă lire. Dans le paragraphe suivant, jĂąâŹâąai lu quelque chose que je ne pardonnerai jamais; jĂąâŹâąai lu que dĂąâŹâąaprĂšs lui, jĂąâŹâąavais aimĂ© ça. JĂąâŹâąavais aimĂ© ça. Encore une fois, je nĂąâŹâąai pas les mots pour dĂ©crire ce comme si vous lisiez un article oĂÂč une voiture a Ă©tĂ© percutĂ©e, et trouvĂ©e amochĂ©e dans le fossĂ©. Mais peut-ĂÂȘtre que la voiture a aimĂ© ĂÂȘtre percutĂ©e. Peut-ĂÂȘtre que lĂąâŹâąautre voiture ne voulait pas la percuter, juste lui donner un petit coup. Les voitures ont toujours des accidents, les gens ne font pas toujours attention, est-ce quĂąâŹâąon peut vraiment dire qui est fautif. ĂEt ensuite, Ă la fin, aprĂšs avoir appris les dĂ©tails graphiques de ma propre agression sexuelle, lĂąâŹâąarticle faisait la liste de ses chronos en Et ensuite, Ă la fin, aprĂšs avoir appris les dĂ©tails crus de ma propre agression sexuelle, lĂąâŹâąarticle faisait la liste de ses chronos en natation. On lĂąâŹâąa trouvĂ©e inconsciente avec ses sous-vĂÂȘtements Ă 15cm de son ventre nu, recroquevillĂ©e. Au fait, cĂąâŹâąest un trĂšs bon nageur. Donnez mon chrono au jogging si cĂąâŹâąest lĂąâŹâąidĂ©e. Je cuisine bien, mettez ça Ă la fin de votre article, puisqu'apparemment, cĂąâŹâąest lĂ qu'on fait la liste des activitĂ©s extra-scolaires pour contrebalancer les choses ignobles qui se sont passĂ© nuit oĂÂč lĂąâŹâąinfo est sortie, jĂąâŹâąai dit Ă mes parents que jĂąâŹâąavais Ă©tĂ© agressĂ©e, je leur ai dit de ne pas regarder les infos parce que cĂąâŹâąest perturbant, sachez juste que ça va, je suis lĂ , ça va. Mais pendant que je leur disais, ma mĂšre a dĂ» me tenir parce que je nĂąâŹâąarrivais plus Ă rester lendemain de ce quĂąâŹâąil sĂąâŹâąest passĂ©, il a dit quĂąâŹâąil ne connaissait pas mon nom, quĂąâŹâąil ne pourrait pas mĂąâŹâąidentifier, nĂąâŹâąa mentionnĂ© aucun dialogue entre nous, pas de mots, juste de la danse et des baisers. Danser est un terme mignon; est-ce quĂąâŹâąon claquait des doigts et virevoltait ou est-ce que cĂąâŹâąĂ©tait juste des corps se frottant lĂąâŹâąun contre lĂąâŹâąautre dans une piĂšce bondĂ©e? Je me demande si Ădes baisersĂ» Ă©taient juste des visages vaguement pressĂ©s lĂąâŹâąun contre lĂąâŹâąautre? Quand l'enquĂÂȘteur lui a demandĂ© sĂąâŹâąil comptait me ramener dans son dortoir, il a dit non. Quand l'enquĂÂȘteur lui a demandĂ© comment on sĂąâŹâąĂ©tait retrouvĂ©s derriĂšre la benne, il a dit quĂąâŹâąil ne savait pas. Il a admis quĂąâŹâąil avait embrassĂ© dĂąâŹâąautres filles Ă cette fĂÂȘte, dont ma sĂ âur, qui lĂąâŹâąavait repoussĂ©. Il a admis quĂąâŹâąil voulait coucher avec quelquĂąâŹâąun. JĂąâŹâąĂ©tais lĂąâŹâąantilope blessĂ©e du troupeau, complĂštement seule et vulnĂ©rable, incapable physiquement de me dĂ©fendre, et il mĂąâŹâąa choisie. Parfois je me dis que si je nĂąâŹâąy avais pas Ă©tĂ©, rien de tout ça ne se serait passĂ©. Mais ensuite je me suis rendue compte que ça se serait passĂ©, ça serait juste arrivĂ© Ă quelquĂąâŹâąun d'autre. Tu Ă©tais sur le point dĂąâŹâąentrer dans quatre annĂ©es dĂąâŹâąaccĂšs Ă des filles bourrĂ©es et Ă des fĂÂȘtes, et si cĂąâŹâąest comme ça que tu as commencĂ©, cĂąâŹâąest bien que tu nĂąâŹâąaies pas continuĂ©. Le lendemain de ce qu'il s'est passĂ©, il a dit quĂąâŹâąil pensait que jĂąâŹâąavais aimĂ© ça parce que je lui avais caressĂ© le dos. Une caresse dans le mentionnĂ© mon consentement, ni mĂÂȘme aucune discussion quĂąâŹâąon a pu avoir, juste que je lui ai caressĂ© le dos. JĂąâŹâąai appris dans les mĂ©dias que mes fesses et mon vagin Ă©taient Ă dĂ©couvert, quĂąâŹâąon mĂąâŹâąavait pelotĂ© les seins, quĂąâŹâąon mĂąâŹâąavait enfoncĂ© des doigts et, avec, des aiguilles de pin et dĂąâŹâąautres dĂ©tritus, que ma peau dĂ©nudĂ©e et ma tĂÂȘte avaient rĂÂąpĂ© le sol derriĂšre une benne Ă ordures pendant quĂąâŹâąun premiĂšre annĂ©e en Ă©rection se frottait contre mon corps inanimĂ© et Ă demi-nu. Mais je ne me souviens de rien, alors comment prouver que je nĂąâŹâąai pas aimĂ© ç me suis dit, aucune chance quĂąâŹâąon aille jusquĂąâŹâąau procĂšs; il y a des tĂ©moins, de la terre dans mon corps, il sĂąâŹâąest enfui mais sĂąâŹâąest fait arrĂÂȘter. On allait trouver un accord, il prĂ©senterait des excuses en bonne et due forme et chacun de nous passerait Ă autre chose. Mais non. On mĂąâŹâąa dit quĂąâŹâąil avait embauchĂ© un trĂšs bon avocat, des experts pour tĂ©moigner, des dĂ©tectives privĂ©s pour fouiller ma vie privĂ©e et sĂąâŹâąen servir contre moi, trouver des incohĂ©rences dans mon tĂ©moignage pour nous dĂ©crĂ©dibiliser ma sĂ âur et moi, pour montrer que cette agression sexuelle nĂąâŹâąĂ©tait rien quĂąâŹâąun malentendu. On mĂąâŹâąa dit quĂąâŹâąil ne reculerait devant rien pour prouver Ă tous quĂąâŹâąil y avait juste eu mĂąâŹâąa non seulement dit que jĂąâŹâąavais Ă©tĂ© agressĂ©e, mais aussi que techniquement, comme je ne me rappelais rien, je ne pourrais pas prouver que je nĂąâŹâąĂ©tais pas dĂąâŹâąaccord. Et ça mĂąâŹâąa cabossĂ©e, ça mĂąâŹâąa meurtrie, ça mĂąâŹâąa presque brisĂ©e. CĂąâŹâąest le pire des chaos de sĂąâŹâąentendre dire quĂąâŹâąon sĂąâŹâąest fait agresser, presque violer, au vu de tous, mais quĂąâŹâąon ne sait pas encore si ça compte comme une agression. JĂąâŹâąai dĂ» me battre pendant une annĂ©e entiĂšre pour bien faire comprendre que quelque chose clochait. ĂOn mĂąâŹâąa assenĂ© des questions fermĂ©es, acerbes, qui dissĂ©quaient ma vie privĂ©e, amoureuse, ma vie passĂ©e, ma vie de famille, des questions ineptes, une accumulation de dĂ©tails sans importance visant Ă trouver une excuse Ă ce type qui mĂąâŹâąa dĂ©shabillĂ©e Ă moitiĂ© sans mĂÂȘme prendre la peine de me demander mon prĂ© Quand on mĂąâŹâąa dit de me prĂ©parer au cas oĂÂč je perdrais, jĂąâŹâąai rĂ©pondu que cĂąâŹâąĂ©tait impossible. Il est coupable depuis la minute oĂÂč jĂąâŹâąai repris conscience. Personne ne pourra me convaincre du contraire, pas aprĂšs le mal quĂąâŹâąil mĂąâŹâąa fait. Le pire, mĂąâŹâąa-t-on prĂ©venue, cĂąâŹâąest que comme il sait que je ne me souviens de rien, cĂąâŹâąest lui qui dĂ©roulera le script. Il racontera ce quĂąâŹâąil voudra, personne ne pourra contester. JĂąâŹâąĂ©tais impuissante, je nĂąâŹâąavais pas voix au chapitre, jĂąâŹâąĂ©tais sans dĂ©fense. Mes trous de mĂ©moire allaient ĂÂȘtre utilisĂ©s contre moi. Mon tĂ©moignage Ă©tait fragile, incomplet et on mĂąâŹâąavait fait croire que je ne serais peut-ĂÂȘtre pas assez bien pour gagner le procĂšs. Son avocat a constamment rappelĂ© au jury que le seul quĂąâŹâąon pouvait croire Ă©tait Brock, puisque la fille nĂąâŹâąavait aucun souvenir. Cette impuissance fut temps que jĂąâŹâąaurais pu consacrer Ă panser mes plaies, je lĂąâŹâąai passĂ© Ă essayer de me souvenir des dĂ©tails les plus sordides de cette nuit-lĂ , me prĂ©parant Ă rĂ©pondre aux questions indiscrĂštes et agressives que me poserait son avocat pour me dĂ©router, me faire me contredire, contredire ma sĂ âur, des questions formulĂ©es de telle maniĂšre Ă manipuler mes rĂ©ponses. Au lieu de dire ĂAvez-vous remarquĂ© des Ă©gratignures?Ă», son avocat mĂąâŹâąa demandĂ© ĂVous nĂąâŹâąavez remarquĂ© aucune Ă©gratignure, cĂąâŹâąest bien cela?Ă» Un jeu stratĂ©gique censĂ© me pousser Ă dĂ©nigrer ma propre valeur, comme si jĂąâŹâąallais mordre Ă lĂąâŹâąhameçon. LĂąâŹâąagression sexuelle Ă©tait Ă©vidente, mais au tribunal, jĂąâŹâąai dĂ» rĂ©pondre Ă ce genre de questionsQuel ĂÂąge avez-vous? Combien pesez-vous? Vous aviez mangĂ© quoi ce jour-lĂ ? Bon, vous aviez mangĂ© quoi au dĂner? Qui avait prĂ©parĂ© le dĂner? Vous aviez bu en dĂnant? Non, mĂÂȘme pas de lĂąâŹâąeau? Quand avez-vous bu? Ă⏠quel point avez-vous bu? Vous avez bu dans quel rĂ©cipient? Qui vous a servi votre boisson? Vous buvez Ă quel point, habituellement? Qui vous a amenĂ© Ă cette fĂÂȘte? Ă⏠quelle heure? Mais oĂÂč exactement? Vous portiez quoi? Pourquoi alliez-vous Ă cette fĂÂȘte? QuĂąâŹâąavez-vous fait en arrivant? Vous en ĂÂȘtes sĂ»re? Mais Ă quelle heure est-ce que vous avez fait ça? Que veut dire ce texto? Ă⏠qui est-ce que vous avez envoyĂ© ce texto? Quand ĂÂȘtes-vous allĂ©e uriner? OĂÂč avez-vous urinĂ©? Avec qui avez-vous urinĂ© dehors? Votre tĂ©lĂ©phone Ă©tait-il en mode silencieux quand votre sĂ âur a appelĂ©? Vous vous rappelez lĂąâŹâąavoir mis en mode silencieux? Vraiment, parce quĂąâŹâąĂ la page 53 je tiens Ă signaler que vous avez dit quĂąâŹâąil Ă©tait en mode normal. Est-ce que vous buviez Ă la fac? Vous avez dit que vous Ă©tiez une fĂÂȘtarde? ĂâĄa vous est arrivĂ© souvent, de perdre connaissance? Faisiez-vous la fĂÂȘte dans des fraternitĂ©s? CĂąâŹâąest sĂ©rieux avec votre petit ami? Avez-vous des relations sexuelles avec lui? Quand est-ce que vous vous ĂÂȘtes mis ensemble? Est-ce que vous pourriez le tromper? Est-ce que vous avez dĂ©jĂ trompĂ©? QuĂąâŹâąest-ce que vous insinuiez quand vous avez dit vouloir le rĂ©compenser? Vous rappelez-vous lĂąâŹâąheure quĂąâŹâąil Ă©tait quand vous vous ĂÂȘtes rĂ©veillĂ©e? Vous portiez votre cardigan? De quelle couleur Ă©tait votre cardigan? Vous vous rappelez autre chose de cette nuit-lĂ ? Non? Okay, eh bien, nous allons laisser Brock complĂ© mĂąâŹâąa assenĂ© des questions fermĂ©es, acerbes, qui dissĂ©quaient ma vie privĂ©e, amoureuse, ma vie passĂ©e, ma vie de famille, des questions ineptes, une accumulation de dĂ©tails sans importance visant Ă trouver une excuse Ă ce type qui mĂąâŹâąa dĂ©shabillĂ©e Ă moitiĂ© sans mĂÂȘme prendre la peine de me demander mon prĂ©nom. AprĂšs lĂąâŹâąagression physique, jĂąâŹâąai subi une agression verbale, des questions brutales qui disaient, regardez, son tĂ©moignage nĂąâŹâąest pas cohĂ©rent, elle est folle, quasi alcoolique, elle voulait sĂ»rement coucher, ce type est genre un athlĂšte non, ils Ă©taient soĂ»ls tous les deux, bref, les trucs dont elle se souvient Ă lĂąâŹâąhĂÂŽpital sont arrivĂ©s aprĂšs les faits, pourquoi en tenir compte, Brock risque gros alors tout ça est vraiment pĂ©nible pour puis vint son tour de tĂ©moigner et jĂąâŹâąai appris ce que signifiait ĂÂȘtre persĂ©cutĂ©e Ă nouveau. Je voudrais vous rappeler que la nuit suivant les faits, il a dit quĂąâŹâąil nĂąâŹâąavait jamais eu lĂąâŹâąintention de me ramener dans sa chambre. Il a dit quĂąâŹâąil ne savait pas comment on sĂąâŹâąĂ©tait retrouvĂ©s derriĂšre une benne Ă ordures. Il sĂąâŹâąest levĂ© pour partir parce quĂąâŹâąil ne se sentait pas trĂšs bien, quand on lĂąâŹâąa poursuivi et attaquĂ©. Il a ensuite appris que je nĂąâŹâąavais aucun souvenir de tout ç un an plus tard, comme je lĂąâŹâąavais prĂ©dit, un nouveau dialogue s'amorça. Brock se mit Ă raconter une histoire diffĂ©rente, Ă©trange, un genre de roman pour jeunes adultes mal Ă©crit avec des baisers, des gens qui dansent, se prennent la main, qui tombent tendrement Ă la renverse et, le plus important dans cette nouvelle version, il y avait soudainement consentement. Un an aprĂšs lĂąâŹâąincident, il sĂąâŹâąest souvenu que ah oui, au fait, elle avait dit quĂąâŹâąelle Ă©tait dĂąâŹâąaccord, pour tout, donc dit mĂąâŹâąavoir demandĂ© si je voulais danser. Apparemment, jĂąâŹâąai dit oui. Il dit mĂąâŹâąavoir demandĂ© si je voulais aller dans sa chambre, jĂąâŹâąai dit oui. Ensuite, il mĂąâŹâąa demandĂ© sĂąâŹâąil pouvait me doigter et jĂąâŹâąai dit oui. La plupart des mecs ne demandent pas ĂEst-ce que je peux te doigter?Ă», en gĂ©nĂ©ral les choses progressent naturellement, avec un consentement mutuel, pas une sĂ©ance de questions-rĂ©ponses. Mais apparemment, je lui ai donnĂ© carte blanche. Il en est persuadĂ©. MĂÂȘme dans son histoire, je nĂąâŹâąai dit en tout et pour tout que trois mots, oui oui oui, avant de me retrouver Ă moitiĂ© nue sur le sol. Note pour plus tard si vous nĂąâŹâąĂÂȘtes pas sĂ»r quĂąâŹâąune fille est en mesure ou non de donner son consentement, vĂ©rifiez quĂąâŹâąelle soit capable de prononcer une phrase entiĂšre. Tu nĂąâŹâąas mĂÂȘme pas essayĂ©. Rien quĂąâŹâąune suite de mots cohĂ©rents. OĂÂč est la confusion lĂ -dedans? CĂąâŹâąest juste du bon sens, de la dĂ©cence lui, la seule raison pour laquelle on Ă©tait par terre cĂąâŹâąest parce que je suis tombĂ©e. Note si une fille tombe, aide-la Ă se relever. Si elle est trop soĂ»le pour marcher et se casse la figure, ne lui grimpe pas dessus, ne te frotte pas contre elle, ne lui retire pas ses sous-vĂÂȘtements, ne mets pas ta main dans son vagin. Si une fille tombe, relĂšve-la. Si elle porte un cardigan par-dessus sa robe, ne lui enlĂšve pas pour pouvoir lui toucher les seins. Peut-ĂÂȘtre quĂąâŹâąelle a froid, peut-ĂÂȘtre que cĂąâŹâąest pour ça quĂąâŹâąelle a mis ce dans ta version, deux SuĂ©dois Ă vĂ©lo se sont approchĂ©s de toi et tu t'es enfui. Quand ils tĂąâŹâąont plaquĂ© au sol, pourquoi est-ce que tu nĂąâŹâąas pas dit ĂStop! Tout va bien, demandez-lui, elle est juste lĂ -bas, elle vous le diraĂ»? Je veux dire, tu venais de me demander mon consentement, non? JĂąâŹâąĂ©tais consciente, non? Quand les policiers sont arrivĂ©s et ont interrogĂ© le mĂ©chant SuĂ©dois qui tĂąâŹâąa plaquĂ©, il pleurait tellement Ă cause de ce quĂąâŹâąil avait vu quĂąâŹâąil nĂąâŹâąarrivait mĂÂȘme pas Ă avocat a plusieurs fois soulignĂ© que, eh bien, nous ne savons pas exactement Ă quel moment elle sĂąâŹâąest Ă©vanouie. Et tu as raison, peut-ĂÂȘtre que mes paupiĂšres battaient encore et que je nĂąâŹâąĂ©tais pas encore complĂštement atone. Mais ça nĂąâŹâąa jamais Ă©tĂ© le propos. JĂąâŹâąĂ©tais trop soĂ»le pour parler, trop soĂ»le pour exprimer mon consentement et ce bien avant de me retrouver par terre. Personne nĂąâŹâąaurait jamais dĂ» me toucher. Brock a dit ĂĂ⏠aucun moment je me suis rendu compte quĂąâŹâąelle ne rĂ©agissait pas. Si une telle chose mĂąâŹâąavait traversĂ© lĂąâŹâąesprit, jĂąâŹâąaurais immĂ©diatement arrĂÂȘtĂ©.Ă» Je tĂąâŹâąexplique si ton plan cĂąâŹâąĂ©tait de tĂąâŹâąarrĂÂȘter seulement au moment oĂÂč je ne rĂ©agirais plus, alors tu nĂąâŹâąas toujours rien compris. Et de toute façon, tu ne tĂąâŹâąes mĂÂȘme pas arrĂÂȘtĂ© quand je me suis Ă©vanouie! CĂąâŹâąest quelquĂąâŹâąun dĂąâŹâąautre qui tĂąâŹâąa interrompu. Deux types Ă vĂ©lo ont remarquĂ©, dans le noir, que je ne bougeais pas et ont dĂ» te plaquer au sol. Comment est-ce que tu ne l'as pas remarquĂ© alors que tu Ă©tais sur moi?Tu as dit que tu aurais arrĂÂȘtĂ© et que tu serais allĂ© chercher de lĂąâŹâąaide. Tu dis ça, mais explique-moi comment tu mĂąâŹâąaurais aidĂ©e, Ă©tape par Ă©tape, vraiment, explique-moi. Je veux savoir, si ces mĂ©chants SuĂ©dois ne mĂąâŹâąavaient pas trouvĂ©e, comment se serait finie cette nuit-lĂ . Je te le demande est-ce que tu aurais remontĂ© mes sous-vĂÂȘtements roulĂ©s sur mes bottes? DĂ©mĂÂȘlĂ© mon collier? Est-ce que tu aurais fermĂ© mes jambes, est-ce que tu mĂąâŹâąaurais couverte? EnlevĂ© les aiguilles de pin de mes cheveux? DemandĂ© si les Ă©corchures sur mon cou et mes fesses me faisaient mal? Est-ce que tu serais allĂ© chercher un ami pour lui demander de tĂąâŹâąaider Ă mĂąâŹâąemmener dans un endroit chaud et confortable? Je fais des nuits blanches quand je pense Ă la maniĂšre dont ça aurait pu se passer si ces deux gars nĂąâŹâąavaient jamais dĂ©barquĂ©. QuĂąâŹâąest-ce qui me serait arrivĂ©? VoilĂ une question Ă laquelle tu nĂąâŹâąauras jamais la bonne rĂ©ponse, une chose que tu nĂąâŹâąarrives pas Ă expliquer, mĂÂȘme un an aprĂš plus de tout ça, il affirme que jĂąâŹâąai joui aprĂšs une minute de pĂ©nĂ©tration digitale. LĂąâŹâąinfirmiĂšre a dit quĂąâŹâąil y avait des lacĂ©rations, des Ă©raflures et de la terre dans mon vagin. CĂąâŹâąĂ©tait avant ou aprĂšs mon orgasme?Nous informer sous serment que oui, jĂąâŹâąen avais envie, et que oui, jĂąâŹâąavais donnĂ© ma permission et que cĂąâŹâąest toi la vraie victime, attaquĂ© par des SuĂ©dois pour des raisons inconnues, cĂąâŹâąest consternant, cĂąâŹâąest dĂ©ment, cĂąâŹâąest Ă©goĂÂŻste, cĂąâŹâąest pernicieux. CĂąâŹâąest dĂ©jĂ bien assez de souffrir sans que quelquĂąâŹâąun sĂąâŹâąacharne Ă minimiser la gravitĂ© et la validitĂ© de cette famille a dĂ» regarder des photos de ma tĂÂȘte sanglĂ©e Ă un brancard jonchĂ© dĂąâŹâąaiguilles de pin, de mon corps Ă mĂÂȘme la terre, les yeux clos, les cheveux en bataille, les membres tordus, la robe relevĂ©e. Et aprĂšs tout ça, ma famille a dĂ» Ă©couter ton avocat dire que ces photos avaient Ă©tĂ© prises aprĂšs les faits, quĂąâŹâąil ne fallait donc pas en tenir compte. Dire que oui, mon infirmiĂšre a confirmĂ© des rougeurs et des Ă©corchures Ă lĂąâŹâąintĂ©rieur de mon corps, un traumatisme important des organes gĂ©nitaux mais que cĂąâŹâąest ce qui se passe quand on doigte quelquĂąâŹâąun et il a dĂ©jĂ reconnu lĂąâŹâąavoir fait. DĂąâŹâąĂ©couter ton avocat dresser un portrait de moi façon Girls Gone Wild, comme si ça allait prouver dĂąâŹâąune maniĂšre ou dĂąâŹâąune autre que je lĂąâŹâąavais bien cherchĂ©. De lĂąâŹâąentendre dire que si jĂąâŹâąavais lĂąâŹâąair soĂ»le au tĂ©lĂ©phone, cĂąâŹâąest parce que je faisais lĂąâŹâąidiote en prenant une voix bĂÂȘbĂÂȘte. DĂąâŹâąattirer lĂąâŹâąattention sur le fait que dans un message laissĂ© sur son rĂ©pondeur, je disais Ă mon copain que jĂąâŹâąallais le rĂ©compenser et quĂąâŹâąon sait tous Ă quoi je pensais. Je tiens Ă prĂ©ciser que mon programme de rĂ©compenses est non cessible, surtout s'il s'agit d'un inconnu qui sĂąâŹâąapprocherait de moi. ĂCe nĂąâŹâąest pas une Ă©niĂšme coucherie bourrĂ©e dĂąâŹâąĂ©tudiants rĂ©sultant d'une suite de mauvaises dĂ©cisions. Une agression nĂąâŹâąest pas un Durant ce procĂšs, il a causĂ© des dommages irrĂ©versibles Ă ma famille et moi, qui devions lĂąâŹâąĂ©couter en silence donner sa version de la soirĂ©e. Mais au final, ses affirmations sans fondements et la logique tordue de son avocat nĂąâŹâąont trompĂ© personne. La vĂ©ritĂ© a triomphĂ©, la vĂ©ritĂ© a parlĂ© dĂąâŹâą es coupable. Douze jurĂ©s tĂąâŹâąont reconnu coupable de trois chefs dĂąâŹâąaccusation au-delĂ de tout doute raisonnable, cĂąâŹâąest douze votes par chef dĂąâŹâąaccusation, trente-six oui qui confirment ta culpabilitĂ©, cĂąâŹâąest 100%, lĂąâŹâąunanimitĂ©. Et moi qui pensais que cĂąâŹâąĂ©tait terminĂ© pour de bon, quĂąâŹâąil assumerait enfin ses actes, quĂąâŹâąil prĂ©senterait des excuses en bonne et due forme et quĂąâŹâąon pourrait enfin passer Ă autre chose, que ça irait mieux. Et puis jĂąâŹâąai lu ta dĂ© tu espĂšres quĂąâŹâąun de mes organes implose de colĂšre et me tue, on y est presque. Tu brĂ»les. Ce nĂąâŹâąest pas une Ă©niĂšme coucherie bourrĂ©e dĂąâŹâąĂ©tudiants rĂ©sultant d'une suite de mauvaises dĂ©cisions. Une agression nĂąâŹâąest pas un accident. Curieusement, tu nĂąâŹâąas toujours pas compris. Curieusement, tu sembles toujours confus. Je vais maintenant lire des extraits de la dĂ©claration de lĂąâŹâąaccusĂ© et y rĂ© as dit Comme jĂąâŹâąĂ©tais bourrĂ© je nĂąâŹâąai pas pris les meilleures dĂ©cisions et elle non nĂąâŹâąest pas une excuse. Est-ce que cĂąâŹâąest un facteur? Oui. Mais ce nĂąâŹâąest pas lĂąâŹâąalcool qui mĂąâŹâąa dĂ©shabillĂ©e, doigtĂ©e, qui a laissĂ© le sol Ă©corcher mon visage, mon corps presque nu. Boire plus que de raison fut une erreur de dĂ©butant que je veux bien reconnaĂtre, mais qui nĂąâŹâąa rien de criminel. Tout le monde dans cette piĂšce a dĂ©jĂ regrettĂ© une soirĂ©e trop arrosĂ©e, ou connaĂt quelquĂąâŹâąun dont cĂąâŹâąest le cas. Regretter un abus dĂąâŹâąalcool, ce nĂąâŹâąest pas la mĂÂȘme chose que regretter une agression sexuelle. On Ă©tait tous les deux soĂ»ls, la diffĂ©rence cĂąâŹâąest que je nĂąâŹâąai pas enlevĂ© ton pantalon et tes sous-vĂÂȘtements, je ne tĂąâŹâąai pas touchĂ© de maniĂšre inappropriĂ©e et je ne me suis pas enfuie. VoilĂ la diffĂ© as dit Si jĂąâŹâąavais voulu faire connaissance, jĂąâŹâąaurais dĂ» lui demander son numĂ©ro plutĂÂŽt que lui proposer de monter dans ma ne suis pas en colĂšre parce que tu ne mĂąâŹâąas pas demandĂ© mon numĂ©ro. MĂÂȘme si on se connaissait, je nĂąâŹâąaurais pas voulu me retrouver dans cette situation. Mon propre copain me connaĂt, mais sĂąâŹâąil demandait Ă me doigter derriĂšre une benne, je lui mettrais une gifle. Aucune fille nĂąâŹâąa envie de se retrouver dans cette situation. Personne. Je me fiche de savoir si tu as ou non leur numĂ© as dit JĂąâŹâąai bĂÂȘtement pensĂ© que je pouvais faire la mĂÂȘme chose que tous les gens autour de moi, cĂąâŹâąest-Ă -dire boire. JĂąâŹâąai eu nouveau, tu nĂąâŹâąes pas en tort parce que tu as bu. Personne autour de toi ne mĂąâŹâąagressait sexuellement. Tu es en tort parce que tu as fait ce que personne dĂąâŹâąautre ne faisait, cĂąâŹâąest-Ă -dire presser ta bite en Ă©rection dans ton pantalon contre mon corps nu et sans dĂ©fense, dans un endroit sombre, Ă lĂąâŹâąabri du regard et de la protection des autres invitĂ©s, oĂÂč ma propre sĂ âur nĂąâŹâąa pas su me trouver. Boire nĂąâŹâąest pas ton crime. Retirer et jeter mes sous-vĂÂȘtements comme un papier de bonbon pour pĂ©nĂ©trer mon corps avec tes doigts, voilĂ ton tort. Pourquoi ai-je encore besoin dĂąâŹâąexpliquer tout as dit Pendant le procĂšs, je ne voulais pas la persĂ©cuter du tout. CĂąâŹâąĂ©tait seulement mon avocat et sa maniĂšre dĂąâŹâąapprĂ©hender lĂąâŹâą avocat nĂąâŹâąest pas ton bouc Ă©missaire, il te reprĂ©sente. Est-ce que ton avocat a dit des choses excessivement rageantes et dĂ©gradantes? Absolument. Il a dit que tu avais eu une Ă©rection parce quĂąâŹâąil faisait as dit ĂÂȘtre en train de crĂ©er un programme destinĂ© aux lycĂ©ens et aux Ă©tudiants dans lequel tu partages ton expĂ©rience pour ĂdĂ©noncer la culture de lĂąâŹâąalcool sur les campus et la promiscuitĂ© sexuelle qui sĂąâŹâąensuitĂ».La culture de lĂąâŹâąalcool sur les campus. CĂąâŹâąest ça quĂąâŹâąon veut dĂ©noncer? Tu crois que cĂąâŹâąest contre ça que jĂąâŹâąai passĂ© un an Ă me battre? Pas sensibiliser aux agressions sexuelles sur les campus, ou bien au viol, ou apprendre Ă reconnaĂtre un consentement. La culture de lĂąâŹâąalcool sur les campus. Ă⏠bas Jack Daniels. Ă⏠bas la vodka Skyy. Si tu veux parler dĂąâŹâąalcoolisme aux gens, va Ă une rĂ©union des AA. Tu te rends compte quĂąâŹâąavoir un problĂšme dĂąâŹâąalcool, cĂąâŹâąest diffĂ©rent de boire puis essayer avec acharnement dĂąâŹâąavoir une relation sexuelle avec quelquĂąâŹâąun? Montre aux hommes comment respecter les femmes, pas comment se calmer sur la culture de lĂąâŹâąalcool et la promiscuitĂ© sexuelle qui sĂąâŹâąensuit. Qui sĂąâŹâąensuit, comme un effet secondaire, comme une assiette de frites avec ta commande. Ă⏠quel moment est-il question de promiscuitĂ©? Aucun mĂ©dia nĂąâŹâąa titrĂ© Brock Turner, coupable dĂąâŹâąavoir trop bu et de la promiscuitĂ© sexuelle qui sĂąâŹâąensuit. Les agressions sexuelles sur les campus. VoilĂ la premiĂšre diapo de ton PowerPoint. Sois-en assurĂ© si tu ne changes pas le sujet de tes interventions, je te suivrai dans chaque Ă©cole oĂÂč tu iras pour une prĂ©sentation complĂ© nĂąâŹâąy a pas longtemps, tu as dit je veux montrer aux gens quĂąâŹâąune soirĂ©e de beuverie peut dĂ©truire toute une vie, une seule vie, la tienne, tu as oubliĂ© la mienne. Laisse-moi reformuler la phrase pour toi je veux montrer aux gens quĂąâŹâąune soirĂ©e de beuverie peut dĂ©truire deux vies. Toi et moi. Tu es la cause, je suis lĂąâŹâąeffet. Tu mĂąâŹâąas entraĂnĂ©e dans cet enfer avec toi, replongĂ©e dans cette nuit, encore et encore. Tu as fait tomber nos deux tours, je me suis effondrĂ©e en mĂÂȘme temps que toi. Si tu penses que jĂąâŹâąai Ă©tĂ© Ă©pargnĂ©e, que je mĂąâŹâąen suis sortie indemne, quĂąâŹâąaujourdĂąâŹâąhui je chevauche vers le soleil couchant et que cĂąâŹâąest toi qui souffres le plus, tu te trompes. Personne nĂąâŹâąest gagnant. Nous sommes tous dĂ©vastĂ©s, nous essayons tous de trouver du sens Ă toute cette souffrance. Les dĂ©gĂÂąts que tu as subis sont concrets tu perds titres, diplĂÂŽmes, inscription Ă lĂąâŹâąuniversitĂ©. Les dĂ©gĂÂąts que jĂąâŹâąai subis sont internes, invisibles, je les transporte avec moi. Tu mĂąâŹâąas pris ma valeur, ma vie privĂ©e, mon Ă©nergie, mon temps, ma sĂ©curitĂ©, mon intimitĂ©, ma confiance en moi, ma voix mĂÂȘme, jusquĂąâŹâąĂ aujourdĂąâŹâą vois, nous avons une chose en commun, cĂąâŹâąest que nous avons Ă©tĂ© tous les deux incapables de nous lever le matin. La douleur ne mĂąâŹâąest pas Ă©trangĂšre. Tu as fait de moi une victime. Dans les journaux, mon nom Ă©tait Ăfemme inconsciente sous lĂąâŹâąemprise de lĂąâŹâąalcoolĂ», dix syllabes, et rien dĂąâŹâąautre. Pendant un moment, jĂąâŹâąai cru que jĂąâŹâąĂ©tais rĂ©duite à ça. JĂąâŹâąai dĂ» me forcer Ă rĂ©apprendre mon vrai nom, mon identitĂ©. Ă⏠rĂ©apprendre que je ne suis pas que ça. Que je ne suis pas seulement une victime bourrĂ©e dans une soirĂ©e de fac retrouvĂ©e derriĂšre une benne Ă ordures, alors que toi tu es le nageur All American dans une universitĂ© dĂąâŹâąĂ©lite, innocent tant que sa culpabilitĂ© nĂąâŹâąa pas Ă©tĂ© dĂ©montrĂ©e, avec tellement de choses Ă perdre. Je suis un ĂÂȘtre humain qui a Ă©tĂ© blessĂ© de maniĂšre irrĂ©versible, ma vie a Ă©tĂ© mise en veille pendant plus dĂąâŹâąun an, en attendant de dĂ©terminer si jĂąâŹâąavais une quelconque indĂ©pendance, ma joie naturelle, ma douceur et le style de vie paisible que je connaissais ont Ă©tĂ© dĂ©formĂ©s au point dĂąâŹâąĂÂȘtre mĂ©connaissables. Je me suis renfermĂ©e, je suis devenue Ă©nervĂ©e, je mĂąâŹâąauto-dĂ©prĂ©ciais, jĂąâŹâąĂ©tais fatiguĂ©e, irritable, vide. LĂąâŹâąisolement Ă©tait parfois insupportable. Tu ne peux pas me rendre la vie que jĂąâŹâąavais avant cette nuit-lĂ . Pendant que tu te faisais du souci pour ta rĂ©putation, tous les soirs je mettais des cuillĂšres au rĂ©frigĂ©rateur pour quĂąâŹâąau rĂ©veil, je les pose sur mes yeux boursouflĂ©s Ă force dĂąâŹâąavoir pleurĂ©, pour diminuer le gonflement et ĂÂȘtre capable de les ouvrir. JĂąâŹâąarrivais au travail une heure en retard chaque matin, mĂąâŹâąexcusais et sortais pleurer dans la cage dĂąâŹâąescalier, je peux te dire oĂÂč se trouvent toutes les meilleures cachettes pour pleurer sans ĂÂȘtre entendu dans ce bĂÂątiment. La douleur est devenue si intense que jĂąâŹâąai Ă©tĂ© obligĂ©e de raconter les dĂ©tails privĂ©s Ă ma patronne pour quĂąâŹâąelle comprenne les raisons de mon dĂ©part. JĂąâŹâąavais besoin de temps parce que continuer jour aprĂšs jour nĂąâŹâąĂ©tait plus possible. JĂąâŹâąai utilisĂ© mes Ă©conomies pour aller aussi loin que je le pouvais. Je ne suis pas retournĂ©e travailler Ă plein temps car je savais quĂąâŹâąil faudrait que je prenne des semaines de congĂ© Ă un moment pour les audiences et le procĂšs, qui Ă©taient constamment reportĂ©s. Ma vie a Ă©tĂ© mise entre parenthĂšses pendant plus dĂąâŹâąun an, ma structure sĂąâŹâąĂ©tait effondrĂ© nĂąâŹâąarrive pas Ă dormir seule la nuit sans quĂąâŹâąil y ait une lumiĂšre allumĂ©e, comme une enfant de 5 ans, parce que je fais des cauchemars oĂÂč lĂąâŹâąon me touche et je nĂąâŹâąarrive pas Ă me rĂ©veiller, je suis allĂ©e jusquĂąâŹâąĂ attendre que le soleil se lĂšve, afin de me sentir suffisamment en sĂ©curitĂ© pour dormir. Pendant trois mois, je suis allĂ©e me coucher Ă 6 heures du jĂąâŹâąĂ©tais fiĂšre de mon indĂ©pendance, aujourdĂąâŹâąhui jĂąâŹâąai peur dĂąâŹâąaller me promener le soir, dĂąâŹâąassister Ă des soirĂ©es oĂÂč il y a de l'alcool avec des amis, oĂÂč je devrais me sentir Ă lĂąâŹâąaise. Je suis devenue une petite bernacle qui a toujours besoin dĂąâŹâąĂÂȘtre Ă cĂÂŽtĂ© de quelquĂąâŹâąun, dĂąâŹâąavoir mon petit ami avec moi, pour dormir, pour me protĂ©ger. Cette faiblesse que je ressens, cette façon craintive que jĂąâŹâąai de me dĂ©placer dans la vie, toujours sur mes gardes, sur la dĂ©fensive, prĂÂȘte Ă me mettre en colĂšre, suscitent chez moi un sentiment de nĂąâŹâąas pas idĂ©e Ă quel point jĂąâŹâąai travaillĂ© dur pour reconstruire des parties de moi qui sont encore fragiles. Il mĂąâŹâąa fallu huit mois pour rĂ©ussir Ă simplement parler de ce qui Ă©tait arrivĂ©. Je nĂąâŹâąarrivais plus Ă communiquer avec mes amis, avec tout mon entourage. Je criais sur mon petit ami, sur ma propre famille Ă chaque fois quĂąâŹâąils abordaient le sujet. Tu ne mĂąâŹâąas jamais permis dĂąâŹâąoublier ce qui mĂąâŹâąĂ©tait arrivĂ©. Ă⏠la fin de lĂąâŹâąaudience, du procĂšs, jĂąâŹâąĂ©tais trop fatiguĂ©e pour parler. Je suis partie Ă©puisĂ©e, silencieuse. Je suis rentrĂ©e Ă la maison, jĂąâŹâąai Ă©teint mon tĂ©lĂ©phone et pendant des jours, je nĂąâŹâąai plus ouvert la bouche. Tu mĂąâŹâąas payĂ© un billet pour une planĂšte oĂÂč jĂąâŹâąai vĂ©cu toute seule. Chaque fois quĂąâŹâąun nouvel article Ă©tait publiĂ©, je vivais avec la sensation paranoĂÂŻaque que toute ma ville allait apprendre ce qui sĂąâŹâąĂ©tait passĂ© et mĂąâŹâąidentifierait comme la fille qui sĂąâŹâąĂ©tait fait agresser. Je ne voulais de la pitiĂ© de personne et je suis encore en train dĂąâŹâąessayer dĂąâŹâąapprendre que ĂvictimeĂ» fait partie de mon identitĂ©. Tu as fait de ma propre ville un lieu oĂÂč je me sens ne peux pas me rendre mes nuits sans sommeil. Le fait que jĂąâŹâąĂ©clate en sanglots incontrĂÂŽlables quand je regarde un film oĂÂč une femme est agressĂ©e, pour le dire pudiquement, cette expĂ©rience a augmentĂ© mon empathie envers les autres victimes. JĂąâŹâąai perdu du poids Ă cause du stress, et quand on me faisait des rĂ©flexions, je disais que je courais beaucoup depuis un certain temps. Ă⏠certains moments, je ne supportais plus quĂąâŹâąon me touche. Je dois de nouveau apprendre que je ne suis pas fragile, que je suis capable, que je suis saine, pas juste furieuse et je vois ma petite sĂ âur souffrir, quand je la vois incapable de suivre Ă lĂąâŹâąĂ©cole, ĂÂȘtre privĂ©e de joie, quand elle pleure si fort au tĂ©lĂ©phone quĂąâŹâąelle a du mal Ă respirer, quĂąâŹâąelle me demande pardon, encore et encore, de mĂąâŹâąavoir laissĂ©e seule ce soir-lĂ , pardon, pardon, pardon, quand elle se sent plus coupable que toi, alors je ne te pardonne pas. Ce soir-lĂ , je lĂąâŹâąai appelĂ©e pour essayer de la trouver, mais tu mĂąâŹâąas trouvĂ©e avant elle. La conclusion de ton avocat commençait par ces mots ĂSa sĂ âur a dit quĂąâŹâąelle allait bien, et qui la connaĂt mieux que sa sĂ â Tu as essayĂ© dĂąâŹâąutiliser ma propre sĂ âur contre moi? Tes points dĂąâŹâąattaque Ă©taient si faibles, si bas, cĂąâŹâąen Ă©tait presque gĂÂȘnant. Tu ne la touches nĂąâŹâąaurais jamais dĂ» me faire ça. DeuxiĂšmement, tu nĂąâŹâąaurais jamais dĂ» me forcer Ă me battre si longtemps pour te dire tu nĂąâŹâąaurais jamais dĂ» me faire ça. Mais on en est lĂ . Le mal est fait, personne ne peut le dĂ©faire. Et Ă prĂ©sent, nous avons tous les deux le choix. Nous pouvons laisser ça nous dĂ©truire, je peux rester en colĂšre, blessĂ©e et toi dans le dĂ©ni, ou bien nous pouvons lĂąâŹâąaffronter en face, moi jĂąâŹâąaccepte la douleur, toi tu acceptes la punition, et on passe Ă autre vie nĂąâŹâąest pas foutue, tu as des dizaines dĂąâŹâąannĂ©es devant toi pour réécrire ton histoire. Le monde est immense, il est tellement plus grand que Palo Alto et Stanford, et tu tĂąâŹâąy feras une place oĂÂč tu pourras ĂÂȘtre utile et heureux. Mais pour lĂąâŹâąinstant, tu nĂąâŹâąas plus le droit de hausser les Ă©paules et de ne pas savoir oĂÂč tu en es. Tu nĂąâŹâąas pas le droit de faire comme si il nĂąâŹâąy avait pas eu de signaux dĂąâŹâąalerte. Tu as Ă©tĂ© reconnu coupable de mĂąâŹâąavoir violĂ©e, intentionnellement, en faisant usage de la force, sexuellement, avec lĂąâŹâąintention de nuire, et tout ce que tu arrives Ă admettre cĂąâŹâąest que tu as consommĂ© de lĂąâŹâąalcool. Ne te plains pas que ta vie est chamboulĂ©e pour le pire parce que lĂąâŹâąalcool tĂąâŹâąa poussĂ© Ă commettre de mauvaises actions. Trouve le moyen dĂąâŹâąassumer ta propre maintenant, au sujet de la condamnation. Quand jĂąâŹâąai lu le rapport de lĂąâŹâąagent de probation, je nĂąâŹâąy croyais pas, jĂąâŹâąĂ©tais consumĂ©e par une colĂšre qui a fini par se transformer en une profonde tristesse. Mes dĂ©clarations ont Ă©tĂ© minimisĂ©es au point dĂąâŹâąen ĂÂȘtre dĂ©formĂ©es et sorties de leur contexte. Je me suis battue avec acharnement pendant ce procĂšs et il est hors de question que je laisse un agent de probation qui prĂ©tend Ă©valuer mon Ă©tat actuel et ce que je souhaite en quinze minutes de conversation, dont la plus grande partie a Ă©tĂ© consacrĂ©e Ă rĂ©pondre Ă mes questions sur le systĂšme judiciaire, en minimiser le rĂ©sultat. Le contexte aussi est important. Brock devait encore faire sa dĂ©claration, et je nĂąâŹâąavais pas lu ses vie est mise en pause depuis plus dĂąâŹâąun an, une annĂ©e de colĂšre, dĂąâŹâąangoisse et dĂąâŹâąincertitude, jusquĂąâŹâąĂ ce quĂąâŹâąun jury de mes pairs rende un jugement qui a validĂ© les injustices que jĂąâŹâąavais endurĂ©es. Si Brock avait admis sa culpabilitĂ©, manifestĂ© des remords et proposĂ© un accord avant, jĂąâŹâąaurais envisagĂ© une peine plus lĂ©gĂšre, par respect pour son honnĂÂȘtetĂ©, reconnaissante de pouvoir permettre Ă nos vies dĂąâŹâąaller de lĂąâŹâąavant. Au lieu de cela, il a pris le risque du procĂšs, ajoutant lĂąâŹâąinsulte Ă la blessure, et mĂąâŹâąa forcĂ©e Ă revivre cette souffrance tandis que les dĂ©tails de ma vie personnelle et lĂąâŹâąagression sexuelle dont jĂąâŹâąai Ă©tĂ© victime Ă©taient violemment dissĂ©quĂ©s en public. Il nous a poussĂ©s, moi et ma famille, Ă vivre une annĂ©e de souffrances inexplicables et inutiles, et il doit assumer les consĂ©quences de cette remise en question de son crime, dĂąâŹâąavoir mis ma douleur en doute, de nous avoir fait attendre si longtemps pour que justice soit dit Ă lĂąâŹâąagent de probation que je ne voulais pas que Brock pourrisse en prison. Je nĂąâŹâąai pas dit quĂąâŹâąil ne mĂ©ritait pas de se retrouver derriĂšre les barreaux. La recommandation de lĂąâŹâąagent de probation dĂąâŹâąun an ou moins dans une prison du comtĂ© est un coup de rĂšgle sur les doigts, une raillerie de la gravitĂ© de ses agressions, une insulte pour moi et pour toutes les femmes. Cela envoie le message quĂąâŹâąun inconnu peut entrer en vous sans quĂąâŹâąil y ait consentement et quĂąâŹâąil recevra une sanction infĂ©rieure Ă ce qui a Ă©tĂ© dĂ©fini comme la peine minimum. La probation ne devrait pas lui ĂÂȘtre accordĂ©e. JĂąâŹâąai aussi dit Ă lĂąâŹâąagent de probation que ce que je voulais vraiment, cĂąâŹâąĂ©tait que Brock se rende compte, quĂąâŹâąil comprenne et admette quĂąâŹâąil a mal aprĂšs avoir lu le rapport du prĂ©venu, je suis extrĂÂȘmement déçue, jĂąâŹâąai lĂąâŹâąimpression quĂąâŹâąil ne montre aucun remords sincĂšre et quĂąâŹâąil nĂąâŹâąassume pas la responsabilitĂ© de sa conduite. JĂąâŹâąai totalement respectĂ© son droit Ă avoir un procĂšs, mais mĂÂȘme aprĂšs que douze jurĂ©s lĂąâŹâąont reconnu coupable Ă lĂąâŹâąunanimitĂ© de trois crimes, tout ce quĂąâŹâąil a admis avoir fait est dĂąâŹâąavoir ingĂ©rĂ© de lĂąâŹâąalcool. QuelquĂąâŹâąun incapable dĂąâŹâąassumer la pleine responsabilitĂ© de ses actes ne mĂ©rite pas une peine attĂ©nuĂ©e. Il est profondĂ©ment offensant quĂąâŹâąil tente de diluer le viol dans une suggestion de Ăpromiscuitéû. Par dĂ©finition, le viol nĂąâŹâąest pas lĂąâŹâąabsence de promiscuitĂ©, le viol est lĂąâŹâąabsence de consentement, et cela me perturbe profondĂ©ment quĂąâŹâąil ne soit mĂÂȘme pas capable de voir cette diffĂ© de probation a pris en compte le fait que lĂąâŹâąaccusĂ© Ă©tait jeune et quĂąâŹâąil nĂąâŹâąavait jamais Ă©tĂ© condamnĂ©. Ă⏠mon avis, il est assez ĂÂągĂ© pour savoir que ce quĂąâŹâąil a fait est mal. Dans ce pays, Ă 18 ans vous pouvez aller Ă la guerre. Ă⏠19 ans, vous ĂÂȘtes assez vieux pour payer les consĂ©quences si vous avez tentĂ© de violer quelquĂąâŹâąun. Il est jeune, mais il est assez vieux pour avoir un peu de il sĂąâŹâąagit dĂąâŹâąune premiĂšre fois, je comprends la tentation de lĂąâŹâąindulgence. DĂąâŹâąun autre cĂÂŽtĂ©, en tant que sociĂ©tĂ©, nous ne pouvons pas pardonner la premiĂšre agression sexuelle ou le premier viol digital de tout le monde. Cela nĂąâŹâąa aucun sens. Le fait que le viol est un acte grave doit ĂÂȘtre communiquĂ© clairement, il ne faut pas crĂ©er une culture qui suggĂšre dĂąâŹâąapprendre de façon empirique que le viol est condamnable. Les sanctions des agressions sexuelles doivent ĂÂȘtre sĂ©vĂšres, de telle sorte que les gens aient suffisamment peur pour utiliser leur bon sens, mĂÂȘme sĂąâŹâąils sont ivres, elles doivent ĂÂȘtre assez sĂ©vĂšres pour ĂÂȘtre prĂ© de probation a pris en compte le fait quĂąâŹâąil ait dĂ» renoncer Ă une bourse de natation durement acquise. La vitesse de nage de Brock nĂąâŹâąattĂ©nue en rien la gravitĂ© de ce qui mĂąâŹâąest arrivĂ©, et ne devrait en rien attĂ©nuer la sĂ©vĂ©ritĂ© de sa sanction. Si un dĂ©linquant sans casier venu dĂąâŹâąun milieu dĂ©favorisĂ© Ă©tait accusĂ© de trois crimes et nĂąâŹâąavait avancĂ© dĂąâŹâąautre justification que lĂąâŹâąabus dĂąâŹâąalcool, Ă quoi serait-il condamnĂ©? Le fait que Brock Ă©tait un athlĂšte dans une universitĂ© privĂ©e ne devrait pas ĂÂȘtre considĂ©rĂ© comme un droit Ă lĂąâŹâąindulgence mais comme une occasion dĂąâŹâąenvoyer le message que les agressions sexuelles sont illĂ©gales, quelle que soit la classe de probation a dĂ©clarĂ© que cette affaire, lorsquĂąâŹâąon la comparait Ă dĂąâŹâąautres crimes de mĂÂȘme nature, pouvait ĂÂȘtre considĂ©rĂ©e comme moins grave Ă©tant donnĂ© le niveau dĂąâŹâąĂ©briĂ©tĂ© du prĂ©venu. Ă⏠vivre, cĂąâŹâąĂ©tait grave. CĂąâŹâąest tout ce que jĂąâŹâąen fait pour dĂ©montrer quĂąâŹâąil mĂ©ritait la clĂ©mence? Il nĂąâŹâąa fait que sĂąâŹâąexcuser dĂąâŹâąavoir bu et nĂąâŹâąa toujours pas dĂ©fini les agressions sexuelles quĂąâŹâąil a commises sur moi, il n'a fait que m'accabler, encore et encore, sans jamais sĂąâŹâąarrĂÂȘter. Il a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© coupable de trois crimes et il est temps quĂąâŹâąil accepte les consĂ©quences de ses actes. On ne va pas lui pardonner comme ç sera enregistrĂ© Ă vie comme un dĂ©linquant sexuel. Il nĂąâŹâąy aura pas de prescription. Tout comme ce quĂąâŹâąil mĂąâŹâąa fait ne sera pas prescrit, ne disparaĂtra pas aprĂšs un nombre dĂąâŹâąannĂ©es convenu. Cela restera avec moi, cela fait partie de mon identitĂ©, ça a changĂ© pour toujours ma maniĂšre de me comporter, la maniĂšre de vivre le restant de ma conclure, je voudrais dire merci. Ă⏠tout le monde, de lĂąâŹâąinterne qui mĂąâŹâąa donnĂ© des flocons dĂąâŹâąavoine quand je me suis rĂ©veillĂ©e Ă lĂąâŹâąhĂÂŽpital ce matin-lĂ Ă lĂąâŹâąassistante qui a attendu Ă cĂÂŽtĂ© de moi, en passant par les infirmiĂšres qui mĂąâŹâąont calmĂ©e, lĂąâŹâąenquĂÂȘteur qui mĂąâŹâąa Ă©coutĂ©e et ne mĂąâŹâąa jamais jugĂ©e, Ă mes avocats qui se sont sans faillir tenus Ă mes cĂÂŽtĂ©s, Ă mon psy qui mĂąâŹâąa appris Ă trouver du courage dans la vulnĂ©rabilitĂ©, Ă ma patronne pour sa gentillesse et sa comprĂ©hension, Ă mes incroyables parents qui mĂąâŹâąapprennent Ă transformer la douleur en force, Ă ma grand-mĂšre qui a fait passer du chocolat en douce dans la salle dĂąâŹâąaudience pendant cette Ă©preuve pour me le donner, Ă mes amis qui me rappellent comment ĂÂȘtre heureuse, Ă mon petit ami, patient et aimant, Ă mon indomptable sĂ âur qui est lĂąâŹâąautre moitiĂ© de mon cĂ âur, Ă Alaleh, mon idole, qui sĂąâŹâąest battue inlassablement et nĂąâŹâąa jamais doutĂ© de moi. Merci Ă tous ceux qui sont impliquĂ©s dans ce procĂšs pour votre temps et votre attention. Merci aux filles de tout le pays qui ont envoyĂ© des lettres au procureur de mon district pour quĂąâŹâąil me les donne, Ă tous ces inconnus qui se sont souciĂ©s de surtout, merci aux deux hommes qui mĂąâŹâąont sauvĂ©e, que je nĂąâŹâąai toujours pas rencontrĂ©s. Je dors avec deux dessins de vĂ©los que jĂąâŹâąai faits, scotchĂ©s au-dessus de mon lit, pour me rappeler quĂąâŹâąil y a des hĂ©ros dans cette histoire. Que nous nous prĂ©occupons les uns des autres. Avoir connu tous ces gens, avoir senti leur protection et leur amour, cĂąâŹâąest quelque chose que je nĂąâŹâąoublierai enfin, aux filles, oĂÂč que vous soyez, je suis avec vous. Les soirs oĂÂč vous vous sentez seules, je suis avec vous. Quand on ne vous croit pas, quand on vous ignore, je suis avec vous. Je me suis battue chaque jour pour vous. Alors nĂąâŹâąarrĂÂȘtez jamais de vous battre, moi je vous crois. Comme lĂąâŹâąa Ă©crit lĂąâŹâąauteure Anne Lamott ĂLes phares ne sillonnent pas les Ăles en courant Ă la recherche de bateaux Ă sauver; ils se contentent de se tenir droit et de brillerĂ». Bien que je ne puisse pas sauver tous les bateaux, jĂąâŹâąespĂšre que parce que jĂąâŹâąai parlĂ© aujourdĂąâŹâąhui, vous avez absorbĂ© un petit peu de lumiĂšre, une petite conviction quĂąâŹâąon ne peut pas vous faire taire, une petite satisfaction que justice a Ă©tĂ© rendue, une petite assurance que nous allons quelque part, et une grande, grande conviction que vous ĂÂȘtes importantes, incontestablement, vous ĂÂȘtes intouchables, vous ĂÂȘtes belles, vous devez ĂÂȘtre estimĂ©es, respectĂ©es, indĂ©niablement, chaque minute de chaque jour, vous ĂÂȘtes puissantes et personne ne peut vous enlever ça. Ă⏠toutes les filles du monde, je suis avec vous. de l'anglais par Nora Bouazzouni, CĂ©cile Dehesdin et BĂ©rengĂšre Viennot.
Conseilspour rĂ©cupĂ©rer une personne ĂągĂ©e qui est tombĂ©e Restez calme et aidez votre proche Ă rester calme en lâencourageant Ă prendre des respirations lentes et profondes. Examinez-les pour des blessures comme des ecchymoses, des saignements, des entorses possibles et
Lorsquâil sâagit dâassister un invalide Ă domicile, la procĂ©dure de levage du patient est lâune des tĂąches les plus onĂ©reuses. Bien sĂ»r, la difficultĂ© augmente proportionnellement aux dĂ©ficits de la personne handicapĂ©e, mais en tout Ă©tat de cause, soulever une personne handicapĂ©e reste une opĂ©ration Ă effectuer avec le plus grand soin. Cette manĆuvre, si elle nâest pas effectuĂ©e correctement, peut ĂȘtre nĂ©faste tant pour le patient, pour sa famille, ou encore pour lâaidant familial. DĂ©couvrez quelles sont les Ă©tapes nĂ©cessaires pour soulever une personne prĂ©sentant un handicap sans lui causer de douleurs et sans se blesser, ainsi que les aides qui peuvent ĂȘtre utilisĂ©es pour faciliter cette tĂąche. Les bons gestes Ă adopter pour soulever une personne en perte dâautonomie Pour soulever une personne en situation de handicap en Ă©vitant les incidents â Assurez-vous dâavoir lâĂ©quipement nĂ©cessaire pour effectuer lâopĂ©ration en toute sĂ©curitĂ©. Par exemple en portant des chaussures antidĂ©rapantes, en ayant le fauteuil roulant Ă proximitĂ©, ou tout autre matĂ©riel pour dĂ©placer le patient prĂšs du lit. Nâoubliez pas dâenlever tout obstacle pour une meilleure libertĂ© de gestes comme des repose-pieds ou des chaise mal placĂ©es. â Maintenez votre dos droit et pliez les genoux. AprĂšs avoir placĂ© le lit Ă lâhorizontale, placez un bras autour des Ă©paules du patient et soulevez-le tout en tournant ses jambes Ă lâextĂ©rieur du lit pour lâaider Ă se mettre en position assise. â Ătirez le patient en lui tenant les mains au bout du dos, et faites-le tourner jusquâĂ ce quâil atteigne la position du fauteuil roulant. La technologie au service des personnes handicapĂ©es Au cas oĂč le patient ne coopĂšre pas une situation frĂ©quente lorsquâil est confrontĂ© Ă des handicaps trĂšs graves, il peut ĂȘtre utile dâutiliser un Ă©lĂ©vateur Ă©lectrique, qui est essentiel pour aider les membres de la famille et les soignants des personnes qui doivent rester au lit pendant une longue pĂ©riode. Ce type dâaide permet de dĂ©placer le patient en toute sĂ©curitĂ© et sans effort excessif. LâĂ©lĂ©vateur Ă©lectrique dispose de harnais pratiques qui sont utiles pour assurer une bonne hygiĂšne du patient. Il existe Ă©galement dâautres types de matĂ©riels pour aider une personne en perte dâautonomie correctement. Tel est le cas du fauteuil motorisĂ©, qui permet Ă la personne de se lever de maniĂšre autonome, ou en tout cas avec un minimum dâassistance; ou encore du fauteuil roulant auto-poussant, pliant et robuste, avec des accoudoirs amovibles, des repose-pieds rĂ©glables et des roues qui sauvent la porte.
Cettephobie de la chute est dĂ©clenchĂ©e le plus souvent par la survenue dâune chute, et d'autant plus marquĂ©e que la personne est restĂ©e longtemps au sol.. Dans les jours qui suivent la chute, alors que le bilan mĂ©dical est bon, la personne rĂ©duit ses activitĂ©s, refuse de marcher, a peur de sortir et de tomber et se confine au domicile. DĂšs lâĂąge de 60 ou 65 ans, alors que le risque de tomber augmente, il est important dâapprendre Ă se remettre debout. Dans un premier temps, nous allons voir comment bien se relever aprĂšs une chute. Une personne qui tombe par terre, surtout une personne ĂągĂ©e, doit prendre son temps pour se relever du sol. Câest une expĂ©rience parfois effrayante, notamment sâil nây a personne pour vous aider Ă vous relever. Le choc psychique peut Ă©galement mettre une douleur en sourdine. Il faut prendre le temps de reprendre ses esprits. Si vous nâavez rien de cassĂ©, le plus efficace est de vous allonger sur le cĂŽtĂ©. Si vous ĂȘtes sur le cĂŽtĂ© gauche, vous vous appuyez sur votre bras droit et pliez la jambe droite en la remontant. Ensuite, vous appuyez sur vos coudes et votre genou droit pour vous mettre Ă quatre pattes. Dans cette position, vous pouvez avancer jusquâĂ pouvoir prendre appui quelque part, par exemple sur une chaise ou un meuble suffisamment stable. Si le risque de chute est rĂ©el, pensez Ă adapter votre domicile avec des barres de maintien.LAllocation personnalisĂ©e dâautonomie (APA) aide les personnes ĂągĂ©es Ă faire face aux dĂ©penses nĂ©cessaires pour pouvoir rester Ă domicile. Les caisses de retraite constituent une autre piste Ă explorer. Elles proposent une aide Ă lâhabitat qui peut financer les travaux dâadaptation de votre logement.
La prise en charge dâune personne ĂągĂ©e peut constituer un dĂ©fi pour les aidants, voire susciter des conflits entre les diffĂ©rents membres de la famille. Les difficultĂ©s de lâaccompagnement, lâĂ©puisement de lâaidant principal, le coĂ»t Ă©levĂ© de la prise en charge et les problĂšmes familiaux latents peuvent facilement mettre le feu aux poudres. Lorsque la famille est unie autour de lâaccompagnement du senior, il est plus simple de surmonter les diffĂ©rents dĂ©fis de la prise en charge et dâaider la personne ĂągĂ©e Ă bien vivre le grand-Ăąge. DĂ©couvrez les principaux problĂšmes susceptibles de survenir et quelques conseils pour surmonter les conflits familiaux fratrie est en dĂ©saccord sur les besoins de la personne ĂągĂ©eLes enfants adultes dâune personne ĂągĂ©e en perte dâautonomie ne voient pas toujours ses besoins de prise en charge du mĂȘme Ćil. Un enfant peut estimer que le maintien Ă domicile de lâaĂźnĂ© dĂ©pendant rĂ©pond suffisamment bien Ă ses besoins, alors quâun autre pense quâil est insuffisant et que leur parent doit ĂȘtre accueilli en agir ? Lorsque les enfants sont en dĂ©saccord sur la nature et lâĂ©tendue de lâaide dont la personne ĂągĂ©e a besoin, le dilemme peut ĂȘtre rĂ©solu en consultant un professionnel. Si la personne ĂągĂ©e reçoit des prestataires dâaide Ă domicile, vous pouvez leur demander leur avis. Mieux encore, invitez une infirmiĂšre libĂ©rale spĂ©cialisĂ©e en gĂ©rontologie pourquoi pas dans un service de soins infirmiers Ă domicile Ă Ă©valuer la situation de votre proche ĂągĂ© et Ă vous aider Ă dĂ©cider si la personne ĂągĂ©e est en sĂ©curitĂ© Ă la maison et reçoit tous les services dont elle a besoin. Lâavis dâun professionnel aura plus de poids que les opinions personnelles des parent lui-mĂȘme sâoppose Ă la prise en chargeParfois, toute la fratrie est dâavis que la personne ĂągĂ©e a besoin dâune aide accrue, mais celle-ci sâoppose Ă changer ses habitudes de vie, quâil sâagisse de lâintervention dâun service dâaide Ă la personne ou la perspective dâentrer en maison de agir ? Lorsque vous essayez de convaincre votre proche ĂągĂ© de sâinstaller en maison de retraite, signifiez-lui clairement que vous ne cherchez nullement Ă le placer » pour vous dĂ©barrasser » de lui. Aidez votre parent Ă comprendre vos inquiĂ©tudes quant Ă sa santĂ© et sa sĂ©curitĂ©. Proposez-lui notamment de visiter les diffĂ©rentes alternatives susceptibles de rĂ©pondre Ă ses besoins de prise en charge rĂ©sidences-autonomies, Ehpad⊠Pour en savoir plus, lisez notre article Conseils pour convaincre un parent ĂągĂ© dâentrer en maison de problĂšmes du passĂ© refont surfaceLorsque la fratrie doit se rĂ©unir pour aider un proche ĂągĂ©, les problĂšmes non rĂ©glĂ©s du passĂ© peuvent ressurgir. Les rivalitĂ©s latentes peuvent ĂȘtre ravivĂ©es par le stress liĂ© Ă la prise en charge dâune personne ĂągĂ©e en perte dâ agir ? Vous devez dâabord prendre conscience quâil est rarement rĂ©aliste de sâattendre Ă voir les vieilles rivalitĂ©s disparaĂźtre par la magie de lâunion sacrĂ©e autour des difficultĂ©s de la personne ĂągĂ©e. Il faut parfois accepter les dĂ©saccords. Montrez vous-mĂȘme un exemple de dignitĂ© en mettant les diffĂ©rends de cĂŽtĂ© lorsque vous vous occupez des besoins de la personne ĂągĂ©e. Ăvitez de mettre sur le tapis des sujets dĂ©licats. En faisant preuve dâempathie et en pratiquant lâĂ©coute active, vous permettez Ă vos proches dâexprimer leurs sentiments et Ă©vitez la enfant assume seul lâaccompagnement de la personne ĂągĂ©eSouvent, le descendant qui rĂ©side le plus prĂšs des parents assume le rĂŽle dâaidant familial principal. Lorsque les autres membres de la famille ne proposent pas naturellement leur aide, il peut Ă©prouver du ressentiment ou ĂȘtre la proie au stress et Ă lâ agir ? Les aidants familiaux qui estiment quâils assument une partie trop importante de la prise en charge de la personne ĂągĂ©e ne devraient pas hĂ©siter Ă solliciter lâaide des autres membres de la fratrie. Il est parfois nĂ©cessaire de prĂ©ciser vos besoins spĂ©cifiques plutĂŽt que de partir du principe que les autres savent Ă quoi vous ĂȘtes confrontĂ©. Sâils ne peuvent pas toujours intervenir directement Ă cause de lâĂ©loignement, certaines tĂąches peuvent ĂȘtre faites Ă distance, notamment sur le plan administratif. Ils peuvent aussi recevoir votre proche ĂągĂ© quelques jours/semaines pour vous laisser des temps de enfant exclut les autres et dĂ©cide seul de lâaccompagnement de la personne ĂągĂ©eLe scĂ©nario inverse du prĂ©cĂ©dent peut aussi arriver. Parfois, un enfant sâoccupe de tout, sans informer les autres. Certaines personnes vont jusquâĂ limiter lâaccĂšs des autres membres de la famille Ă la personne agir ? Il est certes douloureux dâĂȘtre mis de cĂŽtĂ©, mais si les besoins de la personne ĂągĂ©e sont satisfaits, il est parfois prĂ©fĂ©rable dâĂ©viter dâintervenir. Si vous Ă©prouvez le besoin de maintenir un contact plus significatif avec votre proche ĂągĂ©, utilisez le tĂ©lĂ©phone, Ă moins que votre proche ĂągĂ© soit atteint de la maladie dâAlzheimer. Dans un tel cas, il sera plus difficile de communiquer Ă distance. Si votre frĂšre/sĆur filtre les appels et vous empĂȘche de contacter votre proche, envoyez des lettres et des emails pour lui montrer que vous vous prĂ©occupez de votre parent et souhaitez avoir des payer les frais liĂ©s Ă la prise en charge de la personne ĂągĂ©eCâest souvent avec la question du financement de la prise en charge de la personne ĂągĂ©e que le bĂąt blesse⊠Si votre parent nâa pas les ressources suffisantes pour financer sa prise en charge, vous ĂȘtes tenu par lâobligation alimentaire de lâaider. La rĂ©partition de cette aide est gĂ©nĂ©ralement dĂ©cidĂ©e Ă lâamiable par les familles. Mais, parfois un enfant ne peut ou ne veut pas payer. Celui qui est intervenu chez votre proche en tant quâaidant principal avant une entrĂ©e en maison de retraite doit-il payer comme les autres ? De nombreuses questions peuvent apparaĂźtre dans ces agir ? Une discussion sincĂšre entre les proches sera nĂ©cessaire. Il est important dâĂ©valuer les coĂ»ts de façon rĂ©aliste en amont et que chacun fasse ses propres comptes pour voir de quelle maniĂšre il peut contribuer. Si les fonds manquent et que lâambiance est positive, vous devrez peut-ĂȘtre rĂ©flĂ©chir ensemble qui peut faire quelques sacrifices pour donner davantage. Si vous nâarrivez pas Ă une solution, la personne ĂągĂ©e peut faire une demande dâaide sociale, mais cette aide est rĂ©cupĂ©rable sur succession. Faites bien vos comptes. En cas de conflit sur le montant de la contribution de chacun, il est Ă©galement possible dâavoir recours au juge des plupart des conflits familiaux autour de lâaccompagnement dâune personne ĂągĂ©e peuvent ĂȘtre rĂ©solus Ă lâamiable. Lorsque la prise en charge de votre proche nâen souffre pas, il est prĂ©fĂ©rable de chercher la solution la plus frĂ©quentesComment demander une mĂ©diation familiale pour rĂ©soudre les conflits autour la personne ĂągĂ©e ?Si vous ne parvenez pas Ă vous mettre dâaccord sur la meilleure façon dâaccompagner votre proche ĂągĂ©, il est possible de faire appel Ă un professionnel appelĂ© mĂ©diateur familial. Ces services existent dans diffĂ©rents cadres, libĂ©raux ou au sein dâune 2021, il existe une nouvelle offre de mĂ©diation familiale pour les aidants de personnes ĂągĂ©es ou handicapĂ©es, en pleine expĂ©rimentation dans 22 dispositif dĂ©diĂ© Ă la rĂ©solution des conflits familiaux autour de la perte dâautonomie ou du handicap dâun proche est le fruit dâun partenariat entre plus acteurs. LâUnaf Union nationale des associations familiales et la CNSA Caisse nationale de solidaritĂ© pour lâautonomie se sont en effet rĂ©unies autour de la CNAF Caisse nationale des allocations familiales pour crĂ©er une mĂ©diation pour aidants et aidĂ©s ».Le concept la mĂ©diation familiale vise Ă trouver des solutions concrĂštes aux diffĂ©rents existant entre les aidants entre eux ou les aidants avec leur proche se dĂ©roule en sessions confidentielles avec un professionnel diplĂŽmĂ© dâĂ©tat sensibilisĂ© aux dĂ©fis des aidants. Le mĂ©diateur familial a pour rĂŽle de favoriser la communication entre les protagonistes. Il va les aider dâune part Ă crĂ©er ou renforcer un lien familial, puis il les amĂšnera Ă gĂ©rer leur conflit en Ă©voquant avec eux leurs craintes, leurs attentes et leurs propositions. Le tout, dans le respect de lâautonomie et la volontĂ© des trouver un mĂ©diateur familial pour les aidants et aidĂ©s ?Vous pouvez trouver un service de mĂ©diation familiale sur le site proposĂ© par lâ nây a pas de service de mĂ©diation aidants-aidĂ©s dans votre dĂ©partement, vous pouvez aussi vous adresser Ă un mĂ©diateur familial plus gĂ©nĂ©ral. Dans ce cas, rapprochez-vous de votre CAF pour en trouver un ou de la Fenamef FĂ©dĂ©ration nationale de la MĂ©diation et des Espaces familiaux.Combien coĂ»te le service de mĂ©diation familiale aidants-aidĂ©s de lâUnaf ?Lâentretien dâinformation avec le mĂ©diateur familial est gratuit. Par la suite, le prix des sĂ©ances de mĂ©diation familiale aidants-aidĂ©s est fixĂ© en fonction des revenus du participant, selon le barĂšme de la prix moyen dâune sĂ©ance sâĂ©lĂšve Ă 15 ⏠par personne. Il varie de 2 ⏠pour un revenu infĂ©rieur au RSA Ă 131 ⏠pour un revenu supĂ©rieur Ă 5 301 ⏠par mois. AprĂšsavoir Ă©tĂ© incapable de se relever aprĂšs une chute, une femme de 91 ans a dĂ» manger de la terre vĂ©gĂ©tale pendant des jours pour survivre. Social Media Social BusinessQuelle est la probabilitĂ© de rĂ©cupĂ©rer pour une personne trĂšs ĂągĂ©e aprĂšs une fracture du col du fĂ©mur ? RĂ©digĂ© le 19/11/2013, mis Ă jour le 20/11/2013 Les rĂ©ponses avec le Dr Michel Samson, gĂ©riatre, et avec le Dr Dorick Passeron, chirurgien orthopĂ©diste "Concernant la mortalitĂ© aprĂšs une fracture du col du fĂ©mur, les chiffres sont assez variables. Mais ce sont des chiffres trĂšs importants, il y a entre 20 et 50% de mortalitĂ© dans l'annĂ©e suite Ă une fracture du col du fĂ©mur. "Ce n'est pas l'Ăąge qui dĂ©finit la rĂ©cupĂ©ration aprĂšs une fracture du col du fĂ©mur. Il faut prendre en compte l'Ă©tat, les morbiditĂ©s du patient, les maladies qu'il peut avoir⊠qui vont jouer un rĂŽle dans la rĂ©cupĂ©ration. "Il y a Ă©normĂ©ment de causes du dĂ©cĂšs aprĂšs une fracture du col du fĂ©mur. Ils concernent des patients qui restent longtemps alitĂ©s, qui peuvent faire des caillots, des phlĂ©bites, des embolies pulmonaires... Ces patients font aussi beaucoup plus d'infections urinaires et pulmonaires. Et il y a des confusions et des syndromes dĂ©mentiels qui sont trĂšs importants aprĂšs ce type de traumatisme. Il peut y avoir des escarres et tout un tas de pathologies Ă cause des caillots." "La mortalitĂ© Ă 15-20% se situe Ă un an. Et elle n'est pas tellement due Ă la fracture du col du fĂ©mur mais elle reflĂšte plutĂŽt une fragilitĂ© sous-jacente parce que les chirurgiens ont fait des progrĂšs remarquables dans le mois qui suit. La mortalitĂ© s'effondre du coup Ă 5%. Maintenant on lĂšve les patients trĂšs vite." En savoir plus Dossier Questions/rĂ©ponses Pour ne manquer aucune info santĂ©, abonnez-vous Ă notre newsletter !
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